LETTRE XVII
abolphe à son père.
Je vis encore, mon excellent père, et je trouverais même supportable ma position , si elle ne me séparait de tout ce que j'ai de cher au monde. Mon amiErdmann vous aura remis la relation de ma disgrâce , et y aura suppléé par se9 récits. Depuis lors il ne m'est rien arrivé d'important; mais maintenant la guerre est déclarée, et hier notre régiment a eu l'ordre de marcher vers les frontières de la Bohême. J'ai employé, pendant cet hiver, mes heures de loisir à la lecture des bons ouvrage» sur l'art de la guerre , que me prêtait notre lieutenant-colonel, lequel m'employait souvent à lui faire des copies. Cette préférence me procure toutes sortes d'avantages qui allègent le poids de mes chaînes. Cependant je
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n'oublierai jamais que je les dois à une infime violence. Mort capitaine est un maître sévère , mais juste.- Il ne m'a encore adresse qu'une seule réprimande , mais qui a manqué de me conduire aux arrêts , parce que je m'étais avisé de me justifier. L'ouverture de la campagne aura donc lieu dans quelques semaines. Alors, mon cher père, vous aurez plus souvent de mes nouvelles. Deux de mes camarades, qui n'ignorent pas mon aventure, me proposèrent , il n'y a pas encore longtemps , de déserter avec eux. Quoique au fond de mon cœur je ne me croie pas très lié , une voix intérieure m'en détourna cependant. Ils désertèrent sans moi , et furent rattrapés. La punition terrible et ignominieuse qu'ils subirent justifia mes pressentiments. Un bourgeois de cette ville , au fils duquel je donne, depuis quelque temps, des leçons de lecture et d'arithmétique, m'a offert de vous foire parvenir cette lettre. Veuillez, mon cher père, en communiquer le contenu à Josette. J'ai oublié de vous dire que j'avais sauvé nia montre. Elle est l'unique , mais aussi le plus grand trésor qui me reste. Aussitôt que je suis seul , je baise le ruban qui y fut attaché par la main de l'amour.
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En me répondant, servez-vous de l'adresse que Ton vous donnera avec ma lettre. .
Je suis à ia vie et à la mort, votre fils reconnaissant»