‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 72 sur 93 · Tome IL P · texte numérisé non relu

Tome IL P

22 6 LES AVEU X , &c.

Comportez-vous de maniéré & de forte Que ce fecret ne foit point éventé.

Ga-dez de faire aux égards banqueroute:

Mentir alors eft digne de pardon.

Je donne ici de beaux confeils fans doute : Les ai-je pris pour moi-même? hélas 1 non.

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X XT C O JT X ,H -i. T.

]-/ E malheur des Maris , les bons tours des Agnès Ont été , de tout tems , le fujet de la fable»

Ce fertile fujet ne tarira jamais :

C’efi: une fource inépuifabîe.

A de pareils malheurs tous hommes font fujets:

Tel qui s’en croit exempt eft tout feul à le croire ; Tel rit d’une rufe d’amour ,

Qui doit devenir à fon tour Le rifible fujet d’une femblable hiftoire*

D’ un tel revers fe laifTer accabler,

Eft à mon gré fottife toute pure.

Celui dont j’écris l’aventure ,

Trouva dans fon malheur de quoi fe confoler. Certain riche bourgeois s’étant mis en ménage , N’eut pas l’ennui d’attendre trop long-tems Les doux fruits du mariage :

Sa femme lui donna bientôt deux beaux enfans. Une hile d’abord , un garçon dans la fuite.

Le fils devenu grand fut mis fous la conduite D’un Précepteur; non pas de ces pédants Dont l’afpeél eft rude & fauvage :

Celui-ci gentil perfonnage ,

Grand Maître-ès-arts , fur-tout en l’art d’aimer, Du beau monde avoit quelque ufage , Chantoit bien , &: fçavoit danfer ;

ZÆ CONTRAT .

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Et s’il faut déclarer tout le fecret myflere , Amour, dit-on, l’avoitfait Précepteur.

Il ne s’étoit introduit près du frere ,

Que pour voir de plus près la fœur.

11 obtient tout ce qu’il defire ,

Sous ce trompeur déguifemeiit :

Bon Précepteur, fidele Amant ,

Soit qu’il régente, Ou qu’il fcupire.

Il réufîlt également.

Déjà fon jeune Pupile Explique Horace Sc Virgile;

Et déjà la beauté qui fait tous fes defirs,

Sçait le langage des foupirs :

Notre maître en galanterie .

Très-bien lui fit pratiquer fes leçons ;

Cette pratique aufii-tôt fut fuivie

De maux de cœur , de pamoifons ,

Non fans donner de terribles foupçons Du fujet de la maladie :

Enfin tout fe découvre , ôc le pere irrité Menace , tempête, crie.

Le Doéïeur épouvanté Se dérobe à fa furie.

La Belle volontiers Pauroit pris pour Epoux , Pour femme volontiers il auroitpris la Belle: L’hymen étoit l’objet de leurs vœux les plus doux ;

Leur tendreffe étoit mutuelle :

Mais l’amour aujourd’hui n’efc qu’une bagatelle; L’argent feuî aujourd’hui forme les plus beaux nœuds :

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