‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 45 sur 93 · EN E NEE R · texte numérisé non relu

EN E NEE R

Qui craint d’aimer a tort , félon mon fens.

S’il ne fuit pas dès qu’il voit une Belle.

Je vous connois , objets doux & puilfans ;

Plus je m’irai brûler à la chandelle.

Une vertu fort de vous ne fçais quelle.

Qui dans le cœur s’introduit par les yeux :

Ce qu’elle y fait , befoin n’eft de le dire ;

On meurt d’amour , on languit , on foupire :

Pas ne tiendroit aux gens qu’on ne fit mieux.

A tels périls ne faut qu’on s’abandonne.

J'en vais donner pour preuve une perfonne Dont la beauté fit trébucher ruflic.

U en avint un fort plaifant trafic:

Plaifant fût-il , au péché près , fans faute :

Car pour ce point, je l’excepte & je l’ôte ;

Et ne fuis pas du goût de celle-là Qui buvant frais (ce fut je penfe à Rome)

Difoit , que n’eft-ce un péché que cela !

Je la condamne , &: veux prouver en fomme Qu’il fait bon craindre encor que l’on foit faint.

Rien n’efi: plus vrai. Si ruftic avoit craint,

U n’auroit pas retenu cette fille,

Qui jeune & fimple & pourtant très-gentille Jufquesau vif vous l’eut bientôt atteint.

Alibech fut fon nom , fi j’ai mémoire ;

Si — 0

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