‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 28 sur 93 · FIENT AUX FILLES · texte numérisé non relu

FIENT AUX FILLES

I L eft un jeu divertiflant fur tous ,

Jeu dont l’ardeur fouvent fe renouvelle;

II divertit <3 c la laide & la belle :

Soit jour, foit nuit, à toute heure il eft doux. Or devinez comment ce jeu s’appelle.

Le beau du jeu n’efl connu de l’époux;

C’eft chez l’amant que ce pîaifir excelle:

De regardans pour y juger des coups ,

Iî n’en faut point ; jamais on n’y querelle.

Or devinez comment ce jeu s’apelle.

Qu’importe-t-il ; fans s’arrêter au nom ,

Ni badiner là-deffus davantage,

Je vais encor vous en dire un ufage;

Il fait venir l’efprit &: la raifon.

Nous le voyons en mainte beftiole.

Avant que Life allât en cette école,

Life n’étoit qu’un miférabîe oifon.

Coudre & filer étoit fon exercice ;

Non pas le fi en , mais celui de fes doigts;

Car que l’efprit eût part à cet office ,

Ne le croyez ; il n’étoit nuis emplois Où Life pût avoir l’ame occupée :

Life fongeoit autant que fa poupée.

Cent fois le jour fa mere lui difoit ,

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