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— Cl C'est une perle ", dit Colombe, " oh ! comme elle est belle."
— " Elle est à toi, si tu veux m'aider à regngner la mer ' ' , proposa Ondinette.
" La mer n'est pas loin d'ici ; j'entends le bruit des flots."
— ' ' Mais Y homme, le saltimbanque, il me tuerait ! . . "
— "Il ne te retrouvera pas ici, petite : Ecoute-moi ; tu peux te fier à moi. Tiens, prends cette perle, elle est fort belle, comme tu le vois ; je te la donne. Moi, je sais où je puis en trouver par milliers. Si tu m'aides à regagner mon élément naturel, la mer, je reviendrai sur cette grève et je t'apporterai d'autres perles en grande quantité. . . Quittons ce méchant homme et cette malheureuse femme, moi pour aller rejoindre mes sœurs au fond de l'Océan ; toi, pour retrouver les parents à qui tu as été enlevée, veux-tu?"
Colombe se laissa persuader assez facilement. . . . Partir. . . .quitter cette vie, sans crainte d'être jamais reprise ! . . Elle aida donc Ondinette à regagner le bord de la mer.
La sirène remercia chaleureusement, puis s'enfonça dans les flots.
Mais soyez assurés qu'elle fat fidèle au rendez-vous et que, cinq jours plus tard, Colombe reçut, en reconnaissance de sa bonté, une poignée de perles. Ondinette, tranquille et heureuse, maintenant, ne péchera plus par curiosité. Souvent, en rêve, elle se retrouve captive dans la caisse de verre, elle croit même entendre le vilain homme débiter son bonîment : "Entrez, mesdames ; entrez, messieurs, venez voir la sirène. ..." Alors Ondinette s'éveille en sursaut. Est-ce que vraiment, elle n'a fait que rêver ? . . . Elle est vite rassurée et, en souriant, elle enfonce sa belle tête dans son oreiller d'algues vertes.
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Jésus est condamné ! La vile popula
Trépigne de fureur, et, s'avi.-ant soudain, lïappelle au gouverneur qu'il y va de sa place, S'il ne livre Jésus .... Il se lave les mains ....
El pour comble d'horreur, à la foule en nce
Il livre l'Homme-Dieu, qui, dans un cercle étroit, Est entouré de juifs, qui prodiguent l'offence Et meurtrissent de coups la chair du Roi des rois ;
Traînant sa lourde croix, sur la route pierre:
Depuis longtemps, Jésus marchait péniblement
L'apercevant de loin, une femme pieuse S'approche et le contemple avec étonnement :
Comment ! . . .Est-ce bien lui, cet étonnant prophète, Qui l'autre jour encor, d'un accent simple et doux, Disait d'étranges faits à" la foule muette, Accourant de partout pour baiser ses genoux ?. . . .
Il rayonnait, alors, de beauté surhumaine ; La douceur de ses y» ux trahissait sa bonté .... Véronique, aujourd'hui, le reconnaît à peine, Sous les coup* chancelant, et sous la croix courbé. . .
Mail o'esl bien lui, pourtant, quoique méconnaissable, Bous son manteau de pourpre et son vêtement blanc,
Il présente un aspect navrant, inoubliable,
6 couvert de larmes et de Bang ! . . . .
J< -us allait passer, quand la vaillante ferano Prenant hâtivement Bon Long voile de lin, B'ayançant au devant du Maître de son I i\a tendrement ton visage divin ....
Drame silencieux, car, cloués de surprise, Les bourreaux sont muets, paraissent interdits ; Et Véronique peut, sans qu'on la brutalise, Accomplir son dessein sublimcment hardi !
Le Sauveur ne dit rien, mais Sainte- Véronique En repliant son voile, aperçut dans ses plis, En compensation de son acte héroïque, De Jésus, l'Homme- Dieu, les traits aimés, bénis
0 Véronique heureuse ! en ton amour sincère Tu trouvas le courage ; et ton geste touchant Qui soulagea Jésus, dans sa grande misère, Je voudrais le chanter du Levant au Couchant.
(Sabots de la Vierge)
A travers la Judée, une femme bien belle, Fuyait hâtivement, portant l'Enfant- Jésus. Mais, voyez ce ruisseau .... Comment passera-t-elle, Sans se blesser les pieds sur les cailloux aigus ? . . .
Quel est ce bruissement ?.. La Vierge-Mère écoute . . Et bientôt elle voit un ange radieux Qui, sur un long roseau, croissant senl sur la route, Suspend des sabots blancs, mignons et gracieux. . . .
Depuis, le cypripède orne sa verte tige De sabots satinés, striés d'un pur carmin ; Car un ange, autrefois, opéra ce prodige .... Et la Vierge avait pu poursuivre son chemin.