‹ Contes et nouvellesChapitre 2 sur 9 · EUPHÉMIE A CAMILLE · texte numérisé non relu

EUPHÉMIE A CAMILLE

« Marseille, le.

» Ma chère Camille,

» Il y a déjà bien longtemps que tu aurais dû recevoir une réponse de moi, mais j'attendais pour cela un événement assez grave dont je tenais à t'entre tenir. Cet événement, c'était l'arrivée d'un jeune homme qui s'est fait attendre beaucoup plus qu'on ne croyait. Or, ce jeune homme n'était autre que mon futur mari.

» Tu vois que le motif de mon silence était sérieux.

» Je vais tout te conter.

» Voilà huit jours à peu près que ma mère me prit à part et me dit :

» Demain ou après-demain, M. Julien, le fils de »M...... va arriver à Marseille. Tu sais qu'un des

» désirs de ton père est que tu épouses ce jeune » homme, avec le père duquel il était lié. Depuis ce

» temps, sa famille s'est à peu près ruinée; mais » peu importe ! Il a du talent, et je puis te donner » une dot suffisante. Tu te trouveras bien du choix » que nous avons fait. Tu verras ce jeune homme; » je suis sûre qu'il te plaira. Je ne t'impose pas ce » mariage ; je te le conseille. Je connais les exigen- » ces de ton caractère, de ton esprit, et j'aime » mieux te donner à un homme moins riche que y> ceux qui se présentent, mais plus en rapport » avec les goûts que t'a fait contracter ton éduca- » tion parisienne. ))

» Tu le vois, chère Camille, ma mère, toute bourgeoise qu'elle est, ou qu'elle paraît être, par suite de cette vie de province à laquelle la condamnaient les affaires de mon père, les habitudes prises, les relations établies et le souvenir du bonheur qu'en somme elle y a trouvé, tu le vois, ma mère ne raisonne pas trop bourgeoisement. Je lui ai répondu que je ferais tout au monde pour lui plaire, que j'avais toujours compté sur un mari de son choix, et que j'étais dans les meilleures dispositions pour celui qu'elle m'annonçait.

» Je ne suis pas très-romanesque, tu le sais, mais, tout compte fait, j'aime mieux un artiste et Paris qu'un négociant et ^Iar>eilio.

» J'attendis !

» Or, on annonçait mon prétendu tous les jours, et il n'arrivait pas. Il y avait plus de curiosité de ma part qu'il n'y avait d'empressement de la sienne. Ce retard n'était pas flatteur, mais enfin il ne me connaissait pas ; j'avais donc le droit de croire que le hasard seul était dans son tort.

» Enfin, avant-hier, le bel inconnu arriva, et ma mère m'apprit qu'il dînerait le lendemain avec nous.

» Il y a toujours pour une jeune fille un battement de cœur à pareille nouvelle. C'est assez grave de penser qu'on va voir pour la première fois celui à qui l'on appartiendra bientôt pour toujours. Comment sera-t-il? Répondra-t-il à l'idéal que nous nous faisions de l'homme que nous devions aimer ?

» Sais-tu bien que notre condition de femme n'est pas la plus heureuse des conditions. Si cet homme est laid, s'il est vieux, s'il est brutal, à qui demander secours? sur quoi s'appuyer? où s'enfuir?

» Il y a de quoi frissonner, quand on y songe ; sans compter qu'on peut se tromper soi-même et s'apercevoir trop tard qu'on appartient volontairement à un homme indigne d'affection.

» Cependant, comme je te l'ai dit, ma mère, tout

en désirant mon mariage avec ce jeune homme, me laissait libre d'accepter ou de refuser.

» Maîtresse de ma destinée, je n'étais que plus inquiète.

» Quand M. Julien fut arrivé, pour me conserver tous mes moyens d'observation, je me fis aussi petite fille, aussi insignifiante, aussi niaise que possible.

» Ah ! chère amie, quelle rapidité, quelle sûreté dans le coup d'œil d'une femme I Comme, dans le temps incalculable qu'il lui faut pour lever et baisser la paupière, comme elle voit et devine tout ce qu'elle a intérêt à voir et deviner I

» M. Julien n'était pas encore au milieu du salon, c'est-à-dire qu'il n'était pas entré depuis une demiminute, que je savais déjà qu'il était grand, brun, élégant, sans affectation ; qu'il avait l'air triste, et qu'il ne faisait pas attention à moi.

» Ma mère m'a présentée à lui. Alors, il a daigné me regarder, mais comme une petite fille. Il m'a fait un compliment, dicté plutôt par l'habitude du monde que par un sentiment quelconque, et il a trouvé moyen de s'isoler et de ne plus causer avec personne jusqu'à l'heure du dmer.

» De la part de tout autre homme dans cette situation, ce silence eût pu être une preuve d'orgueil ou

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de sottise, mais chez M. Julien c'était certainement le résultat d'une grande préoccupation. Il y avait de la tristesse dans ce silence, et souvent je surprenais son regard presque humide, comme si une image douloureuse lui apparaissait tout à coup.

» Quel peut être ce chagrin ? Je l'ignore. Mais veux-tu que je te le dise ? Je crois, et le retard qu'il a mis à venir ne contribue pas peu à cette conjecture, je crois qu'il vient contre son gré et que ce mariage ne lui sourit en aucune façon. Pour tout dire, il a l'air d'un homme qui laisserait derrière lui un regret, comme celui d'un amour. Je ne puis pas m'y connaître beaucoup, mais nous autres femmes, nous avons l'instinct à défaut de Texpérience, et cet instinct nous trompe rarement.

» Si effectivement il aime une femme, pourquoi vient-il ici? Quelle puissance humaine peut contraindre un homme à épouser une femme qu'il n'aime pas, surtout quand il en aime une autre? Si j'aimais quelqu'un, moi, je préférerais mourir, plutôt que d'appartenir à qui que ce fût, et un homme a bien plus la liberté de vouloir qu'une jeune fille.

» Mais il se peut aussi que le souvenir de M. Julien s'adresse à une personne morte, ou que sa tris-

— altesse lui vienne d'un amcur non partagé, et que, souvenir ou douleur, il veuille enfouir tout dans le mariage. Pauvre jeune homme ! alors il serait bien à plaindre ! Ce doit être bien triste d'être éternellement séparé de ce qu'on aime , ou d'aimer sans espoir.

» Je ne vois pourtant pas de raison pour qu'on ne l'aime pas. Il est jeune, il a de l'élégance et de l'esprit. (Il a bien fallu qu'il causât. le soir.) Il a du talent, il a du cœur, pourquoi ne pas l'aimer?

» Quoi qu'il en soit, quelque chose le préoccupe, et ce n'est certainement pas son amour pour moi. On m'a fait chanter devant lui des romances dont je me suis assez mal tirée , et malgré les éloges qu'il m'a faits, ceci n'a dû lui donner de moi qu'une assez pauvre opinion. Je ne pouvais me montrer telle que je suis, je le sentais bien et je n'avais à ses yeux que l'aspect d'une pensionnaire assez maladroite.

» J'aurais pourtant voulu être tout de suite à mon aise avec M. Julien, car il me semble que ma nature sympathiserait avec la sienne.

» S'il a un chagrin, qu'il me le dise : j'essayerai de le consoler. Puisque je dois être sa femme, ne

serait-ce pas là ce que j'aurais de mieux à faire?

» Tu t'étonnes de ce langage. Avec ton caractère, tu ne le comprends pas. Tu serais jalouse, toi, du passé de l'homme que tu épouserais. Je crois , moi, que c'est un tort, plus qu'un tort, une maladresse, une injustice, qu'une pareille jalousie. De quel droit demander compte, à un homme familiarisé avec la vie depuis longtemps, de quel droit lui demander compte de ses impressions passées ?

y> Le plus que nous puissions exiger de lui, c'est qu'il veuille bien nous en faire la confidence. S'il a aimé, tant mieux ! il n'aimera plus, et comme l'amour qu'une femme demande à son mari n'est sans doute pas de la même nature que ceux qu'il a pu ressentir avant son mariage ; comme en l'épousant il lui fait tacitement le sacrifice de toutes ses autres affections, elle n'a plus rien à craindre du passé, et c'est à elle de lui procurer tout ce qu'il peut attendre de l'avenir. Je n'aimerais pas un mari qui serait en homme ce que je serais en femme, et en qui je trouverais la naïveté d'impressions qu'il vient cliercher en moi. L'union de ces deux innocences et de ces deux timidités ne serait bonne, ce me semble, qu'à faire un prologue de roman et tomberait bientôt dans la banalité. Si l'homme n'a pas subi certaines passions.

incompatibles avec les aflcctions régulières, il doit être toujours prêt à faillir par l'attrait de l'inconnu.

» Voilà ce que je me suis dit bien des fois ; car nul ne peut savoir ce qu'il y a de pensées profondes dans nos petites têtes déjeunes filles penchées silencieusement sur une broderie. Voilà pourquoi M. Julien m'a fait tout de suite une impression que son empressement à me plaire et une mine contente ne m'eussent pas faite.

» Et puis, il est, par son art, en dehors des conditions vulgaires. En rapport continuel avec les belles choses, avec les chefs-d'œuvre, son âme a dû s'exalter et contracter des besoins que ma petite nature eût été incapable de combler.

» J'aime donc mieux que d'autres aient pris ce soin et m'aient laissé à réparer leur mal ou à continuer leur bien. Oui, je suis heureuse d'avoir vu M. Julien, ou plutôt de l'avoir surpris dans l'état où il était. Peu à peu je m'emparerai de cette âme blessée et je la déposerai doucement dans le travail et le repos domestique. J'ai idée que cette cure me sera facile. En attendant, je ne me sens pas d'autres exigences.

» Vois comme mon imagination a déjà fait du

chemin ! C'est aujourd'hui que j'ai vu M. Julien pour la première fois. Il doit revenir demain. Demain déjà il ne retrouvera plus en moi la même femme. S'il y a du nouveau, je t'en informerai. , » Toute à toi.

EUI'HÉ.MIE. »

vin

JULIEIV A LYDIE.

« Marseille, le.

» Vous entrez si Irancliement , si brutalement, dans votre rôle d'amie, que je ne sais si je dois déjà vous accorder ce titre. Il y a tant de cruauté dans votre calme, dans vos conseils, dans vos espérances pour moi, que le sentiment qui vous dicte vos lettres ressemble bien plus à de la haine qu'à toute autre chose. Aussi ne me permettrai-je plus de vous parler du genre d'affection que je vous porte, et que j'espère vaincre aussi facilement que vous avez fait du vôtre. Cependant cette volonté, si peu commune chez les femmes, surtout dans ce sens-là, doit avoir, en

outre de ce que vous appelez mon bonheur, une raison que vous cachez. Il y a dans votre langage une expérience de la vie que vous avez dû acquérir avant de me connaître. Vous avez dû souffrir par quelqu'un, et vous utilisez aujourd'hui votre douleur d'autrefois. Il est impossible que vous n'ayez jamais aimé, sans quoi vous ne consentiriez pas à vous faire ainsi l'auxiliaire d'une autre femme. Peut-être même mon amour vous était-il à charge; que ne l'avez-vous dit tout de suite ! C'eût été beaucoup plus simple que les périphrases de dévouement dont vous vous servez. Tenez, si vous m'en croyiez, nous cesserions notre correspondance. A quoi bon la continuer? Vos froids conseils me font mal! Je n'aurais, moi, que des choses pénibles à vous dire. Mieux vaut que nous laissions faire par le temps ce que vous avez la volonté de faire toute seule. Vous vous êtes chargée de la douleur. Mademoiselle Euphémie se chargera de la consolation. Nous verrons bien qui l'emportera. En toute hypothèse, vous n'aurez rien à vous reprocher. Calmez votre conscience et attendons.

» Julien. »

EUPHEMtE A CAMILLE.

« Marseille, le...

» Ma chère Camille, je t'ai promis de t'écrire quand il y aurait du nouveau. Il y en a, mais depuis peu.

» Le lendemain de ma première lettre, M. Julien est revenu, puis le surlendemain, puis tous les jours. Une semaine s'écoula ainsi. C'était presque toujours le même personnage. Cependant nous nous familiarisions, et grâces à quelques aperçus assez fins que j'eus le bonheur d'exposer dans une question d'art, et qui rétonnèrent, il commença à ne plus me considérer comme une enfant. Il commença même , je crois, à me regarder.

» Mais ce n'était rien encore à côté du brusque changement qui s'est opéré hier. C'est à n'y rien comprendre I II est arrivé chez ma mère, ferme comme un homme qui a adopté une grande résolution, et, lui prenant les mains, il lui a dit avec une voix pleine de tendresse et d'émotion, tandis que j'étais là :

— « Madame, j'ai l'honneur de vous demander la » main de mademoiselle votre fille. Je ferai tout au » monde pour la rendre heureuse. »

» Après quoi, sans même attendre la réponse de ma mère, il s'approcha vivement de moi, s'empara de ma main, la baisa et me dit en me regardant avec des yeux humides :

— c< Ne me refusez pas, mademoiselle, je serais » trop malheureux! »

» Je rougis malgré moi sous cette brusque déclaration.

— « Allons, tout va bien ! s'écria ma mère. Eh ! » mes enfants, ce mariage n'est-il pas convenu? »

» Et elle nous embrassa tous les deux en joignant nos mains, puis elle nous laissa en ajoutant :

— « Dites-vous maintenant tout ce que vous avez » le droit de vous dire. »

» Resté seul avec moi, Julien (je puis l'appeler

ainsi depuis hier), Julien parut tomber du haut de cette exaltation factice dans un abattement profond. Malgré ses efforts, il ne parvint pas à me cacher l'émotion qui le dominait, et un instant il me tourna le dos pour m'empêcher de voir qu'il pleurait. Cependant sa main restait dans la mienne. Je compris tout, vois-tu. Pauvre garçon ! il avait un grand chagrin, et pour mettre, s'il était possible, une barrière entre ce chagrin et lui, il s'accrochait à ce mariage, et voilà que peut-être, maintenant qu'il ne pouvait plus revenir sur ce qu'il avait fait, il se repentait d'avoir suivi le premier conseil de sa douleur.

» Mais pour la consoler, cette douleur, il fallait que je la connusse. Dans les termes où nous étions, ce n'était plus une simple curiosité : c'était un intérêt bien réel qui me poussait à réclamer une entière confidence. Il sentit le premier qu'il me la devait, car cette tristesse ne pouvait avoir, à mes yeux, rien de logique avec la demande qu'il venait de faire.

— a Pardonnez-moi, mademoiselle, me dit-il en » essuyant ses yeux, si je n'ai pu retenir mes larmes; » je souffrais beaucoup, mais je vous jure que ce » sont les dernières que je verserai. Je connais » toute votre générosité. Voilà pourquoi je laisse » mon cœur déborder devant vous »

— « Pleurez, monsieur Julien, » lui dis-je alors, comme si j'eusse été sa sœur. « A compter d'aujour- » d'hui, tout ne doit-il pas être commun entre nous : » joie et tristesse? Aujourd'hui, soyons tristes, » puisque vous l'êtes. Un autre jour, nous serons » joyeux. »

— « Ainsi vous me pardonnez ? » reprit-il en attachant sur moi un regard plein de reconnaissance.

— » Je n'ai rien à vous pardonner.

— » Vous avez tout deviné cependant.

— » Que voulez-vous dire? »

» A ces mots il tira de sa poche un papier qu'il me donna. Ce papier renfermait la copie de la première lettre que je t'ai écrite. Comment cette copie se trouve-t-elle entre ses mains? Je ne puis le deviner.

» Je devins toute rouge.

— « Et vous croyez, reprit-il, qu'après avoir » lu cela, mon devoir n'est pas de tomber à vos pieds » et de vous admirer comme une sainte !

— » Le devoir ! l'admiration ! Pauvres sentiments » à notre âge ! lui répondis-je. Non, monsieur Ju- » lien, il faut mieux que cela. Abandonnez-vous à » moi; dites-moi tous vos chagrins, tous vos souve- » nirs ; moi, je vous dirai mes rêves et mes espé-

» rances, et vous remplacerez, je l'espère, les mots : (( Devoir et admiration » par des mots plus afïec- » tueux. Dans votre brusque consentement à m'é- » pouser, dans la r^olution qui vous a amené ici, » dans l'émotion oifvous êtes encore, il y a plus de » dépit contre une autre que d'entraînement vers moi. » Qu'importe? J'accepte le sentiment qui nous unit, » tout mélangé qu'il est. C'est à moi d'en ôter ce » qui nuirait à notre bonheur. Je m'en charge. »

» Ce n'était pas trop mal tourné, n'est-ce pas, pour une petite fille de dix-huit ans? Mais c'est extraordinaire comme certaines situations élèvent les pensées et facilitent la parole ! Je me sentais éloquente. J'aurais pu, en ce moment, dire de trèsbonnes et très-belles choses, et, depuis cette expérience faite sur moi-même, j'admire beaucoup moins les grands orateurs. L'éloquence pourrait bien n'être que de la conviction.

» Alors, il s'assit à côté de moi et me dit tout, excepté le nom de cette femme, que je n'aurais pas voulu savoir; il l'aime encore, j'en suis sûre, et beaucoup !

» Il m'a montré ses lettres. Elle ne l'aime pas, elle, ou bien c'est qu'il est pour les femmes des sentiments qu'elles ne connaissent que! dans une

période plus avancée de la vie ; carie sacrifice qu'elle lui fait, je serais, moi, incapable de le faire, à mon âge.

» Un jour, je te conterai son histoire, que je ne puis confier à une lettre, surtout depuis que je sais que mes lettres glissent de tes doigts dans ceux de ta mère, et qu'elles reviennent ensuite à M. Julien, je ne sais par quelle voie. Il paraît que ta mère a une amie, madame de ***, qui connaît Julien, et que c'est cette dame qui lui a envoyé la copie de ma lettre, afin qu'il fût prévenu de mes sentiments pour lui.

» Ainsi, me voilà une femme, me voilà initiée aux émotions de la vie , me voilà confidente et consolatrice, et bonne à autre chose encore qu'à chanter des romances. J'en suis fière et heureuse. Le commencement de mon mariage est sans trivialité du moins, et je suis sûre maintenant que le jour où mon mari me dira : « Je t'aime ! » il m'aimera réellement.

» Quant à moi, je lui prouverai qu'il est de plus sincères amours dans le monde que celles qu'il a rencontrées jusqu'ici. La femme qu'il aime, aimait en dehors de lui. Elle a un enfant, un mari, une réputation à conserver. Moi , je pourrai être toute

à mon amour, et toute affection nouvelle me viendra de celle-là. Il faudra donc qu'il soit bien inconsolable, si je ne le console pas.

» Quel noble et pur triomphe que le mien, si je remplis cette difficile mission ! J'aurai conquis mon bonheur, je ne l'aurai pas tout bonnement trouvé par un caprice du hasard. Entin, je ne sais pourquoi, mais je suis ravie de ce qui épouvanterait une autre femme. Ecris-moi. A bientôt.

» Toute à toi.

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