‹ Contes et nouvellesChapitre 26 sur 80 · LETTRÉ XXII · texte numérisé non relu

LETTRÉ XXII

CHARLOTTE A ROSETTE

Ne t'avais-je pas dit une fois, ma sœur, que l'innocence souffrante n'était jamais si près d'être couronnée qu'au moment où elle paraissait être parvenue au dernier' point du malheur ?Mes pressentiments se sont vérifiés. Tu trouveras ci-joint, ma chère, mon adorable amie , l'évangile de notre bonheur domestique. Je n'entreprendrai pas de t'en tracer le tableau; je laisse ce soin à ton cœur.

ADOLPHE Et ROSETTE. 69

Il est vrai que le courage de notre jeune héros me donne quelquefois des inquiétudes , mais ma confiance l'emporte sur mes craintes. Je ne te parle pas aujourd'hui de mon bien-aimé; tu ne dois t'occuper que du tien. Notre bon père n'oublie pourtant pas sa fille par intérêt pour son fils. Il va au premier jour faire une démarche dont je ne te dirai rien avant de pouvoir en même temps t'annoncer le succès. Toute la famille de Wertheim séjournera, pendant la belle saison, à sa superbe terre, où nous avons passé tant de soirées d'été à causer sous la belle allée de tilleuls. Elle arrive pour éviter. le spectacle des combats, dont ses possessions en Saxe sont menacées de devenir le théâtre. L'on fait ici toutes sortes de préparatifs de réception ; moi et les miens, nous y* aurons des rôles à remplir. Pour que cette lettre te parvienne plus tôt, ma bonne amie, Jeannette la remettra encore ce soir à notre bonne vieille. Aie bien soin de me renvoyer la lettre d'Adolphe le plus tôt possible.

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