LOI
et ne croyait pas qu'il lui fût possible de s'égarer. . . . Mais
elle se trompait et ce n'est pas étonnant, elle n'avait
que quatre ans.
Germaine marcha longtemps ; elle avait dépassé les dernières maisons du village, et les rares passants regardaient curieusement cette enfant si jeune qui semblait marcher avec assurance vers un but déterminé. Plusieurs retournèrent sur leurs pas pour lui demander où elle allait, mais avec un haussement d'épaules, qui signifiait: "Ce n'est pas de vos affaires," ils passèrent outre.
Enfin, étonnée de la longueur du chemin, la petite s'arrêta et regarda autour d' elle pour s' orienter. Elle s' aperçut, alors, qu'elle avait perdu son chemin et quitta la grande route pour suivre un petit sentier qui conduisait .... où ?. . elle n'en savait rien. Pauvre Germaine 1 . . . . Cette fois elle était bien perdue et ayant fait quelques pas sur la route pierreuse, elle s'affaissa au pied d'un arbre et se mit à pleurer.
— ' ' Maman ! . . maman ! . . " appela- t-elle . . .
Comme réponse à son appel, des pas lourds se firent entendre. Ces pas s'approchèrent, et tout-à-coup, sur le sentier parut une femme poussant devant elle une petite charrette chargée de copeaux et de bois mort.
" Tiens, qu'est-ce que tu fais là, ma petite fille ?" dit la femme d'une voix rude.
— "Je veux retourner à maman", pleura l'enfant.
— "Viens avec moi, je vais te ramener à ta mère, " reprend la femme, d'une voix qu'elle essaye en vain d'adoucir un peu.
Mais Germaine refuse la main qu'on lui tend .... D'abord, parce que cette main est sale, et ensuite, parce que le visage de cette femme lui fait peur. Et puis la misérable créature est couverte de haillons malpropres et malodorants.
Ah ! tu ne veux pas? Eh ! bien, tu viendras malgré toi", reprend la virago. ((Hop, hop, là ; pas de résistance ou je tape. ... et je tape dur, je t'en avertis. "
Ce disant, lu monstre saisit l'enfant et la dépose sur la charrette, au milieu des copeaux et du bois mort.
— "Si tu continues à crier ainsi, je vais te bâillonner avec mon tablier, tu m'entends !"
Ce tablier crasseux sur sa bouche à elle, Germaine ! . . . Du coup, elle se tait, avalant ses sanglots.
" Tiens, c'est ici que tu vas demeurer désormais; comment aimes-tu ta future résidence, hein?" Et de la main elle désigne une masure en ruine, dans laquelle elle emporte Germaine, malgré ses pleurs et ses cris. Quoique • de quatre ans seulement, je vous l'ai dit, Germaine était précoce. Elle comprit (pie pleurer et se débattre ne serviraient à rien, et la pauvre petite - résigna :
— "Ote cette robe ; tu dois penser que tu ne porteras pas ici une robe en mousseline de soie, garnie de valencienne. Je vais la vendre ta robe, ma petite, et j'espère en retirer une jolie somme."
S'approchant, la méchante femme commence à détacher la robe de l'enfant Mais alors, Germaine D6 peu'
plue retenir Bea cria de détresse ; on eut pu l'entendre d'une
lieue à la rond''.
"Tiens, voilà 06 que je t'avais promis si tu continuais
il crier." Et saisissant son tablier sale, elle fait mine de bâillonner la petite, qui criait de plus en plus fort, vous le devine/, bien. Au moment, dee pas B6 font entendre
sur la route ; 00 frappe à COUOfl précipités à la porte de la hutte, et une voix île tonnerre commande : "Ouvre, au
nom de la loi."
— tl Es-tu là Germaine ", reprend une autre voix que Germaine connaît bien et qui fait battre son cœur. ' '
— "Oh! papa, papa, oui, oui viens me chercher! "
La porte vo)e en éclats, et Germaine se précipite dans les bras de son père. Vous aimeriez à savoir comment il se fit qu'on retrouva la petite si tôt ; je vais vous le dire, afin que vous ne croyiez pas que ceci est un conte inventé à plaisir. Quand Germaine déserta, elle tenait serrée dans ses bras, sa poupée; mais lorsqu'elle s'affaissa, découragée, au pied d'un arbre, la poupée lui échappa et roula sur le chemin. Et ce fut cette poupée qui conduisit le père à la hutte, où il arriva à temps, heureusement.
Ce que devint la vieille et méchante femme, je ne sais trop ; mais bah ! ce n'est pas intéressant.
Enfants, ne désertez jamais vos parents. Si jamais vous êtes tentés de le faire rappelez- vous la triste expérience de Germaine, cela chassera la tentation, je vous l'assure.
($ tëntx Aup
L' Enfant-Dion gazouillait.... la Vierg M émue Au-dessus du bcr© an se pencha tendrement. Jamais, avant ce jour, de la bouche nu-nue Ne s'était échappé pareil gazouillement ;
La Vierge eut tout-à-coup, un céleste sonrin Elle entend sûrement dans ce doux gazouillis
Des mots balbutiés Combien elle désire
Que son enfant la nomme .... oh ! ce serait exquis ! . .
Alors, les yeux fixés sur cette bouche rose, Elle respire à peine afin d'écouter mieux ; Car c'est une importante et précieuse chose Que ce mot, le premier, de son cher Enfant- Dieu.
Il parle ! . . . . Que dit-il ? . . Est-ce le nom de Mère ? . . Est-il enfin venu ce moment tant rêvé ?. . . llélas ! la Vierge éprouve une souffrance amère : Jésus, distinctement, disait: ''0 CRUX AVE
Σps ^irmiodlfa
lorsqu'il était enfant, et tant qu'il fut sur terre, Le Rédempteur du Monde aima divinement Tous les petits oiseaux. Son œil doux mais austère Doucement souriait en les apercevant ....
Les oiseaux savaient bien que la main généreuse Leur offrait, chaque jour, du pain émietté ; Ils venaient de partout, et leur troupe nombreuse Attendait sa venue avec anxiété ....
Or, il était certain, d'après les apparences, Que parmi ces gentils petits chantres ailés Le divin Rédempteur avait des préférences Pour des oiseaux sans voix, d'un blanc immaculé ;
Mais, un jour, ces pauvrets vainement l'attendirent Malheureux, inquiets. Qu'était-il arrivé?... Bientôt leurs cris plaintifs sous le ciel retentirent ; Leur désespoir était grandement motivé :
L'Ami venait, enfin, suivi d'une cohorte,
Et, de peur, les oiseaux furent pétrifiés. . . .
Car, bientôt, sur la croix que leur Bienfaiteur porte,
Avec des cris de haine, Il est crucifié. . . .
Or, quelques jours après l'horrible sacriK Plusieurs ont affirmé que l'on aurait pu voir Au bout de l'horizon, 1« ux blancs de neige
Qui changeaient de toilette et s'habillaient de noir :
Et. depuis ce jour-là, les belles hirondell
Au plumage Boyeui portent av( . ail Leur sombre ?6tement : Les amantes ftdèl
Ont de leur Bienfaiteur, puur toujours, pris le deuil.