L'ANGE ET LA FÉE
On était au seize de septembre mil neuf-cent-treize, à onze heures du soir. Il faisait un temps de chien ; le vent pleurait, hurlait plutôt, la pluie tombait par torrents ; de | tonnerre et les éclair- -'étant mis de la partie,
it un vacarme épouvantable, assourdissant.
Personne n'osait s'aventurer dehors ; chacun chez soi lerciait le ciel d'être bien à l'abri de cette terrible tourmente. Pour sortir par un temps pareil, il fallait avoir des raisons grave-.
Cependant, une voiture fantastique volait littéralement sur la route. Qui donc se promenait ainsi dans la tempête?... On se presse aux fenêtres et on essaie de voir ; mais il fait noir et puis, la voiture semble avoir des ailes, peut-être en-a-lelle?. . . Dans tous les cas, on ne t rien discerner .... San- doute, c'est un prêtre mandé en toute hâte auprès de quelque mourant ; ou bien c'est un médecin ....
Biais non. ce n'< un personnage aussi grave qui
brûle ainsi la route ; le chariot ailé contient une {eum belle petite i"e . . . . Quelle mignonne créature et pourquoi a-t-elle choiai un temps pareil pour sa promenade?... Ire de la 1 ... ou ne badine pas aw mes
enfant- . . Vnv heure auparavant, les fées avaient reçu tinsi conçut
I ; Bglantine dt* partir sans retard i>our
la ville d'O... Un infant ayant pour nom Charlesiiiond vient d'y naifte. Portez- lui trois don
Pâquerette,
Reine os.
Et voilà pourquoi la fée Eglantine était seule sur la route à cette heure. Seule ? . . . N'en soyez pas trop sûre, petite fée ; quelqu'un chemine dans la même direction que vous. Regardez plutôt ....
Comme prise d'une soudaine inquiétude, la fée Eglantine regarde et voit, bien au-dessus de sa tête, une douce et persistante lueur. Chose étrange, cette lueur glisse comme une flèche et si, le temps n'eût pas été si orageux, la Fée eût cru que c'était une étoile niante. Mais dans les circonstances, cela était impossible et, d'ailleurs, cette lueur était d'une trop grande étendue pour être une simple étoile.
• : Ah, je sais, c'est un aéroplane, se dit la Fée. Avec toutes ces inventions modernes, il est presqu'impossible de lutter de vitesse. Mais, j'ai ouï dire qu'un aéroplane ne saurait lutter contre la tourmente ; Alors ? . . . Tout ce que je sais, c'est que cette lueur se dirige sur la ville d'O...
En avant, donc ; il faut que j'arrive la première !"
Malgré tous ses efforts, la Fée n'arriva pas la première Car, lorsqu' elle mit pied à terre, elle vit que la
lueur l'avait précédée dans la ville d'ô. . .
Vite, la fée Eglantine se dirigea vers une demeure qu'on lui avait indiquée.
Elle y pénétra ; seulement, parvenue à la porte d'une chambre d'où venait le faible vagissement d'un enfant nouveau-né une apparition toute voilée de blanc, se dressa devant elle et lui barra le passage.
il Laissez-moi passer, " commanda- t-elle, "Ordre de la Reine des Fées."
' ' On ne passa pas maintenant, ' ' dit la voix bien douce de l'apparition, " revenez demain."
" Que voulez- vous dire?" demanda Eglantine out: "ne savez-vous pas que je viens porter trois dons au nouveau-né ? ' '
"Revenez demain," répéta l'apparition ; "cesoir, ne passe pas."
Alors, la Fée perdant patience tout à fait, frappa du l avec colère et s'écria : "Je passerai, il faut qui remplisse ma mission. . . . Ordre de la Reine, entendezvous ?. . . Je suis la fée Eglantine."
A ces mots, l'apparition laissa tomber son voile blai un ange d'une radieuse beauté apparut aux yeux étonnés de la Fée.
— '• Ordre de la Reine, dites-vous. . . . Moi aussi, je BUifl ici par ordre : ordre de Dieu ! petite fée, je suis F Ange- Gardien. "
ïîrnmpr iHirarle
Dana une bien pauvre chauini<\ Travaille un bon vieil artisan ; de lui «ont la Vierge-Mère Et Jésus âgé de ûx, ans.
L'ouvrier ajuste et charpente,
..s songer à se reposer ; Cette commande est importante, Que, ce soir, il lui faut livrer :
Sur un beau meuble en bois d'ébène, Le pauvre ouvrier est courbé Et, depuis le matin, il peine ; Mais, enfin le pain est gagné .... te pièce, c'est la dernière. . . .
Avec un cœur reconnaissant Et murmurant une prière, seph saisit le bois pesant. . . .
Hélas ! à sa vive surprise, Le charpentier, en soupirant, Voit qu'il a fait une méprise; Par One erreur en mesurant, Voilà qne cette unique pièce Est trop courte d'u. itié ! . . . .
Un cri • cri de déti
mtit dans l'humble atelier. . . .
Alo: :ne
Bui radain, souleva
main divine,
justi • m premier mira En faveur de l'humble artisan.
11 continue, au tabernacle.
D'être aux i); ai !