‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 5 sur 93 · DE FRERE PHILIPPE · texte numérisé non relu

DE FRERE PHILIPPE

Voyez un peu la belle affaire !

Ce que je n’ai pas fait , mon livre iroit le faire î Beau fexe , vous pouvez le lire en fureté $

Mais je voudrojrm’être acquité De cette grâce par avance.

Que puis-je faire en récompenfe ?

Un conte ou l’on va voir vos appas triompher : Nulle précaution ne les pût étouffer.

Vous auriez furpaffé leprintems& l’aurore Dans l’efprit d’un garçon ; fi dès fes jeunes ans , Outre l’éclat des cieux , & les beautés des champs , Il eût vu les vôtres encore.

Auffi dès qu’il les vit , il en fentit les coups *,

2, Vous furpaffâtes tout;il n’eut d’yeux que pour vous;

II lailfa les palais : enfin votre perfonne 5j Lui parut avoir plus d’attraits ,

Que n’en auroient à beaucoup près ,

T ous les joyaux de la couronne.

On l’avoit dès l’enfance élevé dans un bois.

Là fon unique compagnie Confiftoitaux oifeaux: leur aimable harmonie Le défennuyoit quelquefois Tout fon plaifir étoit cet innocent ramage :

Encor nepouvoit-il entendre leur langage.

En une école fi fauvage Son pere l’amena dès fes plus tendres ans.

U venoit de perdre fa mere ;

Et le pauvre garçon ne connût la lumière ,

Qu’afin qu’il ignorât les gens»

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