‹ Contes et nouvelles en versChapitre 45 sur 63 · DU COMPÈRE PIERRE · texte numérisé non relu

DU COMPÈRE PIERRE

Messire Jean, c'étoit certain curé Qui prêchoit peu, finon fur la vendange; Sur ce fujet, fans être préparé, Il triomphoit; vous euffiez dit un ange. Encore un point étoit touché de lui, Non fi fouvent qu'eût voulu le meffire; Et ce point-là, les enfants d'aujourd'hui Savent que c'eft, befoin n'ai de le dire. Meffire Jean, tel que je le décris, Faifoit fi bien que femmes & maris Le recherchoient, eftimoient fa fcience , Au demeurant, il n'étoit confcience Un peu jolie, & bonne à diriger, Qu'il ne voulût lui-même interroger, Ne s'en fiant aux foins de fon vicaire. Meffire Jean auroit voulu tout faire, S'entremettoit en zélé directeur, Alloit partout, difant qu'un bon pafteur Ne peut trop bien &s ouailles connoître, Dont par lui-même inftruit en vouloit être. Parmi les gens de lui les mieux venus, Il fréquentoit chez le compère Pierre, Bon villageois, à qui pour toute terre,

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