‹ Contes et légendes du bouddhisme chinoisChapitre 13 sur 32 · LA FEMME A L’ORANGE · texte numérisé non relu

LA FEMME A L’ORANGE

Autrefois il y avait une femme qui allait se marier; plusieurs femmes qui l’accompagnaient étaient avec elle sur une tour; elles buvaient, mangeaient et s’amusaient entre elles. Une orange vint à tomber à terre; ces femmes la regardant ensemble, dirent : « Celle d’entre nous qui osera descendre pour ramasser l’orange et la rapporter, nous lui donnerons toutes à boire et à manger. » La femme qui devait se marier descendit alors de la tour et vit un jeune homme qui avait pris l’orange et s’en allait. La femme lui demanda de la lui donner ; le jeune homme lui répondit : « Si, au moment où vous serez près de consommer le mariage, vous venez

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d’abord chez moi, je vous rendrai l’orange; sinon, je ne vous la donnerai pas. » La femme y ayant consenti, le jeune homme lui donna donc l’orange. La femme put revenir en tenant le fruit et toutes les autres femmes lui offrirent à boire et à manger ; puis elles la conduisirent chez son époux. La femme dit à celui-ci : «j’ai fait un serment solennel en vertu duquel je désire aller d’abord voir un jeune homme; au retour, je deviendrai votre épouse. » Son mari alors la laissa aller. Quand elle fut sortie de la ville, elle rencontra un voleur ; elle s’adressa à lui en implorant sa pitié, disant : « j’ai fait un serment solennel dont je dois m’acquitter. » Le voleur la laissa aller. Plus loin, elle rencontra un démon qui dévorait les hommes; la femme se prosterna la tête contre terre en le priant de la laisser s’acquitter de son serment; le démon la laissa aller. Elle arriva chez le jeune homme qui l’invita à entrer et à s’asseoir ; le jeune homme n’eut aucun rapport avec elle, mais il lui prépara à boire et à manger et la renvoya en lui donnant un gâteau d’or pour son usage particulier. Le maître dit : Ainsi, le mari, le voleur, le démon et le jeune homme se conduisirent tous quatre d’une manière excellente; cependant, il y a là matière à réflexion ; les uns disent que le mari fut le meilleur, car il devait tenir à garder sa femme ; d’autres disent que le voleur fut le meilleur, car

DU BOUDDHISME c'hINOIS

il devait tenir aux richesses; d’autres disent que le démon fut le meilleur, car il devait tenir à boire et à manger; d’autres disent que le jeune homme fut le meilleur, car il se montra fort réservé.

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