‹ Contes et romans alsaciensChapitre 60 sur 62 · SI · texte numérisé non relu

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miMil Canal de Lessejts. imisiiuo c'est lui i|ui l'a l'ait ; — s'il élail roi ou oniiioreur, ou n'aurait pas attendu si longtemps.

Nous arrivions donc h Suez, M. Uodol- Iiho et moi, entre onze heures et midi, el nous allions prévenir tout de suite le payeur de la Compagnie, M. Lesieur, de notre arrivée. Il demeurait dans une maison arabe, derrière l'hôtel d'Orient ; c'était un homme Irèsagréable, aimant i^i s'informer di>s nouvelles; sur le vu de notre bon, il nous disait de repasser dans une ou deux heures, et nous allions déjeunera l'hôtel de Normandie, chez un nommé Alexandre, (jui faisait très-bien la cuisine à la française. Les coquillages, le rôti et le bon vin ne manquaient pas ; c'était le meilleur coin du port ; les amis do Clialouf me l'avaient indiqué.

Le déjeuner fini, nous retournions compter notre argent, le ficeler dans les sacs et le mettre sur un chameau qui nous attendait à la porte. Après quoi nous partions, sans plus nous arrêter nulle part.

Le soir nous étions au c^impemcnt.

Jamais nous n'avons ftiit en route de mauvaises rencontres ; M. Rodolphe et moi nous étions prêts à les bien recevoir, les Grecs le savaient, ils nous laissaient le passage libre.

Les choses allaient ainsi de semaine en semaine, de mois en mois, sansincidents extraordinaires ; le nombre des ouvriers augmentait ; la tranchée, large et profonde, avançait lentement ; }>l. Lavalley venait nous voir de temps en temps sur son Old-Roderer, et vérifier l'avancement des travaux.

M. de Lcsseps, suivi toujours d'un nombreux cortège de personnages, de dames et quelquefois de dignitaires, venait aussi ; c'était alors grande fête, grande émotion, et, comme disait le père Rodolphe, le sursum corda général. On tirait les tables des baraques, on les rangeait dans la cour ; mon cuisinier Charaf se dépêchait de tordre le cou h quebjues volailles, de tuer un mouton ; les dames s'émerveillaient de son adresse ; elles voulaient tout savoii" : nos distractions, notre manière d'être, notre existence avant d'en venir là.

M. de Lesseps, lui, s'informait de nos familles, do nos parents ; je crois qu'il connaissait les oncles, les tantes, les cousins et les cousines de tout le personnel ; il prenait intérêt à tout, auosi comme on l'aimait !

Après ces visites, le travail se poursuivait avec un nouvel enthousiasme, tellement, Jean-Baptiste, que j'ai vu quelquefois des enragés ne plus vouloir quitter le chantier,

même ;\ l'iienro de midi, travailler au grand

soleil et tomber en criant :

« Vive le ainal !... Vive la France !... « Quelques gouttes de sang leur sortaient

di' la bouche et du nez: c'était fini.

xir

J'aurais pu demander, en juin 18G7, un congé de deux ou trois mois, comme plusieurs de mes camarades et bon nombre des employés de la Compagnie universelle, (jui voulaient assister ;\ la grande Exposition de l'aris. Ils l'obtinrent presque tous et partiront, conservant leurs appointements jusqu'au retour. Mais l'intérêt du travail me retenait, j'avais fini par m'attacher à Kabret-el-Chouche; et tandis ([ue les amis se promenaient en Europe, le père Rodolphe et moi, nous eûmes la magnifi(juc idée de faire venir l'eau douce à notre campement, eu contournant les dunes.

Naturellement notre rigole devait en être allongée du doujjle, mais la dépense aussi devait en être réduite des sept huitièmes.

Nous voilà donc partis un dimanche avec le niveau ; nous relevons les plans du terrain et nous reconnaissons que l'opération est facile ; cinq ou six mille francs de dépense allaient économiser 150 francs par jour à l'Entreprise pour le transport de l'eau douce à nos chantiers.

Nous faisons'approuver notre projet, et l'on se met tout de suite à l'œuvre. Tout marchait ensemble, les travaux du canal maritime et ceux de la rigole.

Nous avions établi notre, prise d'eau au kilomètre 56, et, trois semaines après, l'eau douce arrivait à notre porte, les cinquante chameaux avec leurs outres et leurs tonnelets étaient supprimés ; nous semions des radis, des pois et d'autres légumes dans nos jardinets, et, pour la première fois depuis la cinquième ou la sixième dynastie des Pharaons, le Tombeau des Oiseaux revoyait de la verdure.

Quelque temps après, les camarades revinrent de France. Ils nous racontèrent les merveilles de l'Exposition, les bons dîners qu'ils avaient faits; mais nous avions ])ien employé notre temps, nous ne regrettions pas d'être restés.

A cette époque, Kabret-el-Chouche était le

SOUVENIRS D'UN ANCIEN CHEF DE CHANTIER

soûl . chantier qui [>nl vous donner encore l'idée complète des travaux primitifs du canal; tout le reste de l'isthme s'était à peu près civilisé, on y circulait comme de Paris à Pontoise : le costume des gens, les dromadaires et les ânes faisaient toute la différence; le Tombeau des Oiseaux seul, dans l'endroit le plus aride des lacs amers, n'avait pas changé.

A la fin de cette année, l'expédition anglaise en Abyssinie compléta la ressemblance de l'isthme avec les pays européens.

Les Anglais avaient établi leur camp de ravitaillement à Suez; un de leurs grands transports remonta mènie le canal maritime jusiju'au lac Timsah, et des bateaux moindres, partant de là, transportèrent par le canal (l'eau douce leur matériel de guerre, — canons, caissons, munitions, approvisionnements de toute sorte, — à la mer Rouge.

Vingt-deux mille mulets et douze mille chevaux achetés en Egypte, en Italie, en Turquie et sur tout le littoral de la Syrie, arrivèrent ainsi ; le chemin de fer d'Alexandrie à Suez était encombré, les trains succédaient aux trains sans interruption ; si la Compagnie n'avait pas établi le canal d'eau douce quelques années avant, les Anglais auraient été Iiien embarrassés»

Les troupes, les tentes, les ambulances, les magasins de vivres s'étendaient à perte de vue sur la plage ; des bateaux en rade ne faisaient qu'embarquer tout cela dans le plus grand ordre et partaient pour l'Abyssinie.

Une affiche posée à Suez dépeupla nos ateliers et nos chantiers pour quelque temps. Cette affiche promettait à tout homme qui i-onsentirait à faire partie de l'expédition, comme conducteur de mulets, cinq fi-ancs par jour, un pantalon neuf, une bonne paire de souliers et la nourriture.

Les amateurs de changement quittèrent en l'oule la pioche pour le fouet. Ils voulaient voir du pays ; ils en ont vu.

Au commencement de ce mouvement ex- Iraordinaire, vers la fin d'octobre, trois bédouins parurent un jour sur nos chantiers, m'amenant un mulet qu'ils proposèrent de me vendre ; c'était un jumart, comme j'en avais vu quelques-uns en Espagne, les oreilles courtes et la queue de vache ; ce ne sont pas les plus beaux mulets, mais ce sont les plus solides.

Je compris tout de suite que les bandits avaient profité de la bagarre pour le voler ; je leur dis d'attendre dans ma baraque, et je donnai l'ordi-e à un de mes surveillants de rnurir nu Icilomèti-i' ÎS, prévenir lescawasdc

service de venir tout de suite, que j'avais du gibier pour eux.

Mais les bédouins, au bout d'une demiheure, se doutant de la chose, s'esquivèrent en m'abandonnant l'animal, que je fis conduire aux écuries. Ce même jour, j'écrivis au consul anglais de vouloir bien faire prendre le mulet à Kabret-el-Chouche, ajoutant de ne pas perdre de temps, que le fourrage dans l'isthme était très-rare, et qu'après un certain délai je serais forcé de le vendre pour me couvrir de mes fi-ais.

Ces messieurs trouvèrent bon de ne me répondre qu'au bout de cinquante-sept jours, et c'est le consul de France qui m'écrivit de me présenter à Suez avec l'animal.

Je partis donc le dimanche suivant, et je n'oubliai pas ma note, montant à près de trois cents francs, pour deux mois de nourriture et d'entretien.

Achmet m'accompagnait, il montait le jumart ; moi je galopais en avant, le fusil en bandoulière, tâchant de faire lever quelques canards sur le bord du canal. Je ne vis absolument rien, mais je devais faire ce jour-là une singulière rencontre.

D'abord, en arrivant là-bas, nous trouvâmes Suez dans la consternation ; le bruit courait que les Anglais avaient été battus par Théodoros ; les bateaux de la rade tiraient le canon pour hâter l'embarquement des hommes en retard ; les Européens engagés ne voulaient plus partir : c'était un tohu-bohu terrible.

Arrivés devant l'hôtel du consulat, je remis la bride de mon cheval au sais, en lui disant de m'attendre, et je gravis l'escalier, songeant avant tout à présenter ma note.

En haut, au premier, trouvant une porte entr'ouverte, je la poussai; elle donnait dans une assez vaste salle, éclairée par deux fenêtres en plein cintre garnies de vitraux, et entourée de hautes armoires grillées, pleines de registres.

C'était la salle des archives, comme qui dirait la salle de la mairie, où se trouvaient les registres de l'état civil; et quel ne fut pas mon étonnement de voir assis devant une longue table deux moines en robe de bure, le l'ère Domingo et un autre, long, maigre, le nez pointu, orné de lunettes en verre bleu, que je voyais seulement de profil, mais qui me produisit l'eHot d'une véritable fouine.

Tous les deux feuilletaient un tas de registres, me tournant le dos et me montrant kmtonsure.

Les coups de canon de la rade faisaient gre-

A I/ISTHME DE STEZ

loIlLT les vitres de seconde eu seconde, la foule courait en tumulte dans la rue ; mais rien ne dérangeait les moines, ils feuilletaient toujours.

Au bout de la table se trouvaient assis deux cmiiloyés du consulat, et un troisième, Jicr- (bc siu- une éclielle roulante, compulsait ks registres, la tète près du plafond.

Le liruit du dehors avait empêché ces gens de m'eutendi'c venir, et je restai près d'une demi-minute sur le seuil à les regarder.

« Voici la lettre D, mon Révérend Père, dit tout à coup l'employé du haut de son échelle ; vous trouverez le nom de la personne au ré- Iiertoire ; vous disiez ?

— Desrôses Julien, dit Bernard Lafosse, " répondit le Père Domingo en se levant pour aller prendre le registre que l'auti-e lui tendait de son échelle.

Mais en même temps il m'aperçut et resta stupéfait; il se rassit en me regardant d'un d'il louche.

Je m'approchai lentement et lui posai la main sui- l'épaule, en disant :

« C'est moi, mon Révérend Pèi-e, je suis beureu.x de vous retrouver ici après ce que je viens d'entendre. »

El lui, s'adressant en espagnol à l'autre moine, également étonné, lui dit avec volubilité :

« C'est l'individu que la petite réclame, l'ami de l'exécutem' testamentaire, un être dangereu.Y. »

Puis, élevant la voi.\ en fi-aucais, il me demanda :

« Qui êtes-vous, monsieur? Je ne vous connais pas.

— Comment ! vous ne me connaissez pas, suint homme ? lui dis-je en espagnol. Ah ! ah ! mon Révérend Père, c'est ainsi que vous mentez! »

.■\.lors lui, vexé de m'entendre parler salanguc, se redressa brusquement, et, me regardant face à face, il bégaya en propres termes, les mâchoires serrées :

« Eh bien ! oui, je te connais, et je me moque de toi. (Il se servit en espagnol d'un «not plus énergique.) Tu m'entends, ûl-il, je me moque de tous ceux de ton espèce. »

Il avait la figui-e terriblement mauvaise, le lion Père Domingo, eu médisant cela; ccn'était plus le bon moine s'en allant les reins courbés comme un malade, prononçant des sentences d'un ton papelard et domiaut sa bénédiction aux pauvres gens rangés siu- deux lignes, qui le contemplaient avec attendrissement lorsqu'il allait dire sa messe à notre pe-

tite chapelle du Sérapéum. Non ! il était droit ; SOS joues musculeuses tremblaient de colère, et ses yeux, d'un brun roux, me lançaient un éclair de défi.

C'était une de ces tètes dû paysan ou de soldat espagnol, rude et hardie, comme on eu voit dans les tableaux de leurs cathédrales, ce qu'ils appellent des tètes d'apôtres, mais qu'on serait fâché de rencontrer au coin d'un l)ois, sans être armé d'une bonne trique.

« Cela vous fâche, Révérend Père, lui dis-"^ je en souriant; vous êtes terriblement vexé d'être pris la main dans le sac; vous venez ici chercher les preuves de filiation, pour happer le magot de M. Van den liergh, n'estce pas"? »

Alors l'autre, se levant, s'écria d'une voix aigre :

« Vous nous insultez, malheureux, vous insultez de pauvres moines sans défense , c'est abominable ! »

Il pensait soulever les employés contre moi, mais eux, sans doute, ne tenaient pas à la confrérie, et puis ils étaient curieux de savoir le reste : cette rencontre les intéressait, ils écoutaient, et, voyant cela, je dis en me tournant de leur côté :

« Tenez, messieurs, ces gens-là sont des voleurs d'enfants ; ils ne les volent pas pour faire leur salut, oh! non!... Ils les volent poui' avoir l'héritage des parents; ils viennent ici chercher la preuve qu'il leur faut. »

J'allais leur raconter toute l'histoire , lorsque le Père Domingo me dit en espagnol :

« Si tu n'étais pas un grand lâche, nous sortirions ensemble vider cette afl'aire. »

La colère, l'indignation, me saisirent bêtement, et je criai :

« Tu m'appelles lâche, vieux cafard!

— Oui, tu as peur.

— Peiu-!... Sortons!... »

Et nous sortîmes.

L'autre n'avait plus rien dit, il resta tout rêveur.

Pendant que nous descendions l'escalier, le Père, reprenant sou ton papçlard, se mit à liredouiller :

« Imbécile, c'est ton Olympios qui va happer la petite... elle qui t'aimait.... qui ne voulait (jue toi!... C'est lui... ce Grec, qui l'aura par ta bêtise... C'est toi qui lui as tout dit... qui lui as donné de l'argent pour faire des recherches... S'il la trouve, il l'emmènera en Cirèce pour avoir- son héritage. Il l'épousera ! . . . Chez nous, elle est en sili'eté... Ce n'est pas nous, jiauvres moines mendiants, qui la dé-

SOUVENIRS n'UN ANCIEN CHEF DE CHANTIEl

pouillci-ons ; nous voulons la sauver, au contraire ; sans nous, elle serait déjà entre les mains de ce Grec, qui se serait dépèrlic de la compromettre. .. N'ous voulons la garder pour la rendre saine et sauve à son tuteur, M. Hardy, avec tous les papiers qui établissent ses droits... Et voilà... voilà comme nous sommes récompensés!... Ah! laites... faites du bien!... y

Moi, je n'entendais pas de cette oreille, et pourtant ces choses me troublaient. L'idée me passait par la tète qu'il avait peut-être raison, que le Grec voulait peut-être faire le coup pour son propre compte, et que j'avais eu tort de tout lui confier.

En bas, dans le vestibule, le Père Domingo, s'étant arrêté, demanda :

a Où "allons-nous?

— Vous m'avez défié, lui dis-je; vous êtes un ancien soldat, vous devez savoir où nous allons.

— Écoutez, dit-il, vous avez raison, j'ai servi dans le temps; vous m'avez insulté, je me suis souvenu que j'avais été soldat, et, que Dieu me le pardonne ! un instant j'ai souhaité de voir- votre sang ; mais à cette heure je suis prêtre, je me repens et je vous demande pardon. »

J'étais tout bouleversé, d'abord à cause de ce qu'il nvavai» dit d'Olympios, et puis de voii- cet homme qui se soumettait et reconnaissait ses torts.

« Frappez-moi, dit-il, frappez!... Je ne répondrai pas ; ce sera la punition de ma faute, de mon orgueil. »

Alors je lui dis :

(1 Vous m'avez appelé Lâche, et...

— C'est moi qui suis un lâche, dit-il, de n'avoir pas observé le vœu d'humilité que j'avais fait... vous voyez... je m'humilie !... »

Après cela, Jean-Baptiste, je ne savais plus quoi répondi-e : et comme dans le môme instant le consul entrait, je me dis en moimême :

« Hue le vicu.\ gueu.\ s'en aille au diable ! »

Je lui tournai le dos ; je me présentai au consul, qui vit le mulet à la porte en bon état et me dit de monter, ce que nous fîmes ensemble.

Nous entrâmes dans son cabinet, il examina la note et me dit que c'était très-bien, qu'il la ferait solder le plus tôt possible.

Il donna l'ordre à l'un de ses domestiques de d'.'Sf'cndre et de conduire le mulet aux écuries.

Cette affaire étant réglée de la sorte, l'idée des moines me revint. En passant, je regar-

dai dans la salle des archives, mais ils avaient disparu.

Je repris le chemin de Kabi-et-el-Chouche, et la pensée de la gueuserie d'Olympios ne me sortit pas de l'esprit. Je me reprochai cent fois d'avoir confié au Grec une affaire aussi grave, mais c'était fait, il n'y avait plus à en revenir, et je tâchai d'y songer le moins possible, pour ne pas me tourmenter inutilement.

Quant à l'expédition d'Abyssinie, elle suivit son cours naturel; l'annonce de la défaite des Anglais était une fausse nouvelle ; sans doute ils eurent beaucoup de difficultés à surmonter sur le littoral, avant d'arriver aux montagnes, ils perdirent du monde. Nous en voyions de temps en temps des nôtres revenir épuisés, et qui ne se fécilitaient pas d'avoir quitté le chantier pour courir les aventures ; mais l'expédition réussit mieux que la nôtre au Mexique, et, vers les mois de juillet et d'aoïit, elle revint triomphante.

Les .anglais avaient vaincu le nègre Théodoros, qui, voyant ses soldats découragés par les nouvelles armes de précision des Européens, s'était fait sauter la cervelle.

L'empereur des noirs, dans cette circonstance, prouva qu'il avait plus de cœur et de dignité que beaucoup de rois blancs, en ne voulant pas survivre à sa défaite.

Seulement Théodoros avait un fils, jeune enfant de huit à dix ans, que les .\nglais emmenèrent aux Iles-Britanniques. Ils ont eu soin depuis de lui donner une éducation anglaise ; ils l'ont mis sous la dii-ection d'un colonel anglais, qui n'aura pas manqué, j'en suis sur, de lui donner les principes de la vieille Angleterre et les sentiments de dévouement à la mère-patrie anglaise. Plus tard, quand il sera suffisamment imbu de ses devoirs envers ses bienfaiteurs, ils le reconduiront peut-être là-bas et le fbront nommer emperem- d'.\byssinie.

.\insi faisait le fameux Nabuchodonosor, emmenant les euf;ints des rois d'Israël à Babylone, pour les instruire dans sa loi ; ainsi faisaient les Romains, emmenant les enfants des souverains vaincus, pour les élever dans les idées romaines et dominer plus tard sous leur nom les peuples insoumis ; ainsi font et feront toujours les conquérants, spéculant sur l'attachement servile des multitudes ignorantes aux dynasties de toute sorte, anciennes ou nouvelles.

Mais tout cela ne regarde pas Kabret-cl- Chouche, et j'en reviens au canal maritime.

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