‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 30 sur 93 · VIENT AUX FILLES · texte numérisé non relu

VIENT AUX FILLES

Sans exiger nul falaire de vous :

Il eft marchande 6c marchande , entre nous :

A Tune on vend ce qu’à l’autre l’on donne. Entrez ici ; fuivez-moi hardiment ;

Nul ne nous voit aucun ne nous entend,

Tous font au chœur; le portier eft perfonne Entièrement à ma dévotion ;

Et ces murs ont de la difcrétion;

Elle le fuit ; ils vont à fa cellule.

Mon Révérend la jette fur un lit,

V eut la baifer : la pauvrette recule Un peu la tête, 6c l’innocente dit:

Quoi , c’eft ainfi qu’on donne de l’efprit !

(J! Et vraiment oui , repart fa Révérence;

S Puis il lui met la main fur le teton :

i Encore ainfi ! vraiment oui : comment donc ?

La Belle prend le tout en patience :

II fuit fa pointe ; 6c d’encor en encor Toujours l’efprit s’infinue 6c s’avance.

Tant 6c fi bien qu’il arrive à bon port.

Life rioit du fuccès de la chofe.

Bonaventure , à fix momens delà ,

Donne d’efprit une fécondé dofe.

Ce ne fut tout un autre fuccéda :

La charité du beau Pere étoit grande.

Et bien, dit-il , que vous femble du jeu?

A nous venir l’efprit tarde bien peu.

Reprit la Belle; 6c puis elle demande :

Mais s’il s’en va ? s’il s’en va ? nous verrons :

«Èîtf®!:

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