‹ Contes et légendesChapitre 13 sur 30 · LA VOLEUSE · texte numérisé non relu

LA VOLEUSE

I ie ère d'épreuve semblait .-Ytrc levée pour l< b p< I D'abord, depuis à peu près deux mois, leur Reine lit mystérieusement disparu. Elle était parti'.- an coucher du soleil, avec sa suivante, la fée Violette, .faire une promenade sur la grève, et ni la Reine ni la suivante n'avait reparu. Elles avaient dû être victimes de quelque accident. On les avait pleurées longtemps, à tel point même qu'on ne pouvait se décider à remplacer la chère et bonne Reine Myrta.

pendant, il faut une tête partout, et au suffrage, la

fée Marguerite fut élue Reine

On préparait la fête du couronnement quand une découverte qui changea totalement la face des choses, fut faite par un petit lutin. Les lutins sont fureteurs ; celui-ci cherchant quelque chose dans une grotte, tout au bord de la mer, avait trouvé une enveloppe cachetée du Bocau de la Reine des fées, et voici ce que contenait l'enveloppe :

•• M ■•', la Reine Myrta, ayant comme un pressentiment de ma mort prochaine, désire et ordonne qu'on accepte poux

remplacer, La fée Cactu l otetus arrivera au

camp nu nt deux ruoia aj rès ma mort Qu'on lui fasse une

ption digne d'elle. Elle vous présentera un pli cacheté et je désire et ordonne qu'on se conforme aux Instructi

tenues dan- lu pli qu'à celle • lie

lettre qui e.-t mon U statuent,

Fait 1 1 Bigné en prési q< -• de ma suivante la fée Violette.

MYRTA, Reine des V

ûoin : Violette, fée, Buivant ta Maj<

Imagines, si vous le pouvoi, la consternation 1 1 onteuu'nt det fées. Comment, la défunt

niait une remplaçante et cette remplaçante qui leur était inconnue ! Ah ! , les fées étaient fort mécontentes ;

mais bon gré mal gré, il fallait se soumettre : cet ordre d'outre-tombe devait être sacré.

Le lendemain donc, à huit heures du soir, un magnifique chariot, précédé et suivi d'une huitaine d'autruches superbes, chacune portant un petit lutin, arriva au campement des fées. Le chariot contenait la nouvelle reinej et certes, elle était bien belle, Sa chevelure, surtout, était remarquable : souple, soyeuse et si longue, si longue qu'elle la couvrait toute. Un ' l Oh ' ' d' admiration se fit entendre, puis les petites fées vinrent à la rencontre de la nouvelle souveraine. Avant même de descendre de voiture, la Reine Cactus présenta aux fées un pli cacheté. On l'ouvrit ; il contenait sa nomination signée du nom de la Reine Myrta.

Les cris de ' ' Vive la Reine Cactus, Vive la Reine ' ' se firent entendre. Aussitôt, les huit petits lutins quittèrent leurs montures et vinrent aider la nouvelle Reine à descendre de son chariot. Chose étrange la reine semblait s'appuyer fortement sur les bras qui lui étaient offerts. Les petites fées ouvrirent de grands yeux. Jamais elles n'avaient vu un pareil spectacle.

Comment. . . . Une fée sans légèreté et sans souplesse ? La fée Cactus semblait ne pas s'apercevoir de la surprise nous ne dirons pas "le soupçon " de ses nouvelles compagnes ; seulement un sourire un peu énigmatique errait sur ses lèvres.

Ce soir-là même, commença le nouveau règne. Si l'espace ne me manquait pas, je vous en raconterais bien des incidents ; mais je dois me contenter de vous dire que malgré toute leur bonne volonté, les fées n'aimaient pas leur Reine.

Il est vrai qu'elle agissait assez singulièrement aussi : jamais une confidence ne s'échangeait entre la Reine et ses

sujettes. Sauf les petits Lutine qui l'accompagnaient

lors de son arrivée, et ces lutins faisaient bande à part, ; sonne n'avait encore franchi la première marche du trône. l'u jour, la petite fée Bouton d'Or avait osé de demander à la Reine, sans arriére pensée, d'ailleurs, où elle demeurait et ce qu'elle faisait, avant de devenir leur souveraine. Cactus avait répondu sèchement : "De quel droit questionnez-vous votre Souveraine?'' Pais, ayant fait un signe de la main, les petits lutins avaient saisi Bouton d'Or et l'avaient enfermée dans une grotte, où elle fut tenue prisonnière durant trois jours.

Dee murmures d'indignation et de révolte accueillirent cet acte barbare ; mais, sur la menace que leur fit la Reine de mettre aux fers quiconque oserait murmurer trop liant on se tut. Bientôt, à la haine des petites fées pour leur, ne s'ajouta le soupçon. La fée Cactus ne jouait-elle pas un rôle ? . . . . qui ne lui appartenait pas de droit ? . . . .

On n'avait jamais vu auparavant, une fée refusant de

danser, et la fée Cactus ne dansait pas. . .Pourquoi ?

Pourquoi aussi cachait-elle ses pied- avec tant In ? . . . .

Y-a-t-il quelque chose de plus mignon qu'un pied de I Avant la présente reine, jania; [l'avait porté d'aussi

longues robes.

Sur ces entrefaites, arriva du campement voisin, une invitation pour le soir même. ivitations étaient tou-

jours a« ceptéefl avec plaisir. Cette fui-, cependant, la Reine

défendit aux fées de quitter lu campement On essaya de

l'attendrir, on lit force promesses Ce fut en vain.

11 J'ordonne que pas une de vous n'ai avi-

tation. La punition est b, mais elle ne .-aurait l'être

Je n'oublie pas que rous ave/, failli vous révolter, l'autre jour. Sache/, que j'ai le droit ; qu'on m1

Ces pauvres petite.- ! .... Ah les larmes n'étaient pal loin 'ir — larmes de colère et de haine.

Tout-à-coup, on voit apparaître loin, là-bas, un petit nuage de poussière ; ce nuage approche, approche ....

'• C'est notre amie Violette, ! " s'écrie Bouton d'Or, et toutes se précipitent à sa rencontre Hélas ! on cherche en vain la Reine Myrta : la fée Violette est seule, mais quel bonheur de la revoir ! ... . On se presse autour d'elle et on lui pose cent questions à la fois.

u Ecoutez, dit-elle, notre chère et bonne Reine n'est plus. Le soir que nous nous promenions au bord de la mer, une sirène est venue et nous a enlevées toutes deux. Hélas ! trois fois hélas ! notre Reine disparut sous les flots. Quant à moi, retenue prisonnière, je suis parvenue à m'échapper et me voici !

" Reconnaitrais-tu cette sirène" demanda Bouton d'Or, qui avait son idée : —

" La reconnaître?. . .certes, oui ! la voilà, là-bas, assise sur un trône et entourée de petits lutins ! Qu'estce que cela veut dire ? "

"Cela veut dire, répondit Bouton d'Or, que cette sirène est une voleuse. Elle a enlevé notre Reine, elle a forgé son testament et elle s'est fait proclamer Reine des fées. Ah ! voleuse ! .... En avant, mes amies, détrônons cette misérable. Détrônons ce poisson et jetons-le à la mer."

Mais T ex-reine Cactus — ou plutôt la sirène Cactus, n'avait pas attendu son reste. Reconnaisant la fée Violette, elle avait — avec l'aide de ses petits lutins— regagné la mer.

Avant de s'abimer dans les flots, elle lança d'un éclat de rire moqueur aux petites fées atterrées.

"31 rat RpHHttariîé!

Un silence de mort plane sur la montagne

Où, dans un noir tombeau, repose r Homme-Dieu.

L'obscurité profonde entoure la campagne ;

On a, depuis longtemps, sonné le oouvre-feu.

Hors les gardes, veillant sur la Tombe scell

Personne, semble-t-il, n'oserait, cette nuit,

Se risquer à franchir cette enceinte isolée ;

Le pas le plus léger y ferait un grand bruit.

Dans un sentier, pourtant, cheminait une femme ;

a la montagne Bainte elle se dirigeait Ses yeux tristes disaient la douleur de son ftm< Au Maître bien-aimé cette femme songeait. . . Sous les plia de son voile à la sombre nuam Elle dissimulait, avec un soin pieux, Un vase contenant une admirable essence Dont elle embaumerait le corps de l'Homme- Dieu.

Cette femme, c'était la pauvre Madeleine.

Au Tombeau du Sauveur elle parvint enfin ;

Mais, elle ressentit un»- terrible peine

En n'y retrouvant pas, du Christ, le corps divin. . ,

Apercevant, alors, Bur la pierre tombait'

In Auge éblouissant, elle tombe :\

et ange lui dit d'une voix musicale :

"Celui qui vil \ pourquoi le cherchez-von

" Femme, qui cherches- tu ? n C'était la voix du Maître ; Mais dans L'égaremi nt de sa grande douleur,

Madeleine ne hait qui lui parle— u Ah ! peut-ôtre L'avez-voiu enlevé ; rendez-le moi, Beigneu

— ■' Marie l"a dit h l'amant.- Bin< '

— " M " dit Madeleine a\ve ('motion. , .

— " Non, ne me touohei pas ! Je remonte à m m P< . Annoncez-leur, à tous, ma résurrection

Elle veut, tout d'abord, à la Vierge Marie

Annoncer la nouvelle avec célérité ;

Au Cénacle accourant, Madeleine s'écrie:

" Il est ressuscité ! Il est ressuscité ! ! "

Et la Vierge sourit gravement, sans surprise :

— "Auprès de moi ", dit-elle, "Il est vite accouru,

C'est moi qui, la première, ai la nouvelle apprise ;

Car mon Fils, dès l'aurore, ici m'est apparu ! "

VENGEANCE (TJ'ETJ.E

11 Vu ours, an ours !".... B'écrii Cécile,

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