‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 47 sur 93 · EN ENFER · texte numérisé non relu

EN ENFER

Tout dès l’abord à femblabîe écoliere-.

Il ne lé fit : en voiei les effets.

Comme il vouloit être des plus parfaits ,

Il dit en foi: Ruftie , que fçais-tu faire? Veiller, prier, jeûner, pourlahaire?

Qu’eff-ce cela? moins que rien; tous le font: Mais d’être feul auprès de quelque Belle ,

Sans la toucher; il n’eR viéloire telle; Triomphes grands chez les Anges en font : Méritons-les ; retenons cette fille :

Si je réfifle à chofe fi gentille ,

J’atteinds le comble , <$ c me tire du pain Il la retint , & fut fi téméraire-.

Qu’outre Satan , il défia la chair,

Deux ennemis toujours prêts à mal faire;

Or font nos Saints logés fous même toit*

Ruflic apprête , en un petit endroit.

Un petit lit de jonc pour la Novice:

Car de coucher fur la dure d’abord.

Quelle apparence ! elle n’étoit encor Accoutumée à fi rude exercice.

Quant au fouper,elle eut, pour tout fervice , Un peu de fruit , du pain non pas trop beau. Faites état que la magnificence De cé repas ne confifla qu’en l’eau Claire, d’argent, belle par excellence*

Ruflic jeûna : la fille eut appétit.

Couchés à part , Alibech s’endormit :

L’Hermite, non. Une certaine bête ,

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