‹ Contes et romans de l'Égypte chrétienneChapitre 10 sur 40 · HISTOIRE D'UN ANACHORÈTE · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UN ANACHORÈTE

de même la vertu et la puissance divines pour délier ce prêtre de ses péchés, si bien ^que le pain sera changé en chair et le vin qui est dans la coupe en sang: Et certes le Seigneur a dit que voici quatre-viifgt-trois ans que tu vis dans cette cellule; et de ces quatre-vingt-trois ans quarante seront portés au compte du prêtre à cause de ton péché. »

Je m'éveillai alors et je compris que cette vision m'avait été envoyée à cause du doute que j'avais eu au sujet du prêtre béni : je me mis à pleurer sur mon temps et mes peines que le Seigneur avait passés au compte tiu prêtre. Quelque temps après je descendis de ma cellule % et je me rendis près du prêtre; je lui demandai pardon de mon audace.

Il fut très étonné de ce que je fusse descendu de ma cellule et me demanda : • Qui t'a obligé à faire ainsi ? » — Je voulus lui en cacher la cause, de peur de jeter son esprit dans le trouble; mais il me dit : « Mon père, es-tu entré dans le jardin ? as-tu vu les arbres, la sakyeh, sa roue incrustée d'or? astu vu le misérable jardinier et le malheur

1. Il ressort de ce passage que la cellule de l'anachorète devait être située sur le haut ou sur le flanc d'une montagne.

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qui l'accablait? • Ainsi lorsqu'il m'eut fait voir qu'il connaissait le songe que j'avais eu, je mourus de Irayeur et mon cœur me délaissa '. Alors le prêtre prit ma main et' me conduisît jusqu'au jardin. Je reconnus la citerne, les arbres aux feuillages de toutes les couleurs ; je vis l'homme delà sakyek : il était guéri. Le prêtre gardait le silence. Je lui dis : • C'est le jardin dont tu parlais tout h l'heure; mais l'homme n'est plus sous le coup de soa malheur. ■ — Le prêtre me dît :

• Le mal a cessé à cause des quarante ans que le Seigneur lui a comptés. • Mon esprit demeura stupéfait : je fus semblable à quelqu'un qui dort. Alors je m'éveillai et je ne trouvai ni prêtre, ni jardin.

Je me levai ensuite à la hâte et je me dirigeai vers ma cellule; mais j'en étais bien éloigné, car je me. trouvais tout seul dans un désert. Je ne cessai de marcher toute la journée jusqu'à ce que je pusse enfin entrer dans ma cellule. Je trouvai ce prêtre béni couché à la porte. En me voyant, il me dit ;

• Depuis ce malin je suis ici, mais je ne t'ai f C'est-à-dire qu'il fut but le point de s'ùvanoaïr.

mot i mol, elle signifie ;

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