SCÈNE II
TCHING-PEÏ
Je suis Tching-peï. Mon père légitime est Tchingihg ; mon père adôptif est Tou-'an-kou. Pendant le jour, je m'exerce à l'art de la guerre; et le
soir, je cultive les lettres. Je reviens maintenant de la place d'armes, il faut que j'aille voir mon père Tching-ing.
tching-peï , apercevant Tching-ing.
Mon père, votre fils revient de la place d'armes.
TCHING-ING
Allez prendre le riz.
tching-peÏ, seul.
Eh bien! sortons. Je ne puis m'empècher de penser que les autres jours, dès que mon père m'apercevait , il me recevait avec un visage épanoui. Mais aujourd'hui, en me vojant venir, il parait accablé, abattu; il ne cesse de répandre des larmes. J'ignore quelles pensées l'occup. nt et le tourmentent; je vais aller l'interroger. [Parlant à Tching-ing.) Qui est-ce qui vous a offensé? Mon père, dites à votre fils ce qu'il peut avoir fait pour vous déplaire, et daignez lui pardonner.
TCHING-ING
Quand je vous le dirais, vous ne pourriez rien faire pour votre père et votre mère. Allez prendre le riz. [Il verse des larmes.) Tching-peï, reslez à lire dans la Bibliothèque ; il faut que j'aille un instant dans la salle du fond : je reviendrai tout à l'heure.
( // laisse son livre et fait semblant de sortir. )