‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 14 sur 93 · DE S . JULIEN · texte numérisé non relu

DE S . JULIEN

Se rencontrant , Renaud les étendit.

Dieu foit loué, dit-il , voilà mon lit.

Pendant cela le mauvais tems I’aflaille De toutes parts ] il n’en peut prefque plus. Tranfi de froid, immobile & perclus.

Au défefpoir bientôt il s’abandonne ,

Claque des dents, fe plaint, tremble & friffonne. Si hautement que quelqu’un l’entendit.

Ce quelqu’un-la , c’étoit une fervante ;

Et fa maîtreffe , une veuve galante ,

Qui demeuroit au logis que j’ai dit ;

Pleine d’apas , jeune , & de bonne grâce.

Certain Marquis , Gouverneur de la place L’entretenoit : & de peur d’être vu ,

Troublé , diftrait , enfin interrompu Dans fon commerce , au logis de la Dame ,

II fe rendoit fouvent chez cette femme ,

Par une porte aboutiflante aux champs ; Alloit , venoit fans que ceux de la ville En fcuflent rien , non pas même fes gens.

Je m’en étonne ; & tout plaifir tranquille K’efi' d’ordinaire un plaifir de Marquis: Plus il eft feu , plus il leur femble exquis.

Or il avint que la même foirée Où notre Job fur la paille étendu Tenoit déjà fa fin toute afiùrée ,

Monfieur étoit de Madame attendu ;

Le foupé prêt , la chambre bien parée :

Bons reftaurans , champignons & ragoûts ,

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