Pénétrez bien le vrai sens de ce que vous entendez
3.° Conservez un front serein et tranquille; rien ne vous conciliera plus puissamment les cœurs.
4-° Témoignez par voire maintien de justes égards à ceux avec qui vous vous trouvez.
5.° Quand vous agissez, donnez tous vos soins a ce que vous faites.
6.° Quand vous parlez, soyez sincère et vrai; que votre langue soit l'interprète fidèle de votre cœur.
7-° Dans les conjonctures embarrassantes, examinez bien qui tous devez surtout consulter.
8.° Dans la colère, représentez-vous fortement les suites funestes de la vengeance.
9.0 Dans les moyens de vous enrichir, pensez toujours à la justice.
Ces gens qui ont l'extérieur de la vertu, sans la porter dans leurs cœurs, ressemblent à ces coquins qui volent la nuit, et paraissent fort honnêtes gens le jour.
Le prince King-koung avait mille attelages de quatre chevaux : il est mort; et le peuple n'a pas trouvé en lui une vertu.
Écouter en courant les préceptes de la vertu, en parler en courant à son tour, les recevoir par les oreilles, et les rendre par la bouche, s'embarrasser fort peu de se les appliquer ou d'en pénétrer les autres; c'est marquer pour la vertu le plus coupable mépris.
La justice, et non la valeur, mérite la première, place.
Le sage veut bien mériter de tous les hommes; il n'est cependant pas inaccessible à la haine. Il hait ceux qui divulguent les défauts des autres. Il hait des hommes Ails qui, dans leur bassesse , osent juger impudemment les chefs de la nation, les condamner et murmurer contre eux. Il hait ces bravaches qui, fiers de leur courage, ne connaissent pas de frein. Il hait cette espèce d'hommes qui se complaisent sottement à eux-mêmes, qui tiennent à leur propre sentiment, obstinés, opiniâtres, prêts à tout entreprendre, et ne consultant jamais la raison.
Un père est pour ses en fans ce qu'est le Ciel même pour les choses créées.
La perfection de l'amour filial est de suivre la vertu pour ne pas faire rougir son père, et d'acquérir un grand nom pour faire rejaillir sur lui quelques rayons de sa propre gloire.
Que vos discours soient intelligibles -, et que cela vous suffise.
Comment parle le Ciel? quelle voix empruntet-il pour nous instruire? Les saisons achèvent leur cours; tout naît, tout se renouvelle. C'est par ce silence éloquent qu'elles annoncent ce principe secret clans lequel tout est mu.
Es-tu seul : observe la modestie. Fréquentes-tu les hommes : conserve bien la candeur.
Quelque chose de malhonnête s'offre-t-il à tes jeux; ne le vois pas : frappe-t-il ton oreille; ne l'entends pas : se présente-l-il à ta bouche; tais-toi.
On écouta avec respect les paroles du sage Confueius, si bien récitées par le jeune Hàn-vven. Tous les juges s'accordèrent à dire qu'il était impossible d'en mieux comprendre l'esprit et le sens; ce fut là un concours très-mémorable. Quand il fut terminé, et qu'on eut dressé la liste des candidats qui avaient réussi dans les trois compositions, Hân-wen se trouva le
premier, et en conséquence il obtint le tilre de Kiaï-Yoûn ; c'est le grade le plus élevé qu'on puisse obtenir dans le concours de province.
A cette nouvelle, les parens de Hàn-wen sont transportés de joie. Pour lui, il cachait sa joie sous une apparence de gravité. Il assista au repas Lou-ming-Yen, où présidait le vice-gouverneur de la province, il fut promené en triomphe autour de la ville ; puis, après avoir été rendre ses devoirs aux examinateurs du coucours, et après s'être acquitté de tous les devoirs d'étiquette et de convenance, il s'en retourna chez ses parens, plein d'un tendre espoir. Or, voici ce qu'il chantait en chemin :
La belle et bonne enfant m'a donné rendezvous dans un coin de la ville ; c'est-là qu'elle veut que je l'attende. Je suis plein de bonheur, et elle ne parait pas, et ma tête se penche de çà et de là.
La belle et modeste fille m'a rendu fou avec son cadeau ; il est de couleur rouge : Tout brillant qu'il est, j'aime encore mieux l'éclat de l'honneur de cette fille.
Elle a cueilli dans les champs la plante Y ; elle
jrjie Fa apportée. Cette plante est belle , sans doute ; elle est rare; n'importe, je n'j vois rien de beau ? si ce n'est que c'est la jeune fille qui me l'a donnée.
Il marchait ainsi plein de joie, lorsqu'à l'approche de la ville il rencontra tous ses parens et tous ses amis, qui venaient au-devant de lui, et à leur tête il reconnut Kong-fou son frère et sa tendre sœur Hiu-chi.
— Cher frère, lui dit sa sœur, que je suis heureuse de vous voir honoré d'un titre si éminent! Nous voilà bien payés de toutes les inquiétudes que votre éducation nous a données. A présent nous ne formons plus qu'un vœu, pour que vous pussiez être un jour nommé docteur, et que vous obteniez des honneurs pour vos parens qui sont morts. A présent il faut que je vous dise une circonstance importante que vous ignorez. Votre père et votre mère vous ont jadis fiancé , tout petit que vous étiez, avec une petite fille qui est devenue grande aujourd'hui : c'est la fille du général des frontières, Pé-ing. Elle est blanche, douce et modeste, et elle se nomme Pi-
lien. Pé-ing a déjà reçu les présens de noces comme gage de notre promesse, et les deux familles ont sanctionné ce mariage suivant les rites prescrits. Mais j'ignore, cher frère, quelles sont vos dispositions.
— Mon frère et ma sœur, répondit Iïàn-wen, heureux de voir combien le hasard le servait, en lui donnant comme fiancée celle qu'il aimait dans son cœur, vous m'avez servi de père et de mère; vous m'avez aimé et protégé dès mon enfance : je ne pourrai jamais être- assez reconnaissant pour vos bontés. Mes succès dans les lettres et mon noble titre, c'est à vous que je les dois; si le Ciel me favorisé encore, et. que j'arrive au grade de docteur, je ne manquerai pas de demander à sa Majesté des titres et des honneurs pour mon père et pour ma mère, qui sont morts, et pour vous, qui m'avez servi de père et de mère. Quant à mon mariage avec la noble fille de Pé-ing, je vous prie de vouloir bien en régler toutes les dispositions. Puisque vous ne me jugez pas trop indigne d'elle, je me soumets
d'avance à tout ce que vous déciderez; mais je vous prie d'attendre la fin de mon concours de printemps. Nous choisirons ensuite un jour heureux pour accomplir cette union, qui est l'objet de toutes mes espérances.
— Cher frère, lui dit Kong-fou, j'approuve entièrement l'idée que vous venez d'exprimer.
Hàn-wen se disposa donc à partir pour la capitale, afin de subir son troisième examen, par lequel il devait obtenir le grade de docteur.
Si vous désirez connaître la fin de cette histoire, lisez le chapitre suivant.