‹ Contes et légendesChapitre 9 sur 30 · CHATEAU-MORNE · texte numérisé non relu

CHATEAU-MORNE

Le comte et la comtesse de L. . . habitaient un château situé aux confins de la Forêt- Noire. Ce château se nommait Château-Morne.

Pourquoi ce nom peu engageant ? Etait-ce par rapport proximité de la sombre forêt? . . Peut-être . . . carie comte et la comtesse étaient hien heureux dans ce Château- Morne, qu'ils habitaient avec leurs beaux enfants et une armée de domestiques. Emile et Jeanne, tels étaient les non. niants du comte et de la c i » L. . .

Emile était L'aîné, un vrai boute-en-train ; Jeanne I une mignonne et douée créature. Pour vous peindre son portrait, je nie contenterai de vous répéter C€ qu'en dit, un jour la baronne de B.. . à sa mère : ki Ah, voilà votre petite Jeanne, elle est belle comme une poupée vivant' .

On était à la date du vingt-trois décembre, Smili me étaient en grand conciliabule ; la conversation suivante vous expliquera la cause de la gravitée inusité de charmants v;

"Tusais, Jeanni : un pony que je veux à Noël,

I autre chose . . . II. -in î . . . fin, un peu, un

i pony tout blano, attelé à une belle voiture rou Km aui ous du plaisir à nous ;

Tu sais bien que papa ne n pony ;

lue maman ne veut pas ; elle craint I

qui pourraient non- arriver."

" l'oit de dû dif Bmili rivions

vieux Santa-Clauc

11 Maie -i maman ne wut pal

•• Ecrivons tout de même, veux-tu

Emile composa la lettre, et l'écrivit de sa plus belle écriture ; puis plein de confiance, les enfants attendirent la réponse de Santa-Claus.

Le vingt-cinq au matin, il faisait un temps radieux ; le soleil pénétrait jusqu'aux lits de Jeanne et d'Emile. Chacun de son côté s'éveilla et se frotta les yeux.

C'est Noël, ce matin, sûrement Santa-Claus n'a pas oublié délaisser un gros paquet de jouets pour le château. Il est pi facile au bonhomme Noël d'entrer chezeux ; ces vieux châteaux ont de larges cheminées dans toutes les pièces. Cependant, il faut s'assurer ! . . .

Emile et Jeanne sautent à bas de leur couchette, et vont en inspection. Non, ils n'ont pas été oubliés ; tout ce qu'un cœur d'enfant peut désirer est là, accroché à l'arbre de Noi;l ; les petits, dans leur émerveillement, en oubliaient le pony et la carriole rouge-feu.

Après le déjeuner, le comte de L. . . proposa à ses enfants une petite promenade dans le parc. En faisant cette proposition, le comte et la comtesse échangèrent un regard chargé de mystère, que les enfants ne virent pas.

On part ; Emile et Jeanne sautent de joie — C'est qu'il fait beau soleil, et ils ont le cœur content, ces enfants chéris de leurs parents et gâtés par eux.

On causait de choses indifférentes tout en marchant, lorsque, tout à coup, Jeanne pousse un : "Oh" d'admiration, et part comme une flèche.

Sans comprendre ce qu'il peut bien y avoir, Emile se meta sa poursuite, mais bientôt, à ses yeux ravis, apparaît l'explication : Là, au milieu d'une allée, il voit une belle petite carriole rouge-feu, et attelé à la carriole, deux blancs petits moutons... ah! si blancs, si blancs... secouant leurs clochettes d'argent et piaffant, ma foi, tout comme de vrais ponies.

C'étai t-Ià Je cadeau de Noël du comte et de la com« tesse à leurs enfants bien-aimés.

Le comte, voyez-vous, s'était depuis longtemp8 trouvé, comme on dit, entre deux feux : les enfants voulaient un pony, mais la comtesse ne voulait pas. . . Alors il y eût compromis ; on fit dompter deux blancs petits moutons et on décida qu'ils remplaceraient avantageusement le pony tant rêvé, S os doute, les blancs \ ■ moi n'allaient pas bien vite : mais quand on se

promène, on n'efct pas m \ : El rien n'était ;

joli que de voir ces enfants lorsqu'ils «menaient en-

semble. Le.- beaux petits moutons si blancs, allant leur trot menu en secouant leurs clochettes d'argent, puis la belle petite carriole rouge-feu, portant les beaux enfants aux cheveux dorés, aux yeux bleus, au visage animé et Bourianl

On dit que le comte de L... songe sérieusement à changer le nom de son château et l'appeler Ghateaugai.

Empale

On a prétendu que l'opale Porte malchances et malheurs ; Or, elle eût, la pierre fatale, Son origine dans les pleurs :

Dans un modeste paysage, Cheminait un adolescent ; Le sourire, sur son visage, Avait un charme ravissant !

Contre la froide brise amère, Il protégeait bien tendrement Vn agneau privé de sa mère, Et le caressait doucement :

L'Enfant, vous devinez, sans doute, C'était Jésus .... A pas pressés, Il allait par l'étroite route Faite de rocs superposés.

Elle longeait un précipice Au fond duquel un clair ruisseau Chantait, au gré" de son caprice, T'n vieux refrain toujours nouveau ;

Pour écouter, Jésus se penche Au- ifïre. ... A l'instant,

Il tombe, puis la brebis blanche île an boni de L'escarpement. . . .

En voyant ainsi disparaître,

ians qu'il le put arrêter

Le pauvre et mignon petit être, L'enfant se mit I sanglotter :

Or, par Le froid cristallin Les larmes que J dt,

Tombaient en perles irisées

Qu'un soleil brillant nuançait. ,

- si -

Et chaque perle, étrange chose, Reflète en son miroitement, Tantôt la belle bouche rose, Tantôt les yeux bleus de l'Enfant.

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