‹ Contes et nouvelles (volume 2)Chapitre 15 sur 37 · UNE FAMILLE RIDICULE · texte numérisé non relu

UNE FAMILLE RIDICULE

de sa mère. Il avail une lillc destinée dès sa naissance h son cousin, et que Sorel s'était habitué à reijardcr comme devant être sa femme. Cependant le jeune homme n'était point revenu à la Cherrière depuis quatre années, lorsque M. Dubois lui écrivit que Rose était sortie du couvent et attendait son petit mari. Edmond, que son isolement fatiguait et qui était déjà désabusé de Paris, avait répondu en annonçant sa prochaine arrivée et son dessein arrêté de se fixer près du capitaine. Cette réponse pouvait être considérée comme un acquiescement aux projets antérieurs de la famille, et le jeune homme se considérait lui-même comme un prétendu qui rejoint sa fiancée.

Mais sa cousine ne l'occupait pas assez pour le rendre indifférent à la rencontre de Garin et de sa sœur. Admirateur sincère du talent du premier, il ne Tétait pas moins de Tesprit et de la beauté de la jeune fille, qui passait pour accomplie dans les salons de la capitale. Elle avait, en effet, tout ce qui peut y assurer le succès : la gaieté, le goût du plaisir, un égoïsme assez enveloppé de grâces pour ne point blesser, et ce qu'il faut de vanité pour ne perdre aucun de ses avantages. Le voyage se passa en récits et en causeries. Près d'arriver, Sorel demanda à Paul Garin s'il s'était assuré un logement pour le temps qu'il voulait passer au bord de la mer ; celui-ci le regarda avec étonnement. Il avait espéré trouver une maison de bains avec billards, cabinet de lecture et salle de bal, comme aBarèges; il fut attéré lorsque Edmond lui apprit qu'il n'y avaitàPornic

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qu'une aul)ergc où Ton trouvait rarement place, et des cabanes de paysans toujours louées d'avance. Garln et Bertlie se regardèrent.

— Nous n'avons alors qu'à prendre la route de Dieppe, ma sœur, dit le premier d'un ton tragique.

— xMais où coucherons-nous ce soir? demanda la jeune fille désappointée.

— Ne craignez rien, interrompit Sorel; mon oncle ne m'attend point seul. Desvoisins devait m'accompagner; vous prendrez sa place, et je vous promets bon accueil. Suivez-moi ce soir à la Cherrière; demain nous chercherons ensemble dans le village.

Il n'y avait point d'autre parti à prendre: Paul accepta.

Le jour commençait à tomber, lorsqu'ils aperçurent l'hal/ilation du capitaine Dubois : céiini un vieux chcîleau récemment réparé, à l'aspect duquel le jeune peintre jeta un cri d'horreur.

— Quel est le barbare qui a abattu ces tourelles, élargi ces fenêtres, recrépi les murs, et planté les douves en polnger? s'écria-t-il.

— Hélas! je crains bien que ce ne soit mon oncle, répondit Edmond; il a habité vingt ans la cabine d'un brick, et je le crois plus versé en navigation qu'en architecture artistique.

— Sacrilège! murmura (larin ; toucher à ce .vieux nijinoir couronné di» lierres ((ui foi m:iit un si mni^nitique

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second plan! oter au paysai^'c tout son caractère!... et cela pourquoi? pour être plus à Taise. Ah! nous vivons à une époque cVégoïsme, Sorel ; la poésie, le pittoresque s'en vont de compagnie , et bientôt les peintres n'auront plus d\^utre ressource que de fabriquer des enseignes pour notre société d\^vocats et de marchands.

A ces mots, il poussa un soupir. Il se repentait presque d'avoir accepté la proposition d^Edmond, et se sentait un instinct de répugnance pour l'homme qui avait gâté à ce point le second plan d'un paysage. Aussi franchit-il la grande porte de la Cherrière avec les préventions les plus défavorables contre le capitaine Dubois. Berthe, de son côté, se récriait de trouver les allées conduisant au manoir garnies de pierres qui coupaient ses brodequins de satin turc, et encadrées de ronces dans lesquelles s'accrochaient ses volants de mousseline. Elle se crut sincèrement transportée chez quelque peuple barbare.

Mais ce fut bien pis lorsque, ayant dépassé le seuil, elle se trouva dans une cour tapissée de hautes herbes au milieu desquelles gloussaient une vingtaine de poules! La porte était gardée par un énorme chien à la chaîne qui voulut s'élancer sur elle; la jeune fille se jeta de côté avec im cri; mais une voix qui se fit entendre sur le perron apaisa tout à coup le dogue irrité : c'était celle du capitaine lui-même, qui avait aperçu ses hôtes et venait à leur rencontre.

M. Dubois était un homme d'environ soixante ans, à la figure vulgaire mais bienveillante et franclie. Il recul

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son neveu et ses amis avec une l)rus(iue cordialité, les fit entrer au salon, et ouvrit les fenêtres pour appeler Marguerite... Une vieille servante parut dans la cour, demandant, d'im ton de mauvaise humeur, ce qu'on lui voulait.

— Avertis Rose que son cousin est nrrivé ! cria M. Dubois.

— Elle le sait, répondit la vieille.

— Pourquoi ne vient-elle pas alors?

— Elle est allée faire sa toilette.

Le marin éclata de rire.

— Compris ! dit-il , la petite se pavoise pour le salut d'honneur. En l'attendant, nous allons, si vous voulez, faire le tour du jardin et cueillir les cerises du souper... Ohé! Marguerite, apporte le panier a croc.

Puis, se tournant vers M^^^ Garin :

— Ce sera comme a Montmorency! ajouta-t-iL avec un gros rire. Vous allez, le dimanche, manger des cerises à Montmorency, pas vrai?... ces badauds de Parisiens aiment ça... Mais pardon, vous êtes Parisiens, je crois.. . Vous ferez la comparaison. Ma cerisaie passe pour la plus belle du pays ; c'est moi qui fournis tous les confiseurs de Nantes. Je vous expliqueriii ma méthod(\.. Eh bien! Marguerite, viendras-tu?

— Voilà, monsieur! cria la siM^anto qui nrrivnii en trottinant.

— Enfin 1 (lit le capitaine, (|ui prit brusquement l(\^ l):u]iers.

Puis, b;iiss;iiil l;i voix :

— La vieille ne navigue plus ([iie sous ses voiles de fortune, ajouta-t-il; mais c'est un vieux ponton qui a été autrefois un vaillant navire, et il ne faut pas être ingrat.

Il conduisit ses hôtes dans un jardin soigneusement partagé en parallélogrammes garnis de buis ou d'oseille, et planté d'arbres en plein rapport. Arrivé au bout, il regarda Garin avec un certain sourire de satisfaction orgueilleuse.

— Eh bien ! que dites-vous de ça? demanda-t-il.

— Vous avez là un terrain qui ferait envie à nos meilleurs maraîchers, répondit le jeune peintre.

— Je les défie tous de vous montrer une fosse d'asperges comparable à celle-ci, reprit le capitaine ; et quant à mes artichauts... vous en mangerez ce soir. Mais Dieu sait ce qu'il m'a fallu de soins! ce sol était aigre et léger comme tous ceux du pays ; je Tai amendé, épaissi, transformé.

— Cela a dû vous coûter bien des peines! balbutia Garin en étouffant un bâillement.

— Vous allez en juger, monsieur, dit le capitaine enchanté d'avoir amené la conversation sur son snjet favori.

Et il commença a raconter les procédés successifs qu'il avait employés ; combien de fois le terrain avait été retourné à fond, engraissé et façonné.

Paul et Berlhe , succombant a Tennui, se lançaient des regards de désespoir. Étrangers aux travaux de la campagne, ils ne pouvaient s'y intéresser : hors de l'nrt

et du plaisir, rien, dailleiirs, n'existait pour eux; a force de se tourner à\u\ seul côté, leur intelligence avait perdu la faculté de voir ailleurs, et ils méprisaient tout ce qu'ils ne pouvaient comprendre.

Sans partager cette impression, Edmond la remarqua, et tâcha de rompre Tentretien en proposant de rentrer.

Ils trouvèrent au salon la fille du capitaine, qui avait achevé sa toilette et les attendait. A sa vue, Berthe fit un mouvement comme si elle eût aperçu quelque ol)jet prodigieux; un sourire effleura ses lèvres, et elle échangea avec son frère un regard qui équivalait a une exclamation.

Pour une personne accoutumée aux raffinements de la mode, il y avait, en effet, dans la toilette de Rose une série de monstruosités bouffonnes difficiles à voir de sang-froid. Chaque partie de son habillement appartenait à une époque différente, et donnait, pour ainsi dire, un échantillon des modes qui s'étaient succédé depuis dix années. Il résultait de ce mélange de formes et de couleurs je ne sais quelle désharmonie prétentieuse impossible à exprimer.

Par malheur, la tournure ne rachetait point ce défaut d'ensemble. La jeune fille était raide et embarrassée. Sa jolie ligure elle-même respirait je ne sais quelle contrainte iri([uiète, et tous ses mouvements, comme le fit observer Berthe, (iraient l'air faits du côte (jauehe.

Elle lendit en rougissant ses joues à son cousin, lit une courte révérence à Garin, puis s'assit, droite et immobile, dans le coin le plus obscur de Tappartement.

— D'ici que je lui aie touché la main, je soutiendrai que c'est une poupée de carton, avec des yeux d'émail et un râtelier d'ivoire, dit Paul tout bas à Berthe.

— Dieu me pardonne ! elle porte des souliers de prunelle! reprit celle-ci de même.

— Etune chaîne en cheveux, ajouta Garin.

— As-tu entendu le capitaine l'appeler Zozo!

— Et elle lui répond : Mon papa.

— Je suis désolé de ne point dessiner la caricature. Dans ce moment la vieille Marguerite entra pour mettre

le couvert. Elle eut une longue discussion avec le capitaine pour savoir si la table aurait une allonge, puis avec Rose sur le linge que l'on emploierait ; M. Dubois se mit en colère, et sa fille, qui était trop serrée, déchira sa robe en voulant atteindre la pile de serviettes désignée. Edmond éprouvait une gêne réelle; Rose, de son côté, paraissait confuse; Garin et sa sœur retenaient à grand' peine leur sérieux. M. Dubois seul, au milieu de l'embarras général, se montrait souriant et à Taise. Il avait recommencé ses explications sur le meilleur mode à employer pour chaque culture, et arriva bientôt a raconter le grand orage auquel il avait échappé en 1800, à sa sortie de Manille. Cet orage était Tévénement capital de la vie du vieux marin; c'était la source unique de ses comparaisons, de ses images, de ses transitions. Depuis quinze ans il racontait exactement k ses amis, cha(.|ue

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semaine, l'histoire du grand orage de Manille sans en oublier une circonstance, et quel que fût le sujet de la conversation, il réussissait toujours à amener sa ftitale transition : — C'est comme en 1806 ! — Aussi ses voisins de Pornic Tavaient-ils nommé le Gra7id'0rafje.

Il ne manqua point d'en faire subir le récit à ses nouveaux Ilotes dès le commencement du souper, et il se préparait à le recommencer vers la fin, lorsque Garin prétexta la fatigue de sa sœur, et demanda la permission de se retirer.

Marguerite conduisit la jeune fille à la chambre qui lui était destinée. C'était une grande pièce tapissée de jaune, avec des fauteuils rouges, un ht à flèche, et une énorme cheminée ornée de fausses fleurs sous verre. Le seul miroir qui s'y trouvât était placé a cinq pieds du plancher, sur deux patères, et au-dessus d'une table a jeu servant de toilette.

C'était la chambre dhonneur, comme Marguerite eut sohi de le dire à la jeune Parisienne, et on ne l'ouvrait qu'aux grands jours, lorsque M. le sous-préfet venait pourle recrutement, ou le major pour les remontes. Quant à Garin, il fut conduit par le capitaine lui-même dans Tancienne bibliothèque, dont les armoires vitrées étaient garnies, au lieu de livres, de graines et d'oignons de fleurs étiquetées. Un navire ii la voile, seule œuvre d'art qu'eût jamais exécutée M. Dubois, était suspendu au plafond en guise de lustre, et quchpies animaux empaillés décoraient une commode l\ rampe de cuivre. Le capitaine assura au jeune homme ([ue le lit était bon: il

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l'avertit de remuer une chaise s'il avait besoin de quel([uc chose, les sonnettes étant inconnues a la Clierrière^ lui recommanda d'éteindre sa chandelle, et linit par rengager a mettre un bonnet de coton de })enr des fraîcheurs. Garin n'avait vu jusqu'alors rien de pareil, si ce n'est aux Variétés. 11 se promit bien d'étudier le capitaine et d'en faire une charge d'atelier qui ferait oublier M. Prudhomme.

Le lendemain on frappa à sa porte; il se réveilla en sursaut, croyant le feu dans la maison : c'était M. Dubois qui venait, en sabots et tout humide de la rosée du matin, lui demander s'il était prêt à déjeuner.

— Prêt à déjeuner! répéta le peintre avec étonnement, quelle heure est-il donc?

— Sept heures.

— Et vous déjeunez a sept heures !

— Pardieu ! trouvez-vous que ce soit trop tôt pour dîner à midi ?

Le jeune peintre le regarda avec stupéfaction.

— Pardon, monsieur, dit-il enfin; mais alors, moi et ma sœur, si vous le permettez, nous ne déjeunerons qu'a dîner.

— Et que ferez-vous jusque-là?

— Jusque-lh je comptais dormir.

— Fi donc! s'écria le capitaine, mauvaise habitude! Il y a quatre heures que je suis debout, moi; j'ai déjà cassé une croûte et bu un doigt de cognac pour tuer le ver. Hors du lit, mon jeune Parisien, et venez vous mettre à table.

— En vérité, monsieur, dit Garin excédé, je tombe de sommeil.

— Je connais ça; il faut se secouer... Autrefois j'étais sujet à ces pesanteurs, surtout dans les pays chauds... Je me rappelle qu'en 1806, comme nous quittions Manille...

— Pardon, monsieur, interrompitbrusquementGarin, qui vit le grand orage près de fondre sur lui... Je me lève ; mais veuillez ne rien retarder pour moi.

— Comment donc ! je sais ce que l'on doit à ses hôtes, dit le capitaine. Je vais faire un tour de jardin, et quand vous descendrez, je vous raconterai comment, en 1 806. . .

— De grâce! ne m'attendez pas, s'écria le peintre, qui fit un mouvement pour se lever.

— C'est bon, dit Dubois en gagnant la porte ; ne vous occupez point de nous. Vous avez cinq minutes pour vous faire beau. Je vais savoir de Rose si l'on a averti mademoiselle votre sœur.

Mais Berthe fit répondre de déjeuner sans elle, ce qui causa un trouble général. Le capitaine déclara qu'elle devait être malade ; Rose proposa timidement d'envoyer chercher le docteur, et Marguerite, en retournant dans la cuisine, exprima a demi-voix combien il serait désagréable pour M. Dubois de voir des étrangers mourir chez lui. Garin fut forcé de leur avouer, pour les rassurer, que sa sœur ne se levait qu'à onze lieures et déjeunait a midi.

11 interrogea ensuite son hôte sur les moyens de trouver un gile à Wnmc pendant la saison des bains. Le

l m: lAMII.U; KIDKXLi:. -io

vieux iDciriii lui npprii (ju'iui nouvel étahlissemcnt venait d'être créé à l'imitation de celui de Dieppe, et que les étrangers y trouvaient toutes les ressources ordinaires à ces maisons. Le jeune peintre enchanté déclara qu'il s'y établirait le jour même, et toutes les instances de M. Dubois pour le retenir furent inutiles.

Cependant Edmond n'avait point été sans remariiuer l'impression produite par sa famille sur les Garin. Il en avait éprouvé une honte mêlée de je ne sais quel mécontentement contre son oncle et sa cousine; il leur en votdait de se montrer ainsi sous un aspect ridicule.

Il résistait même a sa propre sensation, accusant Berthe et son frère de prévention contre les habitudes provinciales; mais quoi qu'il pût se dire, ces habitudes ne le choquaient pas moins lui-même. La vie du capitaine lui semblait mesquine, ses occupations puériles. Quant h sa cousine, il n'avait pu encore lier un entretien avec elle; Rose ne parlait que par réponses, comme au catéchisme : il acquit seulement la certitude que son instruction avait été bornée a l'orthographe et à l'arithmétique, et que ses journées se passaient a coudre ou à festonner, en chantant des romances dont les vielles organisées lui avaient appris Tair.

Or, entouré jusqu'alors d'esprits cultivés et d'imaginations actives, Edmond était devenu raffiné dans ses jouissances intellectuelles. A son insu, tout ce qui était

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ordinaire lui semblait méprisable. Accoutumé à la vie fiévreuse de Paris, il éprouvait un besoin d^émotions successives et habilement excitées. Aussi ne tarda-t-il point à sentir un invincible dégoût pour l'intérieur monotone de son oncle, et à regretter la décision qu'il avait prise en venant s'établir à Pornic.

La présence de Paul et de Bertlie contribuait surtout à Tentretenir dans ces dispositions. Il trouvait en eux Tesprit vif et capricieux, les ressources d'amnsement et la distinction qui manquaient h sa famille. Outre son esprit et sa beauté, Berthe possédait des talents qui contribuaient à rendre sa société charmante. Elle parlait plusieurs langues, peignait presque aussi bien que son frère, et avait fait en musique des études avancées. Sa voix était, en outre, l'une des plus expressives et des plus suaves que Ton pût entendre. Sorel, qui venait chaque soir pour l'écouter, s'en retournait chaque soir plus ravi.

Ces longues visites à AP'^ Garin, et la comparaison involontaire de ses perfections avec l insignifiance de Rose» ne tardèrent pas à troubler le repos du jeune homme. Il commença à se repentir de l'espèce d'engagement qu'il avait pris vis-à-vis de son oncle, et à regretter que Berthe ne fût point sa cousine.

La jeune Parisienne ne négligeait rien , du reste, pour plaire à Edmond. Le mariage ne lui semblait qu'une affaire de convenances et de position : Sorel était jeune, considéré, riche surtout; c'était assez pour qu'elle raccepiàt. (lariu, qui voyait, de son coté, dans celte

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union un moyen de se (léhairasser de sa sœur, y poussait le jeune honinie de tout son pouvoir.

Cependant Tin limité d'Edmond avec les Parisiens n'avait point tardé à devenir un sujet de conversation pour les baigneurs. Quelqu'un s'étant hasardé à dire d'un ton fin que ces assiduités devaient avoir une cause, cette remarque fut répétée , revue, commentée, et le lendemain , tout le monde savait que M. Sorel allait épouser M"^ Bertlie Garin à la fin de la saison.

Cette nouvelle ne manqua point d'arriver jusqu'aux oreilles du capitaine. C'était un homme simple, mais de bon sens, parce qu'il était de bonne foi. Voulant savoir la vérité, il se mit à observer Edmond, et ne tarda point à reconnaître de quel côté l'entraînait son penchant. Cette découverte l'attrista. Pour tout au monde, il eut voulu réaliser le dernier projet qu'il avait formé avec sa sœur, et confondre, par une union, deux fortunes acquises en commun; mais il aimait Edmond avec désintéressement. La préférence du jeune homme pour M"' Garin était d'ailleurs naturelle, et une pareille alliance n'avait rien que dlionorable : la seule raison que pût avoir le capitaine pour l'en détourner était son désir personnel; il le sacrifia sans balancer a celui de voir Edmond Inaireux.

Refoulant doi^c scn rêve au fond de son cœur, et renonçant à d'inutiles explications, il se mit à entretenir son neveu comme si le projet de mariage avec Rose n'avait jamais eu rien de sérieux. Il lui demanda, en souriant, s'il n'avait point quelque idée d'établissement.

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OÙ il comptait passer Thiver, et quelle profession il voulait adopter.

Etonné d'abord, puis ravi de découvrir que rengagement qu'il avait cru si lourd était imaginaire, et que sa liberté lui restait tout entière, Sorel n'essaya plus de résister au penchant qui Tentraînait vers M"^ Garin.

Le bonheur le rendit même ingrat. Il commença à remarquer plus volontiers les ridicules du capitaine et de sa fille, sûr qu'il n'aurait point un jour à en souffrir. Garin etBerlhe en plaisantaient devant lui; il repoussa d'abord faiblement leurs railleries, et finit par s'en amuser.

Du reste, il ne voyait plus son oncle ni sa cousine qu'en passant : ses journées étaient employées en promenades avec le jeune peintre et sa sœur ; ses soirées, à lire haut ou à entendre Berthe chanter. Le capitaine souffrait de cet abandon, mais sans se plaindre ; l'expérience l'avait rendu indulgent. Quant à Rose, déconcertée dès l'abord par la politesse un peu dédaigneuse des Garin, et glacée parla froideur d'Edmond, elle n'eut osé ni faire une remar((ue, ni adresser un reproche à son cousin.

Edmond revenait un jour d'une longue promenade entreprise, avec plusieurs baigneurs, le long de la mer: tous étaient descendus de la calèche et s'étaient disperséssur lapcnle de la dune, cherchant des coiinillages ou cueillanl des Heurs marines. Berllie et son frère mar-

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rhaieiit seuls a côté de la voiture, ([iie Sorel coiuluisait lentement. Le jeune peintre, en levant les yeux, aperçut tout à coup la CherrièrCf dont le toit scintillait sous le soleil couchant.

— Pardieu ! dit-il en se tournant vers la jeune fille, nous devons une visite au capitaine. Voilà quinze jours que nous ne sommes allés voir ses couches de melons ; il doit avoir fait au moins, depuis, trois récoltes.

— Nous mirons m\ grand orage ^ objecta Berthe. —Peut-être, reprit Garin; le capitaine m'a promis,

la dernière fois , que sa fille nous expliquerait une recette pour fabriquer le fromage blanc.

—Mais c'est donc une personne accomplie ! Son père m'a déjà dit qu'elle savait tricoter et faire les confitures de petits fruits...

— A froid, ajouta Garin, en imitant la grosse voix du capitaine.

— Je ne parle pas de ses robes, qu'elle taille ellemême.

—Dis qu'elle les invente !... Je n'en ai jamais vu de pareilles à personne.

—Je vous demande grâce pour ma famille, interrompit Sorel en souriant.

— Comment donc, reprit Berthe, mais votre cousine est fort bien ! une taille droite comme un jonc, une figure rose, et de grands yeux bleus qu'elle ne lève que sur son potage ; on ne peut pas être plus modeste. J'espère que M. Dubois la mariera à un procureur du roi.

—Et qu'il aura des primeurs pour la noce.

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— Ou chantera au dessert.

— Et le capitaine racontera le ^ra/«d ort/ye de 1806,

Us éclatèrent de rire, et le jeune peintre lit tourner sa canne. Les chevaux, tourmentés par la chaleur, étaient d(\ja ombrageux et inquiets ; effrayés de ce mouvement, ils firent un écart. Edmond, qui était sur le siège, voulut ramener à lui les rênes, mais trop brusquement; ils reculèrent.

— Pardieul voilà des'rosses qui veulent jouer les coursiers d'Hippolyte, s'écria Paul; fouettez-les, Sorel. Les chevaux de louage sont contrariants comme des avocats ; le seul moyen de les faire aller au pas est d'essayer de les mettre au galop.

Edmond suivit ce conseil; mais l'attelage irrité se dressa en secouant la tête, tourna sur lui-même un instant, puis s'élança en avant. Sorelj voulut les retenir ; les rênes se brisèrent dans ses mains.

Avertis par les cris de Berthe et de Garin, les baigneurs étaient accourus ; tout a coup les chevaux, qui avaient pris le mors au dent, tournèrent brusquemcni de leur côté. A cette vue , tous se dispersèrent épouvantés, et la calèche lut emportée vers la pointe de la falaise. Le chemin était si étroit, que les roues eflleuraient par instants le bord du précipice ; elle allait enfin atteindre le sommet du promontoire, lorsqu'un homme parut sur le versant oi)posé.

— Mon oncle ! cria Edmond en étendant les bras.

Le capitaine poussa un cri et se jela à la tête des chevaux; mais, ne pouvant résister à leur élan, il arriva.

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traiué par eux, jusqu'à rexliémiié de la dune. Il y eut un moment terrible pendant lequel il demeura suspendu auxrênesetpenehésurrahîme; enlin, les chevaux firent un mouvement en arrière, la calèche recula, et Tune des roues, venant frapper le rocher, se brisa. Edmond, lancé au loin par le choc, demeura étendu à terre, privé de sentiment.

On le releva ; mais la tête avait porté, et le coup était si violent qu'on le crut mort un instant. Lorsqu^il revint à lui, une fièvre accompagnée de délire le saisit, et il fut près d un mois dans un état désespéré. Enfin, sa jeunesse et les soins l'emportèrent; la fièvre s'apaisa, la raison lui revint.

Au moment où il recouvra ainsi la conscience de luimême, il se dressa avec effort sur son séant, cherchant à rappeler le souvenir encore confus de ce qui s'était passé. Le soleil venait de se lever, et répandait à travers les rideaux fermés une joyeuse lueur. Rose était assise dans un fauteuil au pied du lit, et dormait la tête renversée sur le dossier. Son visage parut à Edmond plus pale, et ses yeux légèrement creusés par la fatigue. Il se rappela alors avoir vu vaguement, au milieu de son délire, une douce figure toujours penchée à son chevet.

Un mouvement qu^il fitréveillalajeune fille en sursaut.

— Voulez-vous queU^ue chose, Edmond? demandât-elle d^une voix caressante.

A peine sorti de son déhre, et bercé par la musique de cette douce voix , le jeune homme ne répondit pas. Rose crut sans doute qu'il ne Tavait^ point entendue ;

car elle le regarda un instant avec une indicible expression de tristesse, deux larmes vinrent au l)ord de ses paupières, et elle étendit sur le front du blessé sa main blanche et tremblante.

Sorel prit cette main dans les siennes.

— Je suis mieux, ma cousine, dit-il en souriant faiblement.

— Il me reconnaît! cria Rose avec un éclat de joie.

— Et je vous remercie, continua Edmond attendri, La jeune fille battit des mains et courut à la porte.

— Mon père ! s'écria-t-elle, Edmond entend, Edmond parle; il n*a plus de délire... Venez... et vous aussi, ma bonne Marguerite! Oh! mon Dieu! il est sauvé.

— Est-ce vrai ! dit Dubois en courant au lit du blessé.

— Je l'espère, répondit Sorel.

— J'en étais sure, dit Marguerite ; je l'avais voué à sainte Anne. C'est la messe que le curé a dite hier en son intention qui l'a guéri.

— Et les saignées que le docteur lui a faites, ajouta M. Dubois.

— Sauvé! répéta Rose, les mains jointes.

— Oui, grâce à vous tous, reprit Edmond attendri. Grâce à mon oncle, d'abord, qui s'est exposé pour moi à la mort; grâce à vous, ma cousine, qui avez veillé à mon chevet comme un ange. Ah ! je ne méritais pas tant de dévouement.

— Paix! paix! dit la jeune fille: le docteur ne veut point que vous parliez... il recommande du calme et du silence. Laissons-le reposer, mon père... je suis tran-

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quille niaiiitenaïu. Marguerite restera seulement pour nous avertir s'il veut quelque chose. Venez.

A ces mots, elle fit un pas vers la porte; puis, se ravisant, elle souleva légèrement la tête du malade, s'assura d'un coup d'œil que rieii ne lui manquait, et sortit sur la pointe du pied avec le capitaine.

Sorel n'essaya pas de les retenir. Il sentait le besoin d'être seul, de repasser ses souvenirs et de reprendre possession delui-même«

Il chercha à se rappeler toutes les circonstances de Taccident qui avait pensé lui coûter la vie, et se souvint tout à coup du jeune peintre et de sa sœur.

— Où est M. Garin? demanda-t-il à Marguerite.

— Le Parisien? répliqua la servante; il est parti, le lendemain de votre chute, pour dessiner des points de vue le long des côtes.

— Et mademoiselle Berthe?

— C'est elle qui a voulu s'en aller, parce qu'elle avait peur de voir monsieur mourir, et que ça lui aurait fait, qu'elle disait, trop de mal. Après ça, ces jeunesses qui ont été éduquées, c'est si sensible! ça ne peut pas voir souffrir.

Sorel éprouva un désappointement et un serrement de cœur.

— Ma cousine n'a point eu ces craintes, dit-il a demivoix et comme s'il se fût parlé à lui-même.

— Oh! quand ceux qu'elle aime souffrent. Zozo a du courage comme un lion, reprit la vieille servante. Elle a passé presque toutes les nuits sur ce fauteuil,

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VOUS soignant comme une sœur grise. Et Dieu sait pourtant si elle avait le cœur gros, la pauvre enfant; mais elle ne pleurait que quand vous n'aviez plus besoin d'elle, pendant que vous reposiez.

Edmond fut touché jusqu'au fond du cœur. Puis un amer sentiment s'éleva en lui ! Abandonné aux jours de la souffrance par ceux qu'il avait préférés, il n'avait dû son salut qu'à cette famille ridicule si cruellement raillée. Le Ciel semblait avoir pris soin de lui prouver combien il était dangereux de ne consulter que la l'orme^ et quels dévouements pouvaient se cacher sous une enveloppe vulgaire. Il eut honte de n'avoir point su deviner ce qu'il y avait de noble dans ces deux natures, et de s'être laissé prévenir par une toilette surannée, quelques habitudes de langage, et d'innocentes manies.

Alors, comme il arrive toujours aux esprits détrompés, il mit une sorte d'amour-propre à se prouver à luimême son injustice et son erreur. Il étudia le capitaine, et reconnut que si son parler était souvent commun, ses sentiments ne l'étaient jamais; toute la distinction de cette âme était passée dans les actions!

Les longues conversations qu'il eut avec Rose pendant sa convalescence lui tirent également comprendre combien il y avait de douce intelligence derrière son ignorance et sa timidité. Enhardie par la bienveillance du jeune homme, elle lui raconta sans contrainte toutes ses pensées. C'était une âme limpide comme le rnisseau, et que Ton pouvait voir jus(|u'au fond. Facile à effrayer, elle ressemblait à ces oiseaux que l'on croirail

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muets au premier abord, mais qui font entendre dans la solitude des chants qui vous ravissent.

Elle raconta à Edmond sa vie déjeune iille; lui parla de ses fleurs, de ses amies de couvent, des rares tristesses qui traversaient son cœur comme de légères nuées. Tout ce qui autrefois avait paru ridicule au jeune homme s'illumina à ses yeux de je ne sais quelle naïve poésie. Rose lui rappela la Claire du comte Egmont\ uniquement occupée de coudre, de prier Dieu, et de regarder à la fenêtre si elle ne voit pas venir son liancé.

La jeune fille, de son côté, encouragée par l'affection de son cousin, se montrait d'heure en heure plus intelligente de ce qu'il désirait. La tendresse épanouit Tâme comme le soleil les fleurs. Mille nouvelles pensées venaient à Rose, mille nouveaux intérêts s'éveillaient dans sa vie. Edmond sentait cette souple nature se modeler chaque jour a ses propres sentiments, et ce jeune esprit s'ouvrir a toutes les lumières.

La transformation de Rose commençait à se révéler jusque dans son extérieur; son front semblait s'être élargi, ses yeux plus pensifs avaient pris une modeste assurance : sûre de n'être plus raillée, elle marchait à Taise dans son bonheur.

Cependant Sorel était presque entièrement rétabh.

* Drame de Goethe.

5(5 sous LA TO>>ELLi:.

Ses entretiens avec sa cousine pouvaient être i)las longs, plus suivis et prendre presque la forme de leçons. Quelquefois il lui faisait h haute voix quelques lectures de nos poètes modernes, et il jouissait de son émerveillement, au milieu de ce monde tout nouveau d'images et d'idées. Il se plaisait alors h interroger ses émotions, a écouter ses confessions toujours charmâmes, parfois profondes comme tout ce qui est sincèrement nnïf. Un soir qu'il lui lisait ainsi une méditation- de Lamartine, Marguerite annonça M. et M"' Garin. Edmond éprouva une sorte de contrariété ; mais le jeune peintre venait d'entrer suivi de sa sœur; tous {\vu\ coururent à lui avec des exclamations de joie caressante.

— Enfin le voila debout! s'écria Paul ; ce cher Edmond ! Quel bonheur de le trouver rétabli !

— Ah! nous n'avons pensé qu'à vous depuis six semaines, interrompit Berlhe d'un accent plaintif.

— Et quel dommage qu'il n'ait pu nous accompagner! reprit Garin... Voire pays est plus beau que l'Ecosse, mon cher!

— Et les habitants qu'on nous avait représentés comme des sauvages, reprit la jeune fille, ils nous ont partout reçus en amis.

— On nous a donné des fêtes.

— Nous avons logé a Brest chez le préfet maritime.

— Nous avons vu nianceuvrer la llolle.

— Il y a eu un bal , pour nous , à bord du vaisseau amiral.

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— On peut elro tîer (r;ipparloiiii' à un tel pays, ajouta Paul gravement.

— J'ai bien promis d'y revenir, acheva Berthe. Tout cela s'était dit si rapidement, que Sorel n'avait

pu prononcer un mot. Il lui sembla seulement que si elle n avait pensé qu'à lui, M^^' Garin avait au moins raisonnablement essayé de se distraire; mais, après tout, elle le croyait mort ou mourant, et devait le regarder comme un prétendu fort incertain.

Lorsqu'ils eurent fini de raconter leur voyage, Sorel les félicita d^noir rapporté de si bons souvenirs de la Bretagne.

— Et pendant ce temps ce pauvre M. Edmond était au lit! dit Berthe.

— Trop heureux de ne pas être entre quatre planches, continua Paul.

— Ah! je n'oublierai jamais cette scène, reprit la jeune fille; je crois voir encore la calèche sur le bord de Tabime... c'était horrible.

— On pourrait composer avec cela un tableau, fit observer Garin pensif.

— Voulez-vous que je pose? demanda Edmond ironiquement; je suis encore assez pâle pour cela.

Le jeune peintre allait répondre, lorsque le capitaine entra.

— Eh! ce sont nos Parisiens, s'écria-t-il entendant la main à Garin. Eh bien ! notre gars est remis de son abordage, et le voilà qui a quitté la cale de radoub ; je venais le chercher pour qu'il vît ma récolte de rousselets.

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— Mndemoiselle aurait-elle aussi une recelte pour les conserves de poires? demanda Paul en se tournant vers Rose avec un grand sérieux.

La jeune fille rougit et Edmond se mordit les lèvres.

— Ma cousine en connaît au moins une pour soulager ceux qui souffrent, dit-il, et relle-Ia, il en est beaucoup qui l'ignorent.

— Je n'ai jamais douté des qualités éminentes de mademoiselle, dit le jeune peintre en s'inclinant; vous m'avez entendu plusieurs fois dire toute ma pensée à cet égard, et il me semble qu'alors nous étions d'accord...

— Alors je ne la connaissais pas comme aujourd'hui, reprit Sorel en rougissant.

— Il a raison, s'écria le capitaine avec un gros rire: Zozo masque ses batteries ; mais, au fond, c'est une fine voilière et solide au gros temps ; tout le portrait de sa mère. Elle mérite d'être heureuse.

— Et elle le sera, répliqua Edmond vivement. Berthe et Paul échangèrent un regard.

— Pardon, dit celui-ci d'un ton un peu contraint, nous ne voudrions pas troubler des épanchements de famille... Seulement, comme notre départ est prochain, nous venions savoir si Sorel comptait toujours faire route avec nous.

Edmond regarda Rose, puis son oncle, et parut embarrassé.

— Je crains que M. Sorel n'ait pris goût au jardinage, et ne veuille compléter son instruction avant de partir, ol^jecta Berthe avec un persiflage amer.

— Kii offct, dit le jeune lioninie, j'ai cliaiigé d'avis.

— Que dis-tu? s'écria le capitaine ; lu restes avec nous?

— Et pour toujours, mon oncle, si vous le voulez. M. Dubois poussa une exclamation de joie, regarda

son ueveu, puis sa fille.

— Ainsi, balbutia-t-il... tu as pris la plaisanterie d'autrefois au sérieux...

— Si ma cousine y consent, dit Edmond tendrement et en tendant la main a la jeune fille.

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