LA CLOCHE D'ATRI
Il y avait une fois, en Italie, un bon roi nommé Jean, qui déclara qu'il voulait que tout le monde obtînt justice dans son royaume. Comme il ne pouvait pas écouter toutes les plaintes, en personne, il fit pendre une grande cloche dans une tour de la ville, et fit proclamer que si quelqu'un avait à se plaindre, il n'avait qu'à sonner la cloche, et que le juge viendrait immédiatement sur la place publique pour lui rendre justice.
Les gens d'Atri, enchantés de cette idée, ne se firent pas faute de tirer la corde de la cloche chaque fois qu'ils avaient lieu de se plaindre, et dès que le son de la cloche frappait son oreille, le juge allait sur la place publique, où il jugeait la cause sans plus de délai.
Petit à petit, à force d'être tirée, la corde s'usa et devint si courte qu'on y attacha un bout de vigne pour la rallonger. C'était en été, la chaleur était accablante, la place publique était déserte, tout le monde dormait, quand tout à coup, au milieu de la journée, la cloche commença à sonner. Les habitants de la ville, réveillés en sursaut, se levèrent en disant : " Sûrement, quelque grande injustice a été commise, car la cloche sonne bien fort ! "
1 This is an adaptation of the well-known story, whick Longfellow has so ably given in one of the poems of The Wayside Inn, — " The Bell of Atri." The legend is also located in several cities of France and Germany.