‹ Contes et nouvelles de La FontaineChapitre 66 sur 144 · VIII. LE BAT · texte numérisé non relu

VIII. LE BAT

Un peintre étoit, qui, jaloux de sa femme, Allant aux champs , lui peignit un baudet Sur le nombril, en guise de cachet.

Un sien confrère , amoureux de la dame , La va trouver, et l'âne efface net, Dieu sait comment; puis, un autre en remet Au même endroit, ainsi que l'on peut croire. A celui-ci, par faute de mémoire, Il mit un bât; l'autre n'en avoit point. L'époux revient, veut s'éclaircir du point ; « Voyez , mon fils , dit la bonne commère , L'âne est témoin de ma fidélité.

— Diantre soit fait, dit l'époux en colère, Et du témoin, et de qui l'a bâté! »

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