‹ Contes et figures de mon paysChapitre 18 sur 45 · LE TOMBEAU D'HERCULE, ,S · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU D'HERCULE, ,S

de nous dans les saulaies du rivage et répandaient dans l'air une fraîcheur exquise. Le ciel était superbe, criblé de petits trous lumineux qui pétillaient comme des bluettes de sarment dans l'àtre ; et là-bas, bien loin, à la chute de l'horizon, nous apercevions des feux plus jaunes et plus ternes que les étoiles, quelque chose comme la lueur vague et incertaine d'un immense incendie. C'était la grande ville qui nous souriait et nous faisait signe de ne pas nous presser, que ses édifices étaient illuminés pour d'autres que pour nous et que nous arriverions juste à temps pour voir éteindre les lampions.

Il était, en effet, près de onze heures du soir quand le bateau fit son entrée dans le port. Au môme moment, la pleine lune montait majestueusement dans le ciel.

— Ainsi, dit le Tombeau d' Hercule, ]Q serai venu d'Angers pour voir se lever la lune à Nantes 1 Je m'en souviendrai longtemps.

Et moi aussi.

LE MEDECn DES PAUVRES

Quel brave petit médecin c'était !

Pas méchant pour deux liards, mais d'une avarice!... Il n'aurait pas fait bon lui demander du crédit : avec lui c'était donnant, donnant; aussi, pour être sûr d'être payé, ne soignait-il que les gens sol-

vables les gens de la campagne le préférence

aux gens de la ville .

On l'avait baptisé « le médecin des pauvres ».

Que voulez-vous? un médecin ne vit pas de l'air du temps.

Par exemple^ il n'était pas chiche de visites ; on pouvait sonner à toute heure de nuit à sa porte , Pélagie était toujours sellée et son maîlrc toujours debout.

Dès quatre heures du matin, ils étaient en route tous les deux, l'un portant l'autre. Pélagie connaissait son itinéraire, comme son maître le fond de ses poches, et n'allait jamais qu'au petit trot, en faisant sonner ses srclots.

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