‹ Contes et nouvelles de La FontaineChapitre 109 sur 144 · LA CONFIDENTE SANS LE SAVOIR · texte numérisé non relu

LA CONFIDENTE SANS LE SAVOIR

Ces mots finis , madame Aminte sort.

Une heure après, Cléon vint; et d'abord On lui jeta les joyaux et la boîte :

On l'auroit pris à la gorge , au besoin. Eh bien, cela vous semble-t-il honnête?

Mais ce n'est rien, vous allez bien plus loin. Alis dit lors, mot pour mot, ce qu' Aminte Venoit de dire en sa dernière plainte.

Cléon se tint pour dûment averti. « J'aimois, dit-il, il est vrai, cette belle; Mais, puisqu'il faut ne rien espérer d'elle, Je me retire , et prendrai ce parti.

— Vous ferez bien : c'est celui qu'il faut prendre! s Lui dit Alis. Il ne le prit pourtant.

Trop bien, minuit à grand' peine sonnant, Le compagnon , sans faute , se va rendre Devers l'endroit qa'Amintc avoit marqué.

Le rendez-vous étoit bien expliqué ; Ne doutez pas qu'il n'y fut sans escorte. La jeune Aminte attendoit à la porte : Un profond somme occupoit tous les yeux ; Même ceux-là, qui brillent dans les deux ', Etoient voilés par une épaisse nue.

Comme on avoit toute chose prévue, Il entre vite , et sans autre discours Ils vont... ils vont au cabinet d'amours. Là le galant, dès l'abord, se récrie, Comme la dame étoit jeune et jolie, . Sur sa beauté; la bonté vint après; Et celle-ci suivit l'autre de près.

« Mais dites-moi, de grâce, je vous prie, Qui vous a fait aviser de ce tour?

Car jamais tel ne se fit en amour :

Sur les plus fins, je prétends qu'il excelle,

1 Les étoiles

Et vous devez vous-même l'avouer, s Elle rougit, et n'en fut que plus belle. Sur son esprit, sur ses traits, sur son zèle, Il la loua. Xe fit-il que louer?

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