DE FRERE PHILIPPE
Voyez un peu la belle affaire !
Ce que je n’ai pas fait , mon livre iroit le faire î Beau fexe , vous pouvez le lire en fureté $
Mais je voudrojrm’être acquité De cette grâce par avance.
Que puis-je faire en récompenfe ?
Un conte ou l’on va voir vos appas triompher : Nulle précaution ne les pût étouffer.
Vous auriez furpaffé leprintems& l’aurore Dans l’efprit d’un garçon ; fi dès fes jeunes ans , Outre l’éclat des cieux , & les beautés des champs , Il eût vu les vôtres encore.
Auffi dès qu’il les vit , il en fentit les coups *,
2, Vous furpaffâtes tout;il n’eut d’yeux que pour vous;
II lailfa les palais : enfin votre perfonne 5j Lui parut avoir plus d’attraits ,
Que n’en auroient à beaucoup près ,
T ous les joyaux de la couronne.
On l’avoit dès l’enfance élevé dans un bois.
Là fon unique compagnie Confiftoitaux oifeaux: leur aimable harmonie Le défennuyoit quelquefois Tout fon plaifir étoit cet innocent ramage :
Encor nepouvoit-il entendre leur langage.
En une école fi fauvage Son pere l’amena dès fes plus tendres ans.
U venoit de perdre fa mere ;
Et le pauvre garçon ne connût la lumière ,
Qu’afin qu’il ignorât les gens»