CHANT IX
Au camp des Grecs régnent le découragement et la tristesse. Les chefs de l'armée sont réunis dans la tente d'Agamemnon, le roi des rois, et ils tiennent conseil. A la fin le roi de Pvlos, le sage Nestor, se lève et parle en ces termes:
« Illustre fils d'Àtrée, roi des hommes, Agamemnon, loi seul seras l'objet de ce discoius, parce que tu règnes sur des peuples nombreux, et que Jupiter t'a confié le sceptre et l'autorité des lois pour veiller au salut de tous. C'est à toi,
sans doute, qu'il appartient de parler; mais aussi tu dois écouter, et accomplir la pensée des autres chefs, lorsqu'un sage esprit les porte à donner des conseils utiles. Cette pensée sera ta gloire, car seul tu peux l'exécuter; pour moi, je dirai ce qui me semble le plus avantageux; nul ne peut, je crois, imaginer un meilleur avis; j'y songe à présent, et depuis long -temps, depuis ce jour où tu osas, grand roi, enlever la jeune Briséis des tentes d'Achille irrité. Ah ! ce fut bien malgré nos vœux : combien moi-même n'ai- je pas cherché à t'en dissuader? mais, vaincu par ton cœur superbe, ta as outragé ce héros qu'honorent les immortels, et tu retiens sa récompense. Ainsi donc délibérons encore aujourd'hui, afin de pouvoir le fléchir par des présens pacifiques et par de douces paroles. s
Ainsi parle le vieux Nestor; tous approuvent son discours, Agamemnon le premier. Trois ambassadeurs se rendront aussitôt dans la lente du fils de Pelée, Phœnix chéri de Jupiter, le grand Ajax et le divin Ulysse.
Ils suivaient le rivage de la mer bruyante, priant le puissant Neptune de fléchir l'ame superbe du fris de Pelée. Arrivés près des tentes et des vaisseaux thessaliens, ils trouvèrent le héros qui charmait ses douleurs aux sons harmonieux d'une lyre ; pour calmer son ame, il chantait les faits éclatans des guerriers illustres. Le seul Palrocle, assis non loin de
là, attendait en silence qu'Achille eût cessé de chanter. Conduit par Ulysse, les envoyés s'avancent, et s'arrêtent devant Achille. Le héros, étonné, se lève, et tenant toujours sa Ivre, il abandonne le siège où il reposait; Patrocle se lève à l'aspect de ces guerriers. Alors le vaillant Achille, leur tendant la main:
« Je vous salue, dit-il, héros qui m'abordez en amis; sans doute une dure nécessité vous amène, ô vous qui, de tous les Grecs, malgré mon courroux, me fûtes toujours les plus chers. »
A ces mots, le noble Achille les introduit, et les fait asseoir sur des sièges que recouvrent des tapis de pourpre; puis il s'adresse à Patrocle, et lui dit:
« Fils de Mcenétius, apporte l'urne la plus profonde, et remplis-la du vin le plus pur; distribue les coupes à chacun de nous, car les héros qui me sont les plus chers reposent aujourd'hui sous ma tente. »
Aussitôt Patrocle obéit aux ordres de son compagnon. 11 met sur le feu un grand vaisseau, où il a mis la moitié d'un mouton, la moitié d'une chèvre , et tout le dos d'un cochon engraissé. Pendant qu'Automédon tient ce grand vase, Achille coupe lui-même ces viandes, les met par morceaux , en garnit plusieurs broches, et Patrocle allume un grand feu : après que la flamme est
éteinte, il fait un lit de charbons embrasés, il y étend les broches, et répand le sel nécessaire sur ces viandes, en les levant de dessus leurs chenets. Quand ces mets sont bien rôtis et rangés en différens plats, Patrocle sert sur la table les pains qu'il prend dans de belles corbeilles; Achille fait les portions, s'assied vis-à-vis d'Ulysse, et ordonne à Patrocle d'offrir le sacrifice ordinaire avant le festin: Patrocle obéit, et jette dans le feules prémices des viandes. Ces prémices étant offertes, chacun mange de ce qui est servi devant lui. Après qu'ils eurent soupe, Ajax fait signe à Phœnix. Ulysse aperçoit ce signe, et remplissant sa coupe de vin, il la présente à Achille, et lui dit : «Divin fils de Pelée, recevez nos actions de grâces pour le bon accueil que vous nous avez fait. Nous avons été reçus à votre table comme à la table même du roi Agamemnon, et nous avons trouvé chez vous la même magnificence. Mais aujourd'hui le plaisir de la bonne chère nous touche peu, vous nous voyez accablés de douleur, et saisis de crainte. La journée de demain va décider de la destinée de tous les Grecs. Nos vaisseaux vont être en proie aux feux des Trovens, si vous ne vous armez de votre force et de votre courage; nos fiers ennemis avec leurs alliés sont venus camper près de nos retranchemens, et ont allumé dans tout leur camp des feux qui éclairent tout le rivage. Ils se vantent
que rien ne pourra les arrêter, et qu'ils pénétreront jusques dans nos vaisseaux. Jupiter leur envoie à tout moment des signes favorables par ses éclairs et par ses tonnerres, et Hector, tout fier de ses forces, et plein de confiance en la faveur de Jupiter, ne respire que le sang et le carnage; il défie les hommes et les dieux, et ne pouvant ni contenir ni modérer la rage qui l'anime, il demande seulement de voir paraître l'aurore, et promet qu'il viendra arracher de nos vaisseaux les images sacrées de nos dieux, embraser toute notre flotte, et nous passer tous au fil de l'épée au milieu de ces flammes et de ces feux; et je crains bien que les dieux ne laissent pas ces menaces sans efTet, et que ce ne soit le destin des Grecs de périr loin d'Argos sur le rivage de Troie. Mais levez-vous, divin Achille, si vous pouvez enfin, quoique tard, vous résoudre à sauver les Grecs de la fureur des Troyens; celte occasion manquée vous laissera toute votre vie un repentir dévorant. Quand le mal est fait, il n'y a plus de remède; prévenez-le donc pendant qu'il est encore temps, et pensez promptement au mojen de nous arracher à la cruelle 'mort qui nous menace. Mon cher Achille, que ne vous dit point le roi votre père le jour qu'il vous envoya de Phthie à Agamemnon? quels conseils ne vous donna-l-il pas? — Mon fils, vous dit-il en vous embrassant; Minerve et Junon vous accorderont la victoire sur
Vos ennemis quand elles le jugeront à propos, mais souvenez-vous de modérer votre fierté, et de réprimer votre colère .; la douceur vaut toujours mieux que la force; évitez les querelles, source féconde de toute sorte de malheurs, et croyez que la bonté et l'humanité vous feront plus honorer des Grecs, que la dureté et que la violence. Voilà les sages instructions que vous donna ce vénérable vieillard, et vous les avez oubliées; mais il est encore temps d'en profiter; apaisez -vous et renoncez à cette colère qui vous dévore. Si vous faites ce noble effort sur vous-même, Agamemnon vous offre des dons dignes de vous. Ecoutez-moi* que je vous dise les présens que le roi vous offre; il vous promet sept beaux trépieds, qui ne sont que pour l'ornement, dix talens d'or, vingt Hases précieux qui ne craignent pas les flammes, douze beaux chevaux accoutumés à vaincre dans les jeux, et qui ont déjà remporté des prix très-magnifiques ; un homme quel qu'il soit, serait déjà très-riche, et il verrait l'or rouler dans sa maison, quand il n'aurait pour toute fortune qu'autant de prix que ces fougueux coursiers en ont rapporté de leurs combats et» de leurs courses. Le roi Agamcmnon vous donnera encore sept esclaves Lesbiennes, trèsbien élevées, et instruites à faire de beaux ouvrages; il les choisit lui-même pour sa part du butin, quand vous vous rendues maître de la belle
ville de Lesbos; elles sont d'une be.auté qui efface toutes les autres femmes ; il vous les donnera, et à leur tète il vous enverra la fille de Brisés, qu'il vous a enlevée, et qui est la fatale cause de votre courroux. Voilà les présens qu'Agamemnon vous fera dès aujourd'hui; et si jamais les dieux nous accordent la grâce de saccager la superbe \iile de Pria m, vous remplirez à souhait vos vaisseaux de toutes sortes de richesses, quand nous partagerons le butin, et vous aurez pour votre part vingt . Troyennes, qui ne céderont qu'à Hélène seule le prix de la beauté ; et quand nous serons de retour à Argos, où règne l'abondance, vous serez son gendre, et vous tiendrez dans sa cour la même place qu'Oresle, son fils unique, qu'on élève avec un éclat digne de sa naissance. Ce prince a trois filles, Chrysothémis, Laodice et Iphianasse : vous en aurez le choix, et sans avoir fait aucun présent, vous emmènerez dans le palais du roi votre père celle qui aura été la plus agréable à vos veux; et celte princesse vous portera une si grosse dot , que jamais roi n'en a donné de si considérable à sa fille; car il vous donnera sept grandes villes bien peuplées, Cardamjle, Enope, llirc, quia de si beaux pâturages, la charmante Phérès, Anthéc, qui a les plus belles prairies du monde, Aïpée, et Pédase, célèbre par ses bons vins : elles sont loulcs sur les confins du sablonneux territoire
delMos, cl dans le voisinage de la mer. Les peuples qui 1rs habitent sont tous riches en troupeaux; ils tous offriront tous les jours de nouveaux dons comme à un dieu, et gouvernés justement sous votre sceptre , ils vous paieront avec joie de riches tributs. Voilà ce qu'Agamemnon fera pour vous, si vous renoncez à votre colère. Que si ce prince vous devient tous les jours plus odieux, et que vous méprisiez ses présens, avez au moins pitié de tous les Grecs, qui sont réduits à la dernière extrémité, et qui vous honoreront comme un dieu. Non -seulement vous les empêcherez de périr, mais vous leur acquerrez une gloire immortelle; car vous allez faire tomber sous vos coups le terrible Hector, qui vient exercer ses fureurs jusqu'à votre vue, et qui est persuadé que de tous les Grecs que nos vaisseaux ont apportés sur ce rivage, il n'v en a pas ua qui ose s'opposer à ses efforts. »
Achille, sans s'émouvoir, lui répond :« Divin fils de Laerte, prudent Ulysse, il faut vous répondre avec franchise et en peu de mots , et vous déclarer ma dernière résolution, dont je ne me départirai de ma vie, afin que vous ne veniez pas me persécuter les uns après les autres. Je hais plus que la mort ceux qui déguisent leurs senti mens. Je vous déclare donc que ni Agamemnon, ni tous les Grecs ensemble ne me fléchiront jamais. Quel gré me sait-
on de ce que j'ai comballu sans relâche el soutenu tout le faix de la guerre? Celui qui ne quitte pas M tente, a la même ]>art au butin que celui qui combat; le vaillant n'est pas plus honoré que le lâche, et celui qui n'a rien fait meurt regretté comme celui qui s'est couvert de gloire et qui a mille fois teint la terre du sang ennemi. Que me rcste-t-il de toutes les fatigues que j'ai essuyées en exposant ma vie aux plus grands périls? Gomme un oiseau a soin de ses petits qui ne peuvent encore voler, et s'expose à toutes sortes de dangers et de fatigues pour leur porter la nourriture dont il se prive, moi aussi j'ai essuyé pour les Grecs des dangers et des fatigues sans nombre; j'ai passé les nuits sans dormir, et les jours dans le sang et dans le carnage, combattant toujours pour leurs femmes. J'ai pris douze grandes villes par mer avec mes seuls vaisseaux, et onze par terre autour de Troie. Dans toutes ces villes j'ai fait un très-riche butiu : je l'ai toujours porté aux pieds d'Agamcmnon, el ce grand roi, après s'être tenu tranquillement dans sa tente, sans avoir vu seulement tirer l'épée, recevait ce butin, en distribuait une petite partie à mes soldats, retenait le reste pour lui, et en faisait, à son gré, des présens aux généraux et aux princes. Ils ont tous encore les présens qu'ils ont reçus ; il n'y a que moi seul qu'il a choisi pour m "enlever ceux qu'il m'avait
donnés; voilà toute la préférence qu'il m'a marquée. Il a à ses côtés la femme qu'il m'a ravie : qu'il la garde. Mais pourquoi les Grecs font-ils la guerre aux Troyens? À quel dessein a-t-il assemblé une si nombreuse armée sur ce rivage? N'est-ce pas pour faire rendre Hélène à Ménélas? N'y a-t-il donc que les Atrides qui aiment leurs femmes? Tout honnête homme aime celle qu'il a choisie , et il en a soin ; c'est ainsi que j'aimais la mienne* toute ma captive qu'elle était. Il me l'a enlevée après m'en avoir fait présent, et il m'a trompé, Qu'il ne cherche donc pas à me tromper encore; je le connais trop, et il ne viendra pas à bout de me persuader. Il n'a qu'à chercher avec vous, prudent Ulysse, et avec les autres rois les moyens de garantir ses vaisseaux des flammes dont ils sont menacés. Sans moi il a déjà fait de si grandes choses: il a fermé son camp d'une grande muraille ; il a environné cette muraille d'un large fossé, et il a fortifié ce fossé d'une bonne palissade, et avec tous ces retranchemens il ne peut encore repousser l'homicide Hector? Tant que j'ai combattu à la tête des Grecs, jamais ce terrible Hector n'a osé tenter le combat loin de ses murailles; à peine osait-ii sortir des portes Scées et s'avancer jusqu'au chêne: là il n'a eu qu'une seule fois le courage de m 'attendre» cl il eut bien de la peine à se sauver de mes mains. Présentement donc que j'ai résolu
de ne plus combattre contre le divin Hector, dès demain, après que j'aurai sacrifie à Jupiter et aux autres dieux, je ferai mettre mes vaisseaux en mer, et il ne tiendra qu'à vous de voir à la pointe du jour ces vaisseaux fendre les vagues et l'HelIespont gémir sous i 'effort de mes rameurs. Que si Neptune m'accorde une heureuse navigation , j'arriverai le troisième jour à la fertile Plilhie. Je trouverai là toutes les richesses que j'j ai laissées eu partant pour cette malheureuse expédition, et encore j'j porterai de l'or, de l'airain, du Fer, et jV mènerai de belles femmes en assez grand nombre; car c'est là le fruit qui m'est échu de mes conquêtes, et on n'a pu me le ravir. Le seul bien que je tenais du roi Agamemnon , il me l'a ravi, et il m'a fait le plus sensible affront qu'on puisse faire à un homme de cœur. Rapportez-lui donc ma réponse, et dites-lui en face et publiquement tout ce que je vous dis pour lui, afin que tous les Grecs apprennent à s'en défier, et qu'ils se mettent à couvert de toutes ses tromperies; car, revêtu d'insolence comme il est, il ne finira pas par moi : mais tout insolent qu'il est, il n'oserait soutenir ma vue. Déclarez -lui donc de ma part que je ne le servirai jamais, ni de mes conseils, ni de mon épée. Il m'a offensé, il m'a trompé une fois : c'est assez; il ne me trompera pas davantage. Qu'il me laisse en repos; qu'il périsse et qu'il
suive sa mauvaise destinée, puisque Jupiter l'a livré à un esprit de vertige et d'étourdissement. Ses présens me sont odieux, et je le méprise comme un vil esclave. Quand il m'offrirait dix fois et vingt fois autant de richesses qu'il en a, et plus encore; quand il me donnerait tous les trésors qui entrent dans Orcliomène ou dans Thèbes d'Egypte, qui est la plus riche ville du monde, et qui a cent portes , par chacune desquelles sortent deux cents guerriers avec leurs chevaux et leurs chars : non, quand il me donnerait autant de talens d'or que le rivage de la mer a de grains de sable, avec tous ces immenses présens Agamemnon ne me fléchirait jamais. Pour me fléchir, il faut qu'il efface auparavant l'affront qu'il m'a fait et qui me dévore. Je ne veux point de sa fille, quand même elle disputerait de beauté avec la belle Vénus et d'adresse avec la savante Minerve ; avec toutes ces grandes qualités et tous ces charmes je ne l'épouserais jamais. Qu'il cherche parmi les Grecs un autre gendre qui lui convienne et qui soit plus grand prince que moi. Si les dieux me conservent, et que je retourne heureusement dans ma patrie, le roi, mon père, saura me choisir une femme. Il y a tant de belles princesses dans la Grèce et dans Phthie, toutes filles de princes qui par leur valeur et par leur prudence savent conserver leurs Etats : j'en aurai le choix, et il
q'j a point de roi qui ne se tienne honoré de mon alliance. Aussi tous mes désirs ne tendent plus qu'à mener une vie tranquille; et après avoir épousé une femme digne de moi, une femme pleine de vertu et de sagesse, je ne songerai qu'à jouir des biens que mon père m'aura donnés. La vie est d'un prix que rien n'égale; ni les trésors qu'enfermait le superbe Ilion avant l'arrivée des Grecs, et pendant qu'il jouissait de la paix, mère de l'abondance; ni tous ceux qui sont consacrés dans le magnifique temple d'Apoll'on à Rytho, rien n'est comparable à la vie. On peut acquérir de nombreux troupeaux, ou gagner des trépieds d'or, et des chevaux qui ne seront jamais vaincus à la course; mais notre ame, quand elle a une fois abandonné notre corps, ne revient plus l'animer. La déesse ma mère, la belle Thélis, m'a souvent dit que les destinées m'avaient ouvert deux chemins bien diflerens pour arrivera la mort : que si je m'opiniàtrais à demeurer ici, pour combattre devant Troie, toute espérance de retour était perdue pour moi; mais qu'en revanche j'acquerrais une gloire immortelle : au lieu que si je prenais la résolution de m'en retourner dans ma patrie, il n'jr avait plus pour moi de gloire immortelle, mais qu'aussi je jouirais d'une longue vie, et que la mort ne viendrait trancher mes jours qu'au bout d'une très-longue et paisible carrière. Pour moi,
non-seulement je choisis le dernier parti; mais je conseille aussi à tous les Grecs de suivre mon exemple et de s'en retourner; car jamais ils ne verront la fin de cette guerre, et ne saccageront le superbe llion ; Jupiter le couvre de sa main invincible, et la force et le courage de ses peuples se renouvellent et s'augmentent tous les jours. Allez donc, allez faire votre rapport à tous les chefs de l'armée: et, ce qui est le principal devoir de personnages comme vous, exhortez-les à prendre de plus jusles mesures pour sauver leurs troupes et leurs vaisseaux, car pour la ressource qu'ils crojaient avoir trouvée en moi, si je venais à surmonter mon ressentiment, ils n'ont qu'à se détromper; ils sont bien loin de leurs espérances. Allez vous deux, mais pour Phœnix, il peut demeurer, et passer la nuit dans ma tente; il partira demain avec moi s'il veut me suivre, car il est libre, et je ne l'emmènerai pas malgré lui. »
Il dit : et ils demeurèrent tous dans un profond silence, consternés de son discours; car il les avait refusés avec toute la dureté possible et sans aucun ménagement.