Tome lit M
ly8 LES LUNETTES.
Tout le minois d’un vrai croqueur de Nonne. L’autre répond : hélas ! c’eft le rebours :
Ces Nonnes m’ont en vain prié d’amours; Voilà mon mal. Dieu me doint patience;
Car de commettre une fi grande offenfe ,
J’en fais fcrupule ; & fût-ce pour le Roi ;
Me donnât-on aufii gros d’or que moi.
Le Meunier rit ; &c fans autre myflere Vous le délie, & lui dit: idiot.
Scrupule , toi qui n’es qu’un pauvre haire !
C’eft bien à nous qu’il appartient d’en faire! Notre Curé ne feroit pas fi fot.
Vite fuis-t-en , m’ayant mis en ta place :
Car auffi-bien tu n’es pas comme moi.
Franc du collier, & bon pour cet emploi.
Je n’y veux point de quartier ni de grâce: Viennent ces Sœurs; toutes, je te répond. Verront beau jeu , li la corde ne rompt.
L’autre deux fois ne fe le fait redire.
Il vous l’attache, fk puis lui dit adieu.
Large d’épaules , on auroit vu le Sire Attendre nud les Nonnains en ce lieu.
L’efcadron vient, porte en guife de cierges. Gaules &: fouets ; procefïïon de verges .
Qui fit la- ronde à l’entour du Meunier,
Sans lui donner le tems de fe montrer ,
Sans l’avertir. Tout beau , dit-il , Mefdames : Vous vous trompez; confidérez-moi bien:
Je ne fuis pas cet ennemi des femmes.
fit