‹ Contes et légendesChapitre 12 sur 30 · I. bonne cordonnier»' se mit à ri · texte numérisé non relu

I. bonne cordonnier»' se mit à ri

— "Tun'aspai compris, cher petit, ou bien tu ai prit ailleui

— "Pourquoi que je pleure?... Mais je ne pleure pas, main an."

Alors la maman ouvrit de grands yeux, le sourire se figea sur ses lèvres, et un terrible pressentiment l'étreignit. Vite elle appela son mari :

"Viens ici ... . Viens vite Seigneur ! . . . que c'est

terrible."

Le cordonnier accourut : '"Qu'y a-t- il donc, femme?"

— li II y a . . . il y a "... . puis, elle fondit en larmes.

Voyant ses pleurs désespérés, le cordonnier demanda à l'enfant :

' ' Qu' a donc ta maman ? . . . "

— " Elle a mal aux dents?. . . C'est pour cela qu'elle pleure ?. . ."

— " Ah î c'est terrible, cria la cordonnière, c'est terrible, vois-tu ; il ne comprend plus quand on lui parle : notre enfant est sourd ! "

— "Allons, allons, calme-toi ; tu te trompes " dit le père. ' '

— "Alors, parle-lui et juge par toi-même. Quel malheur ; . . . Quel malheur ! ! . . "

— "Petit", dit le cordonnier, fort ému assurément, "c'est demain le grand jour ! . . "

— " Pourquoi que vous me dites bonjour. Partez- vous pour voyage, papa ?"

— "Eh non, eh non, je te dis que tu auras huit ans demain1"

— "Mais, oui, j'irai avec vous jusqu'au chemin, cher papa. ' '

Plus de doute, .... L'enfant qu'ils avaient tant dési l'enfant qu'ils avaient tant demandé au Ciel, l'enfant chéri, la joie du foyer, le bâton du leur vieillesse, cet enfant était sourd.... Surdité soudaine, car ce matin, encore, il entendait clairement. Adieu les beaux rêves, les projets d'avenir. . . .

Que d'espérances ensevelies sous ces projets qui tombent en ruines ! . . . Pauvres gens ! . . . Inutile de vous dire que la fête du lendemain n'eût pas Hou — Donner leur enfant en spectacle ! . . Jamais. . . Une infirmité n'est pas un déshonneur sans doute, mais Jour malheur sérail asseï tôt connu ....

Les années ont passé. Paul allait avoir ses quinze ans, quand il perdit ses parents, tous deux victimes d'un accident de chemin de fer.

Un malheur n'arrive jamais seul, dit un vieil adi Il fut vrai pour Paul.

La veille de leur décès, h s parents de Paul avaient appris que leur petite fortune, accumulée avec tant de peine, avait été perdue dans de malheureuses spéculations.

Qu'allait devenir l'orphelin ? 1 1 Be rendait bien compte on infirmité, et Be demandait comment il gagnerai! sa

vie, Il n'avait jamais pris BOUCÎ de l'avenir : pourquoi

B'en serait-il préoccupé, quand son père et sa mère étaient là. Paul partit dune pour gagner sa vie parmi desétrangi des indifférents. Pauvre petit !

< '• fut ehe/ un fermier qu'il alla frapper épuisé de fatigue et de faim. Il offrit à oe fermier de travailler pou

M nourriture et un gîte, conditions si avantageuses que le

fermier n'eût garde île refus* r.

— Bfl —

— "Que sais- tu faire ", lui demanda le campagnard, "que sais-tu faire, petit?"

— "Mon père et ma mère sont morts."

— Le fermier, fort surpris de cette réponse— il y avait de quoi l'être — dit, d'une voix beaucoup plus forte :

— "Je te demande ce que tu sais faire ; sais-tu travailler?"

"Oh oui, monsieur, je suis bien fatigué ; j'ai faim aussi, si vous voulez, je suis prêt à gagner moi souper."

— "Cet enfant est sourd comme un râteau ; mais ce n'est pas une raison pour lui refuser du pain et un lit. Peut-être, tout sourd qu'il est, pourra-t-il être utile."

Et c'est ainsi que Paul devint garçon de ferme. D'abord tout alla bien. On lui confia le soin des brebis, et il n'est pas besoin d'entendre bien clair- que je sache— pour accomplir cette besogne. Il est certain que son infirmité était nuisible, souvent quand il revenait à la maison, le soir, sa tâche terminée, et qu'on lui donnait un ordre, il comprenait tout de travers ; mais on souriait avec indulgence. Un soir, pourtant, la fermière dit à Paul d'aller au village — distance de cinq milles — lui chercher du saindoux ; le malheureux sourd rapporta deux choux, dont on n'avait que faire î . . .

La fermière, en colère, dit à son mari qu'il fallait se débarrasser de ce garçon, qui ne leur était d'aucune utilité. Il fut décidé sur le champ que Paul quitterait la ferme, où il était employé depuis six mois.

PHit Pierre, l'enfant des fermiers, fut désolé de cette décision, car il était attaché à Paul, qui toujours était complaisant et doux. Quant à ce dernier, il avait compris tout de suite qu'on allait le renvoyer, mais trop fier pour demander grâce, il se résignait à reprendre la route et à chercher ailleurs un emploi.

P'tit Pierre supplia en vain ses parents. Paul devait partir, c'était trop malcommode cette surdité, ils n'avaient que faire de cet enfant à la ferme.

Pauvre Paul ! . . . Il alla dire adieu aux brebis, don^ il avait pris si bon soin. Ensuite, il irait faire une autre excursion sur la rivière, dans la chaloupe de pèche dont on lui avait confié la garde — Ah, elle était en bon ordre, te chaloupe; tous les jours, il en faisait le ménage, et que de fois il avait emmené P'tit Pierre avec lui, c^rP: avait des goûts marins : il fallait le surveiller pour qu'il ne se risquât pas seul eur la rivière. Mais comme on chien de garde, Paul était toujours là, à point pour prévenir les incartades de Pierre.

Comme Paul se disposait à partir pour la grève, le fermier lui cria: "Viens-t-en à la maison, la soup< trempée."

Au grand étonnement du fermier, Paul, au lieu de prendre la direction de la maison, prit, à la course, celle de la rivière. Cest que sa BUidité lui avait fait comprendre "la chaloupe est démarrée", et vite, il courait remettre L'embarcation en Bureté.

A <pioi tiennent les tragédies, souvent, si Paul n'eût mal oomprifl et- que lui avait dit le fermier, on aurait eu un affreux malheur à déplorer à la ferme, ce soir-là, ear, lorsque Paul arriva sur la grève, il vit, en effet, la chaloupe démarrée, et cramponné à bcs bords, p'tit r

appelant au BeCOUTS, L'enfant avait détachl aloupo

et il s'était aventuré seul sur la rivière. Un taux mou veinent avait fait ehavirer l'enibareation, et l'enfant allait périr, ne sachant pas naurer, quand Paul arriva juste à tempi pour lui Bauvei la vie.

Inutile de VOUA dire que notre Paul ne fut pas r le la ferme. Il y vécut toute M vie et 00 le traita, non plus en domestique, mais en enfant de la maison.

Ifo 0mt b\x ftâtre

Jl fait un froid intolérable ; lanfl la grotte misérable Dl- Bethléem on est Fana feu ; Oh ! comme il souffre l'Enfant- Dieu !

Sur la ; où Jésus rep

La Vierge tendrement dépose Son long et large manteau bleu, Pour réchauffer son fils un peu ....

Quelqu'un frappe et la porte s'ouvre :

Un jeune pâtre que recouvre Une blanche peau de brebis Entre dans Je triste logifi :

Bravant le froid sans un murmure, Il apporte une toison pure Et blanche, ce petit pasteur, A la Mère du Rédempteur :

1 Voua en ferez une layette Chaude, moelleuse et bien douilette, Qui puisse du froid protéger jeune Roi," dit le berger :

u < )i\ l gneaUJC la laine,

Maie d'eux u □ peine :

froid, ce Hoir, ils font mépris ; Vraiment, je CTOifl qu'ils ont OOmpria

— "Ta charitable pn renance

ma récompeni

Lui dit la Mère du Sauveur

• Bt je t'accorde une Eaveur

Cette tunique aana couture, Qu'arec la blanche toiaoo pure Je tiaaerai, d. a aujourd'hui.

ndira toujoura arec lui."

— et -

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