LETTRE XV
CHARLOTTE A ROSETTE
Lds> ma sœur , et pleure avec nous , mais ne jbe désespère pas. Le dernier degré des maux qu'éprouve l'innocence est aussi le plus rapproché de celui de son triomphe. L'écrit dont tu trouves ci-joint un extrait , nous a été remis aujourd'hui par un voyageur dont mon pauvre frère s'est fait un ami. Il restera encore quelques jours avec .nous. .11 feut qu'il nous raconte tout , tout ce qu'il en sait. C'est un jeune homme intéressant, qui prend la part la plus vive à nos chagrins; ce qui contribue un peu à les adoucir» Que ne pouvons* nous, ma très chère amie, te réunir à notre cercle ! Tu t'appuierais sur noua, et nous aiderais à supporter nos peines. Cache cependant, et avant tout, ta douleur à ton père. Je conclus de ta lettre qqe notre malheur serait un triomphe pour loi. lErdmann , c'est le nom dé l'étranger, nous proteste d'avoir laissé mon frère triste , il est vrai , mais résigné ; quoique sans espérance, il n'est pas désespéré. En voilà assez pour les premiers jours de dette i. 3
5o ADOLPHE ET ROSETTE.
nouvelle école d'adversité. Adolphe a du courage et de l'honneur ; il se distinguera , et s'élèvera bientôt au-dessus des misérables qui lui imposèrent ses chaînes. Aide-nous , mon amie , à implorer pour hii la divine Providence. Elle ne le soumettrait pas à de si terribles épreuves > si die ne voulait pas le conserver pour toi et pour na&us , et en foire un homme d'une vertu éprouvée.