LA FEMME FOURBE
Autrefois il y avait un homme d’une des grandes castes qui tenait sa femme enfermée et ne laissait aucun homme la voir. Cette femme chargea un serviteur de faire un souterrain et elle eut des rapports avec un ciseleur d’argent. Le mari, par la suite, eut vent de la chose, mais sa femme lui dit : « De ma vie je n’ai rien commis de semblable; ne prononcez pas des paroles inconsidérées. » Le mari répliqua : « je vous mènerai à l’endroit où est l’arbre sacré. » La femme dit que c’était fort bien, et ils entrèrent dans la chambre du jeûne pour observer le jeûne pendant sept jours ; la femme dit secrètement au ciseleur d’argent : «Qu’allez-vous faire? Feignez
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d’être insensé, et ayez les cheveux épars. Les gens que vous rencontrerez sur la place du .marché, emportez-les en les tenant dans vos bras. » Le mari, quand le jeûne fut terminé, fit alors sortir sa femme; celle-ci lui dit : « De ma vie je n’ai vu la place du marché; faites-moi passer par la place du marché. » Le ciseleur d’argent la saisit alors dans ses bras et la coucha sur le sol au lieu même où elle était; la femme cria à son mari : «Pourquoi laissez-vous un homme me prendre dans ses bras?» Le mari répondit : « C’est un fou. » Le mari et la femme arrivèrent ensemble à l’endroit où était le dieu. La femme dit en se prosternant la tête contre terre : « De ma vie je n’ai rien fait de mal; ce fou seul m’a tenu dans ses bras. » Ainsi la femme put sauver sa vie. Le mari confus garda le silence. Telle est la fourberie des femmes.