EN E NEE R
Qui craint d’aimer a tort , félon mon fens.
S’il ne fuit pas dès qu’il voit une Belle.
Je vous connois , objets doux & puilfans ;
Plus je m’irai brûler à la chandelle.
Une vertu fort de vous ne fçais quelle.
Qui dans le cœur s’introduit par les yeux :
Ce qu’elle y fait , befoin n’eft de le dire ;
On meurt d’amour , on languit , on foupire :
Pas ne tiendroit aux gens qu’on ne fit mieux.
A tels périls ne faut qu’on s’abandonne.
J'en vais donner pour preuve une perfonne Dont la beauté fit trébucher ruflic.
U en avint un fort plaifant trafic:
Plaifant fût-il , au péché près , fans faute :
Car pour ce point, je l’excepte & je l’ôte ;
Et ne fuis pas du goût de celle-là Qui buvant frais (ce fut je penfe à Rome)
Difoit , que n’eft-ce un péché que cela !
Je la condamne , &: veux prouver en fomme Qu’il fait bon craindre encor que l’on foit faint.
Rien n’efi: plus vrai. Si ruftic avoit craint,
U n’auroit pas retenu cette fille,
Qui jeune & fimple & pourtant très-gentille Jufquesau vif vous l’eut bientôt atteint.
Alibech fut fon nom , fi j’ai mémoire ;
Si — 0