Tome II. H
14 LES T RO Ql/E l/RS.
Vous ne voulez chat en poche donner Ni l’un ni l’autre ; allons donc confronter Vos deux moitiés comme Dieu les a faites. L’expédient fut approuvé de tous.
Trop bien voilà Meilleurs les deux Epoux Qui fur ce point triomphent de s’étendre ; Tiennette n’a ni furot , ni malandre.
Dit le fécond. Jeanne, dit le premier,
A le corps net comme un petit denier;
Ma foi ,c’eft blâme. Et Tiennette eft ambroife Dit fon Epoux ; telle je la maintien.
L’autre reprit : compere , tiens-toi bien ; Tuneconnois Jeanne ma villageoife :
Je t’avertis qu’à ce jeu. . . m’entends-tu ? L’autre manant jura , par la vertu ,
Tiennette <5c moi nous n’avons qu’une noife , C’efl qui des deux y fçait de meilleurs tours ; Tu m’en diras quelques mots dans deux jours A toi, compere; <St de prendre la talTe*
Et de trinquer : allons , Sire Oudinet ,
A Jeanne; top: puis à Tiennette; mafie.
Somme qu’enfin la foute du mulet Fut accordée, & voilà marché fait.
Notre Nocaire aflura l’un & l’autre
Que tels traités alloient leur grand chemin :
Sire Oudinet étoit un bon apôtre
Qui fe fit bien payer fon parchemin.
far qui , payer ? par Jeanne & par Tiennette.
Il ne voulut rien prendre des maris.