C'est-à-dire la colonne vertébrale
3. Le mot Amis est ici et plus bas écrit Asis. On ne peut avoir confiance en aucun de ces noms.
terre et fit reparaître le soleil. Aussitôt le roi Kouros et Amis ordonnèrent de faire venir les Hébreux; puis le roi compta les jours qu'ils avaient passé dans la captivité, leur paya leur salaire, fit monter Jérémie sur un cheval, le revêtit d'un habit royal, lui mit une couronne sur la tête, lui donna des montures et des chameaux chargés de vivres, puis il écrivit pour tout l'empire des Chaldééns une lettre dans laquelle il disait .' « Sortez au-devant du prophète Jérémie, ac* compagnëz-Je jusqu'à ce qu'il ait quitté votre pays. » On fit présent au prophète Jérémie de dix serviteurs. Jérémie sortit des villes chaldéennes avec tout son peuple, et la totalité de ceux qui sortirent de Babylone fut de quatre-vingt millions, et il en était mort pendant la captivité cent millions \
Lorsqu'ils furent sortis de Babylone, ils commencèrent de prier en disant : « Hâtetoi, ô Jérusalem, de ceindre ta couronne, car
1. Ces chiffres sont tout simplement fantastiques. Plus haut, il s'agissait seulement de 80,000. En arabe, le mot ^ million s'exprime par mille mille : le scribe a répété le mot aiph afin de faire mieux ressortir le miraculeux de son récit. Les '100,000,000 de morts s'expliquent par la reproduction.
tes fils, partis dans la tristesse et les pleurs, te reviennent dans la joie et dans la paix. » Jérémie le prophète retourna ainsi en paix dans son pays après avoir été honoré dans la terre des Chaldéens, escorté de cavaliers jusqu'à ce qu'il fût arrivé à Jérusalem. C'est ainsi qu'ils y arrivèrent.
Quant à Abiméiek, il sortit de l'endroit où il dormait. La grotte sous laquelle il se trouvait se releva ; il vit le panier de figues et de raisins avec la poussière qui les cou* vrait. Abimélek dit alors en son âme : « Je n'ai pas été long et je me sens un peu alourdi. Il faut que je me repose quelques instants, et tout à l'heure je me lèverai pour monter à la ville, car le moment est venu de porter sa nourriture au prophète Jérémie qui est en prison. » Ainsi, après avoir dormi pendant soixante-dix ans, il se leva et prit son panier de fruits aussi frais que si on les eût cueillis à l'instant même. Il entra dans la ville de Jérusalem. Il vit que les murailles étaient démolies, que la ville était déserte, et cependant les figues et les raisins étaient tels qu'il les avait vus autrefois. Lors donc qu'il entra dans la ville et vit que, les rues étaient changées et détruites, que les en-
droits déserts étaient peuples et qu'il ne rencontrait personne qu'il connût, il se trouva dans un grand embarras ; il resta debout et dit : o Que signifie tout cela? » Il vit un vieillard qui ramassait du bois, il lui dit : ■ O mon père, suis-je bien dans la ville de Jérusalem? » — Le vieillard dit : o Oui. i — Abimélek dit : « Sais-tu ce que Se'décias a fait de J ère mie è L'a-t-il fait sortir de prison ? ■ — Le vieillard lui répondit : • Qu'estce que tu dis là ? qui est Sédécias et qui est Jérémie? Il y a soixante-dix ans que Nabtichodonosor a détruit Jérusalem et a emmené tout le peuple en captivité à Babylone, et avec le peuple Jérémie. » — Abimélek lui dit : • Si lu n'étais pas un vieillard, je dirais que tu es un fou. Je suis allé aujourd'hui dans les jardins de mon seigneur Ermis et j'en ai apporté des fruits. Je me suis endormi un peu, il est vrai ; mais, si le peuple a été emmené en captivité, les ténèbres de Dieu sont donc tombées sur lui et l'ont enveloppé! ou bien la terre les a engloutis!
Je pourrais au moins en trouver quelqu'un ».
— Et le vieillard lui répondit : . En vérité, tu es un homme juste à qui Dieu n'a voulu faire voir ni la destruction de Jérusalem, ni
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les souffrances de la captivité, ni le royaume de Nabuchodonosor. Il a fait sur toi descendre et régner le sommeil jusqu'au jour où tu pourrais voir Jérusalem repeuplée et florissante comme autrefois. Afin que tu croies que Jérusalem est redevenue florissante, c'est aujourd'hui qu'arrivent le peuple et Jérémie. En vérité, tu es un juste du Seigneur, puisqu'il t'a fait vivre dans un tranquilLe sommeil pendant soixante-dix ans.
O mon fils, ces figues que tu as ne sont plus de la saison; regarde les arbres, mon fils.
Ce n'est pas non plus la saison des raisins, puisque nous sommes au mois de barmouda ', au premier jour duquel arrive le pro-, phète Jérémie après une captivité qui a duré soixante-dix ans. La vérité de ce que je te dis te sera attestée par l'arrivée du peuple qui tient à la main des rameau* de palmier et des fleurs. ■
En effet, Abimélek vit Jérémie brillant comme le soleil qui répand sa lumière, il courut à lui. En le voyant, Jérémie descendit de son cheval, l'embrassa et lui dit :
.. Sois le bienvenu, Abimélek mon ami; vois
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rhonneur que Dieu t'a fait. C'est ainsi qu'il traite ceux qui ont de la miséricorde, car tu avais eu pitié de moi au moment de mon malheur, et de son bras sacré Dieu t'a caché, t'a mis en repos, afin que tu visses Jérusalem de nouveau florissante. Tu n'as éprouvé aucune misère, tu n'as pas eu à subir le joug de Nabuchodonosor : il y a soixantedix ans que nous sommes en captivité et seul de tout le peuple, Dieu t'a sauvé. C'est pourquoi celui qui entendra raconter ton histoire, pratiquera la miséricorde. » Et lorsque Jérémie eut fini de parler à Abimélek, ils entrèrent tous dans la ville en disant : « Hâte-toi, Jérusalem de ceindre ta couronne, car tes fils qui sont so.rtis de toi dans la tristesse et dans les pleurs te reviennent dans la joie et le contentement. » Le ciel se réjouit, la terre fut dans l'allégresse. Ils rendirent gloire à Dieu qui les avait ramenés dans leur pays. Qu'à lui soient la gloire et la puissance, maintenant et toujours, jusqu'à la fin des temps.
Et le peuple dit : Amen. Kyrie eleison.
Est finie et achevée l'histoire de la captivité de Babylone, en la paix de Dieu. Amen.
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