‹ Contes et romans de l'Égypte chrétienneChapitre 22 sur 40 · Cet ange m'est d'ailleurs inconnu · texte numérisé non relu

Cet ange m'est d'ailleurs inconnu

2. C'est le mot de Racine : « Les cieux par lui fermés et devenus d'airain. »

la terre, que je fasse périr tous les arbres, que j'épuise tous leurs greniers qui regorgent, qu'ils se mangent les uns les autres, ■qu'ils tombent de faim dans les rues delà ville, que je les livre entre les mains du roi -Nabuchodonosor qui les gouvernera pendant soixante-dix ans, afin qu'ils sachent que je suis Dieu et que c'est de ma main que viendra leur repos? » Et lorsque Jérémie entendit ces paroles du Seigneur, il se leva, il se prosterna en sa présence et dit : « O Seigneur miséricordieux, Dieu de l'humanité, créateur de toutes choses, abaisse ton regard vers les fils de tes serviteurs Abraham, -Isaac et Jacob, auxquels tu as juré que leur descendance égalerait le nombre des étoiles du ciel; ne les perds pas tous, ne fais pas régner sur eux Salmaniel et sa colère ', car il n'épargnerait personne parmi eux. Où est le serment que tu as fait à notre père Abraham lorsque tu lui as dit : « Tes descen* dants ne cesseront jamais d'exister sous les cieux? » Et si tu fais régner sur eux la sécheresse et la famine, si le ciel ne laisse pas

i. Ce nouveau nom de l'ange de la colère n'est pas inconnu ; mais je ne sais pourquoi il se trouve ici après le premier.

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tomber sa rosée et si la terre ne produit pas de fruits et que tes serviteurs périssent, où est la promesse que tu as faite à Israël en lui assurant que ses fils dureraient éternellement! Ne sois pas irrité, ô mon Dieu, contre ton peuple pécheur, et si tu les soumets à Nabuchodonosor qui les emmènera en captivité à Babylone, que ce soit comme un père qui corrige ses enfants, et un maître ses esclaves. »

Aussitôt le Seigneur ordonna à l'archange Michel d'aller trouver Nabuchodonosor et de lui dire : « Lève-toi, va vers la Judée et vers la ville de Jérusalem; empare-toi de ses terres avec toute ton armée et tous les Chaldéens qui sont avec toi; emmène-les en captivité pendant soixante-dix ans. Leurs jeunes gens fabriqueront des briques, leurs vieillards couperont le bois et puiseront l'eau, leurs femmes tisseront la laine et passeront les nuits dans les labeurs et les peines. Ne leur fais aucune grâce, car je te les ai livrés afin qu'ils se corrigent. Je prendrai ensuite pitié d'eux jusqu'à l'éternité. » — Le roi Nabuchodonosor dit : « Malheur à moi ! peut-être le Seigneur est-il irrité contre moi à cause du grand nombre de mes

péchés! et il veut que j'aille vers la terre des Hébreux pour m'y faire périr. Qu'il me fasse périr de sa main, car cela vaudra mieux pour moi, que de mourir sur une terre étrangère, moi et tous ceux qui m'accompagneront. Qu'est Babylone et qui est Nabuchodonosor près du peuple de Dieu?

N'est-ce pas ce peuple qui a résiste aux Egyptiens ' et à Pharaon qui a été submergé dans la mer et recouvert par les eaux à cause de lui ? N'est-ce pas toujours le même peuple ? Qui suis-je pour combattre le peuple de Dieu et pour vaincre ceux qui vont à la guerre sans armes, qui lèvent les mains au ciel et les Anges viennent combalirt; pour eux? • — L'ange dit à Nabuchodonosoi- :

• Tout ce que tu as dit est vrai : à tout peuple qui observe les ordres de Dieu personne ne peut résister; mais, si ce peuple viole les commandements de Dieu, Dieu le livre entre les mains de ses ennemis. C'est pourquoi, règne maintenant sur eux afin qu'ils sachent que l'Éternel est Dieu. • Et lorsque

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Michel eut fini de parler à Nabuchodonosor, il approcha sa main du roi, le flatta et lui donna pouvoir sur le peuple; puis il remonta vers les deux.

Alors Nabuchodonosor se leva et alla trouver sa femme Halka; il lui raconta tout ce qui avait eu lieu. Et lorsqu'elle eut entendu cela, elle fut grandement émue, elle se mit à crier et à pleurer, elle dit à Nabuchodonosor : ■ Malheur à moi! ô seigneur mon frère ' ; emmène-moi à ta suite, car je ne te verrai plus. Qui a jamais résisté à ce peuple '. Ne sais-tu pas que c'est le peuple de Dieu et que Dieu lui accorde tout ce qu'il demande. ■ — Nabuchodonosor répondit : « C'est leur Dieu qui les a livrés entre mes mains. • — Sa femme lui dit : « Fais bien attention à ce que je vais te dire. Quand tu partiras pour les combattre, prends avec toi un bélier, et quand tu seras arrivé près de la ville de Juda, descends de ta monture, mets ton sceptre sur la tête du bélier : s'il se dirige vers la ville de Judée, suis-le, car le

i. liait éminemment égyptien : rien n'est plus traquent qlM de trouver sur les monuments le nom de ftère donne à soit mari r*r la femme, ou celui de sœur donné i la femme

HISTOIRE DE LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE I l£

Seigneur te l'a livrée ; mais s'il ne se dirige pas de son côté, s'il se retourne du côté de Babylone, retourne comme lui et ne fais pas la guerre au peuple de Dieu, quand même tu aurais des soldats aussi nombreux que les grains de sable. »

Lorsqu'elle eut fini de parler, elle le baisa. Quant à lui, il se leva et ordonna de faire venir ses généraux Kouris et Assaris r , il leur fit part de tout ce que le Seigneur et son ange lui avaient promis. Ils lui dirent : « Vive à jamais le roi! Sans doute Dieu s'est irrité contre ce peuple, parce que ce peuple a péché. Envoie porter à Sédécias, roi de Jérusalem, des paroles de paix, faislui des présents et demande-lui s'il s'est prosterné devant des dieux étrangers, s'il a renié les œuvres du Seigneur et de leivs prophètes qui intercèdent pour eux. S'il ne l'a pas fait, ne te mets pas en campagne contre eux, car ils adresseraient des prières à leurs prophètes et ceux-ci nous feraient tous périr en leur pays, comme ils en ont fait périr d'autres que nous. Le feu du ciel descendrait

i. Si je ne me trompe, ces deux noms sont les mêmes que Cyrus et Assuérus. Le conteur savait l'histoire à sa manière et fait preuve de son érudition.

, contre quiconque se lèverait contre eux et le brûlerait. » Ce conseil plut au roi Nabuchodonosor, il envoya l'un de ses généraux, lui donna trente mille cavaliers, écrivit une lettre à Sédécias et lui envoya des pre'sents avec beaucoup d'or.

Le général se mit en marche, et, pendant qu'il était en marche vers Jérusalem, le roi Sédécias apprit qu'un envoyé de Nabuchodonosor, roi de Babylone, était sur le point d'arriver. Il sortit de la ville à sa rencontre, entouré des femmes des Béni-Israël qui portaient des présents. Lorsque le général eut rencontré le roi, il descendit de sa monture, lui remit la lettre de Nabuchodonosor et ses présents. Sédécias prit l'or et en fit une couronne qu'il mit sur la tête de la statue de Baal et il écrivit au roi de Babylone la lettre suivante : « Salut à toi ! mon Dieu est le vôtre et le vôtre est le mien. » Il scella la lettre, la remit au général, le combla de pierreries et de joyaux. Lorsque les prêtres de Baal apprirent toutes ces choses, ils dirent : « Où est donc Jérémie qui nous disait que le roi de Babylone viendrait ici et régnerait sur nous? »

Peu de jours après, le général arriva à Ba-

bylone avec les trente mille cavaliers, salua Nabuchodonosor et lui remit la réponse de Sédécias. Lorsque, le roi eut lu cette réponse, il fit entendre un rugissement de lion et dit à Kouris ainsi qu'à ses compagnons : « Préparez vos armes et vos soldats! » En ce jour même, Nabuchodonosor sortit de Babylone avec tous les Chaldéens au nombre de six millions d'hommes, sans compter six mille » chars sur chacun desquels se trouvaient seize cavaliers '. Le total était de six millions, plus quatre-vingt-seize mille et six cent mille cavaliers a ayant lances et boucliers, se tenant à la droite et à la gauche du roi jusqu'à ce qu'on fût arrivé aux frontières qui séparaient le royaume de Babylone de celui de Juda. Alors Nabuchodonosor descendit de son char, quitta son trône ; puis il prit son sceptre et le plaça sur la tête du bélier. Aus-

i . Les chars égyptiens, d'après le poème de Pentaour contenaient trois hommes : le conteur exagérant tout, en met ici seize : les chars devaient être en conséquence.

2. Le texte du manuscrit arabe dont je me suis servi porte : total, six millions et trois millions et six cent mille. Je ne sais d'où peuvent provenir les trois millions. Je les ai remplacés par les quatre-vingt-seize mille cavaliers des chars. Le tout donne un chiffre déjà fort joli de près de sept millions d'hommes.

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sitôt le bélier se dirigea vers la terre de Juda. Le roi dit alors à tous ceux qui étaient près de lui : « Je suis vraiment étonné de ce que Dieu m'ait livré ce peuple ! » Il ordonna ensuite de lui apporter le foie d'un mouton, il le plaça sur le sceptre, signe de sa royauté sur terre, le plaça sous ses pieds, tourna son visage du côté de l'Orient et dit : « O Dieu qui m'es inconnu, Dieu des Hébreux, Dieu d'Abrahaam, d'Isaac et de Jacob, Dieu dont je ne suis pas digne de prononcer le nom, car mes lèvres sont trompeuses! Je crains que ce peuple n'ait été livré en mes mains, à moi pécheur, qu'à cause du grand nombre de mes péchés et de ceux de mon peuple.

Alors il tourna son visage du côté de l'Orient et pria en disant : « O Dieu d'Israël, Dieu du ciel et de la terre dont le nom est parvenu jusqu'à moi pécheur, toi qui as toute puissance au ciel et sur la terre, je t'en prie, ô mon Seigneur, si cet homme qui m'est venu trouver est un ange et si c'est par ton ordre que je fais la guerre à ce peuple, faismoi voir un signe de ta volonté par l'entremise de ce bélier, car je suis ton serviteur Nabuchodonosor, roi de Babylone. C'est toi qui as tellement endurci le cœur du Pha-

raon que les eaux l'ont submergé avec tous ceux qui raccompagnaient. Si j'ai péché devant toi et que tu veuilles me faire périr, fais-moi fuir de peur jusqu'aux extrémités de la terre ainsi que tous ceux qui me su h vent. Mais si tu veux, ô Seigneur, les livrer entre mes mains, que l'ombre de mon sceptre revienne vers moi. » Aussitôt le soleil changea de direction ; l'ombre du sceptre de Nabuchodonosor et de la tête du bélier fit retour. Le roi Nabuchodonosor mit ensuite le bélier à sa gauche et le foie de mouton à sa droite, puis il dit de nouveau : a O Seigneur, fortifie mon cœur !» Et le Seigneur lui donna la force ; le roi de Babylone sut que le Dieu des Juifs les avait livrés entre ses jnains.

Cependant le Dieu de la miséricorde s'était souvenu d'Abimélek, pour avoir gardé et conservé le prophète Jérémie que Sédécias avait fait jeter en prison. Le Seigneur ne voulut pas que pendant la captivité de Babylone, il fut au nombre des captifs courbés sous le joug de Nabuchodonosor. Le jeune Abimélek continuait d'aller tous les jours au jardin du roi Sédécias, son maître et de lui apporter des fruits. Un jour qu'Abimélek

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avait cueilli dans le jardin un panier plein de raisins et de figues et qu'il s'était mis en chemin pour rentrer à la ville, Dieu se rappela la parole qu'avait dite le prophète Jerémie : « Quant à toi, Abimélek, tu ne verras ni la captivité de Babylone, ni la destruction de Jérusalem, ni le roi Nabuchodonosor. » Pendant qu'Abimélek marchait et regardait le ciel, (le trajet était d'environ une heure), il se dit : « Je suis sorti avant l'heure accoutumée et je n'ai pas pris de pain pour Jérémie le prophète! Voilà, je vais m'asseoir et dormir sous cet ombrage 1 » Il s'endormit ainsi, après avoir placé sous sa tête le panier plein de fruits et couverts de petits rameaux. La terre lui donna repos : le rocher de la grotte s'étendit au-dessus de lui et le recouvrit comme un plafond. La rosée descendait sur lui pour le rafraîchir, le soleil prenait soin de lui, si bien qu'il n'éprouva ni faim ni soif, depuis que Jérusalem fut détruite jusqu'à ce qu'elle eût été rebâtie une autre fois.-

Ensuite Nabuchodonosor arriva en Judée, et avec lui toutes les forces des Chaldéens ; il s'empara de toute la Judée et de toutes les villes qui entouraient Jérusalem. Il se réjouit

avec ses soldats de se trouver sur la terre d'Israël* Ils étaient nombreux comme des sauterelles, battaient des mains en signe d'applaudissement et disaient : « Allons combattre les Hébreux ; nous les ferons périr et nous pillerons leurs biens, car toutes les nations haïssent le peuple d'Israël qu'on n'a pu vaincre jusqu'ici. Ils pouvaient en effet soumettre tous les peuples par la force de leur Dieu qui combattait pour eux. » Les Béni-Israël se tinrent debout devant Nabuchodonosor pour lui résister ; mais leur force fut bien vite épuisée, ils furent devant lui comme des femmes enceintes. Nabuchodonosor ordonna de les enchaîner et tous ceux qui étaient sur le haut des terrasses ne descendaient qu'enchaînés; tous ceux qui étaient dans les champs ne pouvaient entrer dans la ville sans être faits prisonniers. Et il ne resta aucun des Hébreux qui ne fût conduit devant Nabuchodonosor près de la porte de Jérusalem, et le roi de Babylone ordonna d'en démolir les murailles.

Lorsque Sédécias apprit tout cela, il fut dans une grande agitation : le sang coula de son corps comme de celui d'une femme qui accouche; il s'étendit sur son lit, se couvrit

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le visage comme celui d'un mort; ses serviteurs l'emportèrent, cherchant à traverser le pays pour sauver Sédécias. Mais Nabuchodonosor donna Tordre de lui amener Sédécias, et Kouris, le général, se rendit à la maison du roi.de Jérusalem. Il la trouva ornée d'étoffes de soie et d'or; le lit du roi était embaumé d'encens et près du lit était l'idole que Sédécias adorait. Dieu jeta alors au cœur des serviteurs de Nabuchodonosor la pensée de poursuivre les serviteurs de Sédécias, ils les atteignirent portant le lit sur leurs épaules près du fleuve de Karmis. Ils firent descendre le lit de dessus leurs épaules, enlevèrent ce qui cachait le roi et le conduisirent à Kouris, chef des patrices chaldéens '. Celui-ci ordonna de lui arracher les yeux, de les lui mettre à la main, de lui tuer ses deux enfants, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, de lui mettre un collier au cou, de le conduire comme un chien. C'est ainsi qu'on le conduisit devant Nabuchodonosor qui ordonna de l'attacher à la queue d'un

i . Cette expression montre que ce terme de patrice était connu du conteur; elle peut par conséquent servir à déterminer l'époque où fut composé ce récit, époque qui ne saurait être postérieure à la conquête arabe.

cheval jusqu'à ce qu'on fût arrivé à Babylone où on le mit à conduire le mulet du moulin '. On lui donnait un peu de pain et d'eau pour sa nourriture.

Nabuchodonosor ordonna aussi d'enchaîner les vieillards des Beni-Israël, de leur attacher le cou aux pieds jusqu'à ce que les os de leurs cous fussent brisés % de mettre des pierres sur le ventre des femmes enceintes : en un mot le cœur de Nabuchodonosor devint dur à leur égard. Il dit aux Hébreux : « Où est le prophète Jérémie afin je lui demande si je dois partir pour mon mon pays, qu'il me donne des nouvelles de l'arche d'alliance dans laquelle se trouvent les deux tables de pierre écrites de la main

1. On retrouve par deux fois plus haut : tu seras chassé comme le mulet du moulin. Il semble y avoir contradiction ; cependant on peut trouver une explication. La mention du mulet ne doit pas surprendre. D'ordinaire ce sont les femmes qui tournent la meule; mais quand il faut moudre une grande quantité de blé, et que la meule est grosse, c'est une bête de somme qui fait encore tourner la meule.

2. Cette torture est Imaginé de la manière dont on attache les vaches en Egypte. Il serait difficile de faire marcher un homme ainsi attaché. On mettait ce supplice au nombre de ceux des damnés, comme on le voit dans la vie de Schnoudi.

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de Dieu. » — Et la foule des Beni-Israël s'écria en disant : « Où, trouver Jérémie le prophète, le béni de Dieu, que Sédécias a fait mettre en prison avec ordre de ne lui donner ni pain, ni eau, jusqu'à ce qu'il fût mort. » Et pendant que les Hébreuic parlaient ainsi, l'Esprit porta Jérémie le proph été et le plaça en présence du général qui lui demanda l'arche; car il ne l'avait pas encore portée sur la montagne de Jéricho et la poussière et le vent ne l'y avaient pas cachée ; quand au bois de l'arche, Sédécias l'avait placé sous son idole Baal. Les vieillards des Beni-Israël dirent alors au roi :

« Vive le roi, qu'il nous permette de parler en sa présence. » — Et Nabuchodonosor leur dit : « Ne parlez pas, car c'est votre Dieu qui vous a vaincus; qui pourrait en effet vous répondre ?» — Et ils dirent :

« Le Seigneur connaît celui que Dieu a envoyé ; il est petit par son âge , tu entends sa parole sans voir sa personne à cause de la grande confusion qui règne et parce qu'il y a beaucoup de gens qui lui ressemblent. Or voici que tous les Beni- Israél sont rassemblés devant toi ; fais leur donner des rameaux d'olivier, et celui dans

la main duquel fleurira le rameau, c'est lui le prophète *. » Nabuchodonosor accepta cette proposition, il leur fit apporter des branches d'olivier. Aussitôt l'ange porta le prophète Jérémie £t le plaça devant Nabuchodonosor qui vit que le rameau du prophète avait fleuri* A x:ette vue, le roi se leva de dessus son trône et se prosterna devant Jérémie le prophète, disant : « Tu es le pro» phète de Dieu! va et prie le Seigneur; demande»lui s'il m'a vraiment envoyé pour demeurer en cette terre, sinon je m'en irai loin d'ici. » -r Jérenaie lui dit : « Enlève les liens de ceux que .tu as fait lier, fais-les re-» poser de leur torture jusqu'à ce que je sois allé et que j'aie interrogé le Seigneur. » Na* buchodonosor fit ce qui lui était demandé, on détacha leurs liens et le prophète Jérémie se rendit au temple de Dieu.

. U trouva le sang des enfants qu'on avait répandu, il pleura et dit : « O mon Dieu, roi des rois, je t'en prie, regarde-nous du haut

i. Tout ce passage est diffus et fort peu compréhensible ; l'original a sans doute été mal traduit. L'auteur veut seulement dire que Jérémie ne voulait pas se laissait reconnaître à moins d'un prodige, et il fait revivre celui de la verge d'Aaron.

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du ciel et prends pitié de ton peuple qui est maintenant en la main de Nabuchodonosor.

Sauve-les de leur détresse, de la main de leur ennemi et de ceux qui les haïssent. » Il tomba la face contre terre et pria pour le peuple.

Une voix se fit alors entendre à lui du haut du ciel, disant : • O mon élu Jérémie, assez de prières pour ce peuple! Ne sais-tu pas que je suis un Dieu pitoyable ? J'ai compté ce peuple jusqu'au chiffre de quatre*vingt:

millions; et maintenant que voici la sixième* heure, prends ce flambeau dans ta main, éclaire l'Est de Jérusalem, et regarde si tu trouveras parmi le peuple un seul homme qui ait de la lumière sur le visage, si tu trou*, veras un seul homme dont là bouche n'ait pas été souillée par l'adoration des idoles.

Sans le moindre doute, je sauverai le peuple si tu trouves un seul homme qui aime son frère, je ne le laisserai pas emmener en captivité. Mais si tu ne trouves personne, entre dans le temple, place le flambeau sur l'autel et il y restera allumé jusqu'à la fin des soixante-dix ans, jusqu'à ce que le peuple *se re "sÇrtisse et marche en ma voie. Et quand IsraëF placé le flambeau où il doit être, .

donner habits de prophète et marche avec

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le peuple qui restera soixante-dix ans sous la domination de Nabuchodonosor. »

Et lorsque Jérémie eut entendu ces paroles du Seigneur, il sortit, ayant à la main un flambeau allumé. Des gens du peuple lui dirent : « O notre père Jérémie, pourquoi marches-tu avec un flambeau pendant qu'il est jour? » — Il leur dit : a Je cherche un homme qui n'ait pas été souillé par le culte des idoles et je ne le trouve pas. • Il pleura ensuite amèrement et retourna vers Tautel où il laissa le flambeau allumé ; puis il entra dans la chambre où l'on gardait les vêtements sacrés, il prit le manteau du grandprêtre, monta sur la terrasse du temple et dit à la pierre angulaire : « Je m'adresse à toi, parce que tu as été jugée digne d'un grand honneur, toi et tous ceux qui observent les commandements du Seigneur; tu es la ressemblance du Fils de Dieu, le maître des hommes vaillants aux jours passés comme au temps présent. Ce temple sera démoli jusqu'à la pierre angulaire : c'est pourquoi tu vas recevoir ce grand honneur. Ouvre-toi pour renfermer la robe du grand-prêtre : garde-la en toi jusqu'à ce que Dieu ait voulu ramener le peuple. » Il prit ensuite la tiare sur

laquelle était écrit le nom de Dieu et qu'Araon et ses fils mettaient sur leur tête au moment du sacrifice ; il fit un signe vers le ciel et dit : « Je m'adresse à toi, ô roi de la lumière immense, créature comme je n'en ai pas vu de pareille entre les créatures de Dieu, garde cette tiare qui contient le nom de Dieu ; » puis il la jeta vers le soleil et les rayons du soleil la reçurent. Et lorsque Jérémie eut achevé tout cela, il ôta ses vêtements de prophète au milieu du temple, revêtit un cilice, se couvrit les flancs d'un pagne, se prosterna devant le Seigneur et prit les clefs du temple. Il les plaça devant le seuil du temple et dit : « Je m'adresse à toi, ô seuil du temple de Dieu, reçois ces clefs et garde-les jusqu'à ce que Dieu ait ramené le peuple. » Aussitôt le seuil de la porte s'ouvrit pour les recevoir.

Après cela, le prophète Jérémie se rendit près du roi des Chaldéens; et lorsque le peuple le vit revêtu d'un cilice, la tête couverte de cendres, il poussa des cris accompagnés de pleurs et de lamentations, il couvrit sa tête de poussière et vit que le Seigneur ne lui avait pas pardonné, car on savait que lorsque Jérémie allait prier Dieu

pour le peuple, le Seigneur prenait pitié du peuple et qu'après avoir reçu le gage de cette miséricorde, Jérémie sortait revêtu d'habits blancs et la tête parfumée. Et lorsque le prophète Jérémie eut accompli toutes ces choses, il dit à Nabuchodonosor : « Monte sur ton char et retourne à Babylone, car Dieu les a livrés entre tes mains. » Aussitôt Nabuchodonosor se leva comme un lion et se mit en chemin vers Babylone, ordonnant à ses généraux de rassembler tous les Juifs et de les faire marcher. Ils marchèrent en effet, et le prophète Jérémie était au milieu d'eux, nu-tête et nu-pieds. Le roi Nabuchodonosor le vit et lui dit : « Quelle faute as-tu donc commise ? Viens monter avec moi ; il n'est pas convenable que tu ailles a pied et que tu sois revêtu d'un cilice. » — Jérémie le prophète lui répondit : « J'ai péché devant Dieu plus que ce peuple tout entier'. Vive le Seigneur mon Dieu ! je ne quitterai pas ces vêtements avant que le Seigneur n'ait ramené son peuple à Jérusalem. » Nabuchodonosor ordonna alors à ses généraux de prendre Jérémie avec eux.

Et le peuple hébreu marchait vers Babylone au milieu des peines et des épreuves.

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