‹ Contes et figures de mon paysChapitre 33 sur 45 · LE COLLEGE D'ANGENIS · texte numérisé non relu

LE COLLEGE D'ANGENIS

les mêmes ; leurs joies aussi. Ils corrigent au lieu d'être corrigés ; ils surveillent au lieu d'être surveillés^ voilà toute la différence. Qu'ils sont heureux auprès de moi, qui cours le monde pour subvenir aux nécessités de la vie de famille, par le soleil et par la pluie ! et cependant je ne changerais pas ma vie errante pour leur vie de prison. La cage a beau être dorée, l'oiseau qu'on a pris au piège a toujours la nostalgie du ciel libre et du plein air.

l)i: BARON A ÉVÉQIE

ENTRÉE SOLENNELLE DES ÉVÉQUES DE NANTES DU XIV^ AU XVie SIÈCLE

Ils avaient de l'esprit, nos barons do Bretagne, et ce n'est pas sans une certaine mauvaise humeur que quelques-uns d'entre eux, ceux-là surtout qui étaient postés aux frontières, subissaient le joug ecclésiastique, du temps que Nos Seigneurs les évéques tenaient la corde à tourner le vent.

Les abbayes coûtaient fort cher aux barons. A chaque alliance nouvelle dans la famille, à chaque prise en possession du fief paternel parle fils, à chaque naissance, à chaque mort, les barons étaient obligés — de par un usage consacré par la tradition — de payer une dime aux moutiers, sous la forme libre, il est vrai, d'une offrande ou d'un legs.

Aujourd'hui, c'était un lopin de terre labourable, une langue de pré, deux doigts de pâture ; demain^ c'était le droit de pèche dans tous les étangs et viviers de la baronnie ; après-demain, c'était l'afTran-

Page 1