DU COMPÈRE PIERRE
Vous n'avez pas toujours eu tant de peine
A tout ôter. Comment donc faites-vous
Quand vous cherchez vos puces, dites-nous?
Médire Jeaneft-ce quelqu'un d'étrange !
Que craignez-vous ? Eh quoi ! qu'il ne vous mange?
Çà dépêchons : c'eft par trop marchandé
Depuis le temps, monfieur notre curé
Auroit déjà parfait son entreprife.
Difant ces mots, il ôtela chemife,
Regarde faire, & fes lunettes prend,
Meffire Jean par le nombril commence, Pofe delïus une main, en difant :
Que ceci foit beau poitrail de jument.
Puis cette main dans le pays s'avance.
L'autre s'en va transformer ces deux monts Qu'en nos climats des gens nomment tétons, Car, quanta ceux qui fur l'autre hémifphère Sont étendus, plus vafles en leur tour, Par révérence on ne les nomme guère.
Meffire Jean leur fait auffi fa cour, Difant toujours, pour la cérémonie, Que ceci foit telle ou telle partie, Ou belle croupe, ou beaux flancs, tout enfin. Tant de façons mettoient Pierre en chagrin ; Et, ne voyant nul progrès à la chofe, Il prioit Dieu pour la métamorphofe.
C'étoit en vain ; car de l'enchantement Toute la force & l'accompliflement Gifoit à mettre une queue à la bête.
Tel ornement eft chofe fort honnête :
Jean, ne voulant un tel point oublier, L'attache donc. Lors Pierre de crier