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"Entrez, entrez, mesdames, entrez messieurs. . . Venez voir une sirène qui vient de l'extrémité des mers. . . Seulement dix sous, dix sous seulement pour la voir ! Dix sous, dix sous, pour la voir !...."
Ondinctte pleurait en silence . . . Etre un objet de curiosité, elle Ondinette, elle chérie et respectée par ses sœurs et ses compagnes les sirènes !
Mais elle ne pouvait se soustraire à son sort humiliant ; il lui fallait se donner en spectacle, plonger au fond de la caisse, évoluer en tous sens, revenir à la surface, et parfois, recevoir sur la tête des écales de noix ou d'autres projectiles que lui lançaient les gamins.
Ce triste état de chose dura longtemps. ... On voyageait d'une ville à une autre, et partout, il fallait que la sirène exécutât ses exercices. Son cœur se brisait, elle sentait bien qu'elle ne pourrait vivre longtemps de cette vie humiliée. Mais, "tant mieux", pensait-elle; "la mort plutôt que cette dégradation. ' '
Maintenant, je ne sais pas si je vous ai dit qu' Ondinette n'avait pas proféré une seule parole depuis qu'elle était captive. Donc, les saltimbanques la croyaient muette, ou, du moins, incapable de parler le langage humain et de le compendre. Ils ne se gênaient nullement pour causer devant elle. Et voici qu'elle apprit, un soir, le sort qui lui était réservé.
— " Hé ! disait l'homme, voilà que la saison est finie ; il faut disposer de la sirène !"
— Elle nous fait gagner de l'argent, la pauvre sirène," répliqua la femme, de sa voix toujours larmoyante.
— "C'est vrai," fit l'homme, " mais on ne peut pas la nourrir tout l'hiver ; ça mangerait nos profits ; je vais la vendre au Musée, où j'en aurai un bon prix, c'est sûr. Prépare-toi à venir avec moi, demain. ' '
— "Ce .sera donc Colombe qui gardera la voiture? Pouvons-nous nous fier à cette enfant?"
— " Non- fier à cette enfant ?. . Elle sait bien que je la battrais à mort, si elle manquait de surveillance."
Colombe était une fillette de douze ans, qui faisait partie de la troupe. On l'avait volée, il y avait deux ans et Ton avait fait de la pauvre petite un souffre-douleur .... C'était Colombe qui donnait la nourriture à la sirène chaque jour.
Le lendemain, les bateleurs partirent pour la ville et Ondinette resta seule avec la petite Colombe. Au moment de partir, la femme du saltimbanque vint jeter les yeux sur la caisse de verre et elle dit à Colombe :
"Soigne bien la sirène ; nous espérons en retirer une grosse somme. Je t'achèterai une robe neuve."
— "Oh ! pas besoin de ces sortes de promesses," dit l'homme brutal; "je te promets une volée des mieux conditionnées, si tu manques à ton devoir!"
Colombe se contenta de hail88er les épaules pour toute
réponse.
L'heure du déjeuner de la sirène étant arrivée, Colombe vint lui apporter des poissons frais. Elle allait retourner sur ses pas, quand Ondinette lui dit : " Petite "
Colombe faillit tomber à la renve:
"Comment, v riez, vous?" >'• eria-t-elle.
li, mais oui," répondit Ondinet! I je
vais te proposer quelqtu
11 Vois-ta œci ?. *' El la sirène montrait à Colombe une perle d'une . ;r peu ordinaire, qu'elle avait tenue
cachée dun^ B6S cheveux, tout le tempfl de ta captiw.