‹ Contes et nouvellesChapitre 12 sur 20 · LA VILLA MARAYIUL10SA · texte numérisé non relu

LA VILLA MARAYIUL10SA

ment son aïeul a dépouillé ce musée pour avoir des carrosses et des cuisiniers, si rien ne manque.

— Encore si toutes les copies qu'ils ont fait faire des tableaux vendus étaient bonnes, seigneur comte, reprit Policastro ; mais ce sont de déplorables imitations, sans goût et sans adresse. .Je vous le répète, l'ombre de ces rideaux n'a plus la puissance de cacher tant de hideux mensonges.

— Policastro, l'enthousiasme est un grand coloriste: pour t'en convaincre, je te citerai ce riche jeune homme qui sera bientôt mon gendre. Il a pris ceci pour un véritable Caravane.

— Bon jeune homme ' répliqua l'aubergiste d'un air narquois.

— Ceci pour un Giordano.

— Ame noble et sans fard !

— Ceci pour un Jules Romain.

— Sa mère sera bénie entre toutes les femmes.

— Ceci pour un Michel-Ange.

— C'est un saint.

— Et ceci, Policastro, pour un Raphaël.

— Il ira au paradis : c'est un dieu !

Et l'aubergiste et le comte se prirent à rire d'une façon si ironique et si bruyante, que, dans ma colère, je crus entendre rire aussi toutes ces exécrables copies, devant lesquelles je m'étais agenouillé. Dieu me pardonne, l'infâme Romain derrière lequel j'étais blotti, riait aussi. Pollion devait être aussi une copie.

— Et s'il savait, reprit l'aubergiste, que ce tableau qu'il croit de Raphaël, l'honnête jeune homme, est de vous et de moi. Je l'ai dessiné, et vous l'avez peint. L'o-

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