FIENT AUX FILLES
I L eft un jeu divertiflant fur tous ,
Jeu dont l’ardeur fouvent fe renouvelle;
II divertit <3 c la laide & la belle :
Soit jour, foit nuit, à toute heure il eft doux. Or devinez comment ce jeu s’appelle.
Le beau du jeu n’efl connu de l’époux;
C’eft chez l’amant que ce pîaifir excelle:
De regardans pour y juger des coups ,
Iî n’en faut point ; jamais on n’y querelle.
Or devinez comment ce jeu s’apelle.
Qu’importe-t-il ; fans s’arrêter au nom ,
Ni badiner là-deffus davantage,
Je vais encor vous en dire un ufage;
Il fait venir l’efprit &: la raifon.
Nous le voyons en mainte beftiole.
Avant que Life allât en cette école,
Life n’étoit qu’un miférabîe oifon.
Coudre & filer étoit fon exercice ;
Non pas le fi en , mais celui de fes doigts;
Car que l’efprit eût part à cet office ,
Ne le croyez ; il n’étoit nuis emplois Où Life pût avoir l’ame occupée :
Life fongeoit autant que fa poupée.
Cent fois le jour fa mere lui difoit ,