LA PETITE COLONIE
après des efforts désespérés, au lieu mémo où étaient demeurés William et mitresse Koppel.
Tous deux se laissèrent tomber a terre , baignés de sueur, la gorge desséchée, a demi morts de fatigue et de soif. Toute espérance était désormais perdue ; une fièvre ardente les dévorait ! Leurs yeux , couverts d'un nuage, voyaient flotter tous les objets; ils avaient perdu jusqu'à cet instinct de conservation qui entretient en nous la volonté, et ils n'aspiraient qu'à un anéantissement qui pût mettre fin à leurs souffrances.
Repliés sur eux-mêmes dans Tétroit espace que les buissons défendaient contre Tardeur du soleil, et le visage appuyé contre leurs genoux , tous gardaient un silence farouche , lorsque mitresse Kopel redressa lentement la tête et regarda autour d'elle.
Son état maladif la rendait moins sensible aux besoins qui tourmentaient ses compagnons, et l'habitude des pays brûlants, qu'elle avait toujours habités, lui faisait supporter sans peine la chaleur dont ils se sentaient accablés. Elle se releva à demi sur ses genoux et tourna le visage de tous côtés, en aspirant l'air et en prêtant Toreille à la brise.
Par suite d'un phénomène singulier , mais souvent observé, sa langueur avait accru la subtilité de ses sens. La surexcitation des organes leur avait communiqué une finesse de perception que servait encore cette perspicacité de malade, d'autant plus exercée qu'elle devait suppléer à une fotde d^inapliludes ou d'impossibilités.
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Après avoir écouté quelques instants avec une sorte (l'indifférence, mistress Koppel fit un mouvement : elle se redressa davantage et pencha Toreille vers le côté du nord. On n'entendait que le grondement de la mer, au milieu duquel se détachait, par intervalles, le murmure de la brise passant à travers les arbres de l'Ile ; mais ce dernier bruit parut attirer particulièrement l'attention de la malade.
Tous ceux qui aiment à écouter les rumeurs du vent dans les arbres savent combien ces rumeurs sont différentes et variées, selon la nature du feuillage qui les produit. Pour le rêveur pensif qui a étudié ces vagues murmures, chaque arbre agité par la brise est comme un instrument qui produit un son particulier et distinct. Or, dans ses heures de méditation et de solitude , mistress Koppel avait dû s'accoutumer à reconnaître ces voix de l'espace. Aussi, après un assez long silence qui sembla employé à contrôler sa sensation , elle s'écria tout à coup :
— Nous avons un bosquet de cocotiers a peu de distance et dans cette direction.
f Les trois naufragés relevèrent la tête en même temps.
— Des cocotiers ! répéta Arthur, en se ranimant : s'il était vrai, nous serions sauvés !
— J'en suis sure, reprit hi malade dont le doigt indiquait le nord avec une confiance croissante; j'ai entendu pendant cinq années le bruit de ces arbres sous la fenêtre de la chambre que je ne pouvais quitter, et
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mon oreille a nppris a le distinguer ; le bosquet ne peut être à plus de cent cinquante pas.
Quelque incertaine ([uc lût une pareille indication, les trois compagnons firent un effort et s'avancèrent du côté indiqué.
Ils eurent d'abord quelque peine a franchir un fourré de plantes grimpantes et de bambous qui bordait Tespèce de prairie dans laquelle ils se trouvaient enfermés; mais ils réussirent enfin à trouver une issue, et aperçurent, au revers d'un morne peu élevé, le bosquet annoncé par la malade.
Ritler poussa d'abord un cri de joie, qui se changea presque aussitôt en exclamation de désappointement ; les cocotiers étaient tellement élevés que leurs fruits se trouvaient hors de toute atteinte.
— Belle découverte ! ces fruits de malheur ne serviront qu'à augmenter notre soif et notre faim ! s'écria-t-il.
— Pourquoi cela? demanda William.
— Pourquoi? répéta Georges ; parce qu*à la hauteur où les voilà, nous ne pouvons en espérer que la vue.
— Non pas, s'il vous plaît, interrompit le bateleur avec un certain orgueil. Villiam Trot a fait de plus hautes ascensions pour un simple schelling, et nous ne manquerons point notre déjeuner parce qu'il a plu à notre hôte de mettre le couvert au haut decesp^i//^//^r>'.
En parlant ainsi, William, qui avait retrouvé toute sa bonne humeur et une partie de son agilité , déploya sa teinture dont il se fit un point d'appui, selon la méthode
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indienne, et se mit à grimper h Tiin fies cocotiers dont il eut bientôt cueilli les plus beaux fruits.
Après s'être rassasiés du lait savoureux qu'ils renfermaient, nos trois naufragés retournèrent à la malade, qui se désaltéra à son tour, et que Ritler aida ensuite à porter sous le bosquet que son indication avait fait découvrir.
En cueillant les noix de coco, William Trot avait pu voir la configuration entière de Tîlot, et reconnaître les parties les plus accessibles. D\après son rapport, on tourna vers la droite et Ton arriva à un ruisseau dont on suivit le cours jusqu'au pied d'un rocher sous lequel il disparaissait pour aller se jeter dans la mer.
Le lieu, abondamment pourvu de cocotiers et d'arbres à pain, ne pouvait être mieux choisi pour un campement. Il était, en même temps, abrité contre la tem* pête et en vue de la mer, sur laquelle on avait toujours les yeux, afin de guetter les navires, si un heureux hasard en amenait dans ces parages.
Ritler s'occupa sur-le-champ de dresser un ajaupa de bambous et de feuilles de palmiers, sous lequel ils trouvèrent tous un abri avant le soir. Il descendit ensuite à la côte pour voir s'il ne pourrait y découvrir quelques co(|uillages, et revint avec une tortue verte surprise parmi les rochers. Villiam Trot avait réussi l\ allumer un feu qui servit à cuire cette précieuse capture. Tous avaient retrouvé le courage, llssoupèrent gaiement, et, au moment de s'endormir sur la couche de feuilles, mistress Koppel lit entendre tout haut une prière d'ac-
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tiens de grâce. Tarling s'y associa franchement, William se contenta d'ôter son bonnet, et Georges Ritler se coucha en haussant les épaules.
Le lendemain fut consacré ii la continuation des airangements intérieurs, et à la recherche de nouvelles ressources. Les trois hommes prirent connaissance de la partie de Tile qui pouvait être explorée, et virent ce qu'ils devaient en attendre. Le naufrage les avait malheureusement jetés sur un des écueils les moins étendus et les moins fertiles de l'archipel de Bergh. Les arbres fructifères y étaient peu nombreux, et Ton n'y apercevait que quelques oiseaux de mer nichés au sommet des rochers.
Ritler espéra que la pêche pourrait suppléer à Tinsuffisance de ces ressources. Il tressa des lignes avec des fibres de bananiers, fabriqua des hameçons avec des morceaux d'écaillé de tortue, et fit des paniers avec les feuilles du curcuma. Mais tous ses efforts éloignaient à grand' peine la faim de la petite colonie : lui seul était fort et adroit, et il fallait que tous vécussent de son industrie. Il s'en plaignait souvent h Tarling, en menaçant de faire bande. ji part.
— Pourquoi gardons-nous ici cette vieille femme qui passe son temps à chanter des cantiques ou à tisser des herbes sèches, et ce danseur de corde qui dort tout le jour a l'ombre ou perd ses heures a apprivoiser un oiseau? Il reste à peine quelques fruits aux cocotiers; les arbres a pain sont complètement dépouillés; je n'ai ])oint pris trois })oissons depuis huit jours. N'est-ce pas folie de persister à nourri deux bouches inutiles?... Je
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pourrais dire trois, car vous-même, monsieur Tarliug, à quoi sert votre science de la création , sinon à vous faire perdre la meilleure partie du jour en inutiles recherches dans les bois? Mais, par tous les diables ! les choses ne peuvent continuer de celte manière ; chacun doit vivre pour soi et se suffire.
— Non, répondit doucement Arlhur, chacun doit vivre pour tous et aider au bien-être des autres. Ayez un peu de patience, Ritler, Theure viendra de prouver que nos forces et nos facultés peuvent servir à quelque chose ; car il n'y a d'inutiles, ici-bas, que les égoïstes.
Mais, malgré ces promesses, Georges continuait à fournir presque seul la subsistance quotidienne. Enlin, un soir, après plusieurs heures passées à la pêche sans avoir pu rien prendre, sa ligne fut emportée par le seul poisson qu'il eût rencontré. En voulant le poursuivre, son pied nu rencontra un corail qui lui fît une profonde blessure , et il ne put regagner ïajoupa qu'avec des souffrances et des efforts inouïs !
De son côté, William, qui venait de rentrer avec son oiseau apprivoisé, n'apportait rien, et Tarling était absent ; il herborisait sans doute au revers du coteau !
Ritler exhala sa colère en malédictions contre les autres et contre lui-niêuje. S'il n'avait voulu s'occuper que de ses besoins, rien ne lui eut manqué, et il aurait encore une abondante réserve; mais il avait eu la sottise de se faire le pourvoyeur des autres; il avait épuisé pour eux les ressources de l'ile, en même temps que ses forces, et maintenant il se trouvait condamné
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à mourir de disette par suite de sa folle géuérosité. William et la malade écoutaient ces reproches sans répondre, car eux-mêmes souffraient de la faim. Après deux mois d'attente, ils se retrouvaient placés dans la même situation que le jour de leur naufrage, alors qu'une sorte de divination de mislress Koppel les avait tous préservés de la mort. Georges continuait à déplorer tout haut ce qu'il appelait sou imprudence.
— Où est maintenant le savant? s'écriait-il en faisant allusion à Tarling; il s'occupe, sans doute, à compter les feuilles d'une tleur ou à dessécher une herbe, dans l'espérance que je lui aurai péché son souper. Je voudrais que chaque potence des trois royaumes fut garnie d'un de ses pareils.
— Vous avez tort, Ritler, dit Arthur, qui venait de paraître à la porte de Vajoupa ; car le savant a bien employé la journée.
— Et que nous apporte-t-il? demanda l'ancien contrebandier ironiquement ; un insecte rare, une pierre curieuse, ou quelque touffe d'herbe décorée d'un nom latin ?
— Rien de tout cela, Hitler.
— Quoi donc, alors?
— L'abondance pour aujourd'hui et pour toujours. A ces mots, Tarling retira d'un panier d'écorce de
balibayo^ tressé par mistress Koppel, des racines féculentes que, grâce h ses longues recherches, il avait enfin découvertes : c'étaient le papao et le baba, aroïdes en usage parmi toutes les populations de l'Océanie, et que ses études lui avaient fait connaître. Il avait égale-
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meut aperçu des gisements de gapsgaps et alignâmes qui approchaient de leur maturité. 11 expliqua à ses compagnons leurs propriétés nutritives et les moyens de les multiplier par la culture, de manière à ne plus craindre la disette.
Cette bonne fortune inattendue rendit Tespoir à Georges, qui se laissa panser par mistress Koppel, tandis que William préparait le repas.
Mais la blessure était plus grave que Ritler ne l'avait cru d'abord. 11 dut rester kVajoKpa, les jours suivants, dans un repos forcé. Or, accoutumé h la vie en plein air et à toutes les distractions d'une activité laborieuse, il ne tarda pas à tomber dans un sombre ennui. Ce fut alors que mistress Koppel lui devint utile par sa conversation aimable, ses soins attentifs et surtout par son exemple. Elle l'accouiuma à la patience, lui apprit les mille petites compensations que l'habitude de la maladie fait découvrir dans la souffrance même ; elle linitia doucement aux joies intimes qui lui étaient inconnues. Cette Ame grossière se dégageait insensiblement de sa rude enveloppe ; elle devenait plus sympathique et plus compréhensive, elle entrait dans des cercles successifs d'émotions et de plaisirs dont elle n'avait même point jusqu'alors soupçonné l'existence. 11 ne haussait plus ■jesépauh^s quand la malade chantait un cantique; loin de là, il aim.iii celte voix faible et douce qui lui apportait comme une vn^rue réminiscence de celle de sa mère. En écoutant les pi'ieres répétées chaque soir et chaque malin par ujistress Kop[)el» il se rapj)ela une partie de
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celles qui lui avaient élé apprises dans son enfance ; et, ramené ainsi à de naïfs souvenirs depuis longtemps oubliés, il se mit a parler de ses premières années passées dans les hautes terres de l'Ecosse, de ses illusions d'alors, de ses scrupules, de ses joies! Ainsi, à son insu, riiomme endurci redevenait enfant, et, en se rappelant les j)ures impressions de ses premières années, recommençait à les comprendre et à les aimer.
Sa blessure allait mieux, mais la plaie mal fermée lui défendait encore la pêche pour longtemps. Un jour qu'il déplorait cette impuissance, en se plaignant avec un peu d'aigreur de la maladresse de ses compagnons, Trot déclara qu'il était prêt à le remplacer.
— Toi ! s'écria Ritler ; par le Ciel ! s'il s'agissait d'escamoter des noix de muscade ou de marcher sur la tête, je pourrais te croire ; mais qu'as-tu fait depuis notre arrivée, si ce n'est dénicher quelques œufs et perdre ton temps avec ce stupide volatile?
— Le petit John ! reprit William ; aussi vrai que nous sommes chrétiens, je veux qu'il devienne le meilleur pourvoyeur de la colonie.
— Ton oiseau?
— Mon oiseau, monsieur Hitler. Jusqu'à présent, nous étions obligés de tout faire nous-mêmes ; j'ai voulu avoir un serviteur, et je ne crois pas avoir mis trop de temps pour le bien dresser.
— Et que sait faire ton élève?
— Sans vous offenser, monsieur Georges, il pêche
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trois fois mieux que vous, et cela, sans ligue ni filets.
— Tu veux rire ?
— Vous pouvez venir au bord de la mer et en juger vous-même.
Les quatre associés se rendirent en effet sur la grève, où \e petit John commença ses exercices sous la direction de William Trot : en moins d'une heure Toiseau avait rempli de poisson le panier apporté par son maître, qui se montra plus fier que s'il l'eût péché luimême.
— Monsieur Ritler voit que je n'ai point perdu mon temps, dit-il avec une gravité enjouée; seulement, je l'ai employé autrement que lui ; chacun prend la vie comme il peut et du côté où il lui voit une anse ; il s'agit seulement de nous employer selon notre inclination.
Ce dernier exemple frappa particulièrement l'ancien contrebandier, non parce qu'il était plus concluant que les autres, mais parce qu'il venait après. Georges commença à comprendre qu'aucune faculté ne doit être dédaignée, et que toutes peuvent trouver leur place dans l'association humaine. Il avait méprisé la faiblesse de mistress Koppel, et il lui avait dû d'abord la vie, ainsi que ses comi)agnons, puis la consolation dans ses jours de souffrances et d'ennui ! Il avait accusé la science de Tarling, et tous tenaient de lui l'abondance pour le présent et la sécurité pour l'avenir; enfin, il avait méprisé les goûts puérils de William Trot, et ces goûts venaient de leur assurer un serviteur aussi inespéré ([ue précieux! Ces leçons successives guérirent Hitler de son égoïsme
et de son orgueil. Compreuaiit que les facultés qu'il avait reçues, pour être plus visibles au premier aspect, n'étaient point unicfues, et que tous les hommes de boime volonté pouvaient également concourir à la tache, il reprit ses [onctions avec un zèle aussi ardent, mais plus humble.
A mesure que les bénéfices de Tassociation se dévek)ppaient entre les quatre membres de la petite colonie, ils devenaient nécessaires Tun à l'autre, et arrivaient a mieux se compléter. Georges était la force et le courage de la société, Arthur Tarling la science, William Trot la gaieté; quant à la malade, elle en était le charme et le lien : elle représentait tous les doux instincts, tous les besoins de cœur, toutes les intimes aspirations : c'était elle qui priait, qui chantait, qui parlait à chaque naufragé de sa mère, qui entretenait parmi eux Témulation du dévouement ; elle était à la fois, dans cette société en miniature, le prêtre, la femme et le poëte ; chacun trouvait en elle une sorte de juge moral et de seconde conscience. Si mistress Koppel était contente, on avait bien fait; si elle était triste, on avait euiort! Elle semblait la loi vivante de cette famille qu'elle avait améliorée par la piété, et qu elle contenait par l'affection.
Trois années s'écoulèrent ainsi : la petite île était insensiblement devenue pour tous une nouvelle patrie; à peine leur souvenir se reportait-il, de loin en loin, sur le monde dont ils avaient été brusquement séparés.
Mais, un matin que Ritler gravissait le coteau pour
descendre au rivage, il aperçut tout à coup, aux premiers feux du jour, un navire mouillé a quelques encablures du rivage, et dont la chaloupe venait d'aborder. Il eut à peine le temps de pousser un cri; les matelots américains Tavaient aperçu, et accouraient vers lui avec des exclamations de surprise.
Ritler les conduisit h Yajoupa, où Tarling raconta en détail leur histoire au capitaine Yankee, qui les fit embarquer sur-le-champ, et remit a la voile. Enfin, après une heureuse traversée, tous quatre arrivèrent à Boston, qui était précisément lebulprimitif de leur voyage.
Rentrés dans cette société dont ils s'étaient crus retranchés à jamais, ils en reprenaient toutes les obligations et devaient suivre la voie ouverte devant chacun. Leur association de Tîle de Bergh n'avait été qu'un campement de trois années dans le désert; mais trop de liens de reconnaissance et de tendresse unissaient ces âmes pour qu'elles pussent se séparer sans déchirements. Tous quatre se tinrent longtemps embrassés et pleurèrent beaucoup : enfin, Tarling réunit leurs mains dans les siennes, et les serrant d'une dernière étreinte :
— Adieu, amis', dit-il; allons où le sort nous envoie; mais, quoi qu'il nous arrive, songeons toujours au grand enseignement qu'il nous a donné; n'oublions jamais que les plus humbles activités ont leur utilité, et qu'il y a toujours place dans le monde pour les hommes de bon désir.
ff^y»