DE CETTE SECONDE ÉDITION
sée, les deux côtés d'une même page : jamais frère et sœur en littérature ne furent unis par de plus intimes liens. Je viens d'expliquer comment j'ai été amené à traiter ces deux sujets qui n'en font qu'un : encore une fois, y chercher autre chose, vouloir y découvrir quelque allusion personnelle, serait peine perdue. Le très-petit nombre d'incidents et de personnages secondaires destinés à mettre en relief l'idée principale, sont de pure invention. J'ai voulu esquisser, en quelques traits particuUers, une physionomie collective, un personnage, un travers de mon époque, qui, en flattant outre mesure l'esprit littéraire, a dû mettre en circulation des types frappés à cette effigie ; de même qu'en surexcitant l'esprit de spéculation et d'indusirie, elle a créé des Mercadets. Aurélie et Albert ne sont pas deux portraits, mais deux études; ils ressemblent à plusieurs, et ne sont copiés sur personne. Celte courte explication m'a semblé nécessaire aujourd'hui que, par celte seconde édition, ce petit volume paraît devoir vivre un peu plus longtemps que je ne l'avais cru. Les préfaces ne sont même utiles, selon moi, que pour ces espèces de renseignements qui touchent à des points plus délicats que l'amour-propre et plus essentiels que le talent. Ne pas laisser planer le plus léger doute sur des intentions qui sont du ressort de la morale et de la bienséance non moins que de la critique et du goût, c'est le devoir de tout écrivain qui se préoccupe de la dignité, de la moralité des lettres, et qui ne croit pas que le mérite d'être imprimé tout vif affranchisse de tout le reste. Ajouterai-je, en finissant, qu.' Aurélie et Albert sont, dans ce volume, les deux seules ISouvelles auxquelles j'attache quelque importance? Que, sans elles, le volume même n'existerait pas, et que je n'ai écrit les trois autres que pour publier celles-là? Ceci intéresserait fort peu le lecteur qui a toujours le droit de choisir et de préférer ce qui lui plait. L'Enseignement mutuel, tout à fait inventé, a rencontré une approbation presque générale, et donnerait ainsi un démenti à ma théorie. Le Capitaine Garbas et la Marquise d'Aurebonne, bien que reposant sur un fonds vrai , et peut-être à cause de cela, n'ont pas échappé au reproche d'invraisemblance et de mélodrame. En somme, ces Contes et Nouvelles ont été traités par la critique