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mes et une foule d'animaux de ce pays; mais gloire soit au saint Georges qui vous a délivrés de ce fléau! »
Ensuite les deux marchands tinrent conseil l'un avec l'autre, disant : « Ce que nous avons dit, nous le ferons à l'église du saint Georges avec actions de grâces et en glorifiant Dieu, nous deviendrons chrétiens; mais puisque nous sommes venus jusqu'ici, ne retournons pas en arrière, allons à Damas pour» y acheter des marchandises où nous trouverons quelque bénéfice pour nous en toute droiture. » Lorsqu'ils furent arrivés à Damas, ils trouvèrent que l'on vendait des pierres précieuses, de celles que l'on nomme diamants ; ils en achetèrent pour leur cent pièces d'or. Arrivés à Jérusalem, ils les vendirent pour trois cents pièces d'or. Avant même d'être rentrés dans leur ville de Samarie, les deux hommes se parlèrent l'un à l'autre et se dirent : « Grâces soient à Dieu de ce que le saint Georges nous a rendus dignes de cette grande faveur. » Il arriva que rendu dans leur ville, ils annoncèrent à tout le monde et à leurs parents les vertus et les prodiges que Dieu avait opérés en leur faveur. Ils se levèrent ensuite, ils
prirent les cent pièces d'or qu'ils avaient promis de donner à l'église du saint Georges, ils allèrent par toute la ville en criant : ■ Que celui qui désire Dieu vienne avec nous à l'église du saint Georges! » Une foule d'hommes et de femmes sortirent avec eux de Samarie. Arrivés à l'église sainte, ils offrirent leurs présents ; ils virent de grands prodiges , des guérisons nombreuses de :'^\
malades et une foule k de démons que le saint chassait. Ils se levèrent tous, reçurent le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; ils se firent chrétiens au nombre de cent cinquante-trois personnes, en ce jour là, dans l'église du saint Georges. En la paix de Dieu : Amen.
Sixième prodige du saint Georges» le saint
martyr.
Il y avait à Jérusalem un chrétien nommé Zocrator ; il avait un fils qui était lunatique et lui-même il était podagre. Cet homme était très riche ; il possédait une foule de biens, de l'or, de l'argent, des bestiaux nombreux. Il arriva qu'ayant entendu parler des
vertus et des merveilles du saint Georges, il fit un vœu en ces termes, disant : « Si Dieu et le saint Georges guérissent mes pieds de cette souffrance, je donnerai chaque mois à son église le prix de trois offrandes et de trois setiers de vin *. Si je marche tout seul sur mes pieds lorsque je serai arrivé au vingttroisième jour de Pharmouthi, qui est le jour de sa grande fête, je me rendrai à pied à son église pour y offrir un Kantar d'or. » Lorsqu'il eut fait cette promesse, ses pieds se murent peu à peu ; au bout de quelques jours son corps fut guéri, il marcha, il entra dans sa maison et dans l'église ; il fit monter une prière vers Dieu en disant : « Grâce te soient rendues, ô Dieu du saint Georges ! » Deux jours après, tout son corps fut guéri.
Lorsque la fête du saint martyr fut proche, c'est-à-dire le vingt-troisième jour de Pharmouthi, il prépara tout ce qu'il devait emporter avec lui ; ses serviteurs allèrent le trouver et lui dirent : « Quelle bête de somme veux-tu que nous te préparions afin que tu la montes ?» — Zocrator prit la parole en
i. Il doit s'agir ici des offrandes faites pour la Messe, offrandes de blé ou pain et de vin.
disant : « Vive Dieu ! je marcherai de mes pieds depuis Jérusalem jusqu'à l'église du saint Georges, le saint martyr. » — Ils se levèrent, ils se rendirent à l'église du saint Georges, ils trouvèrent d'autres foules réunies, admirant les vertus et les grâces de guérison qui s'opéraient par l'entremise du saint Georges, de sorte que Zocrator fut dans l'admiration à la vue dé ces prodiges et de ces guérisons opérées par le saint Georges. H offrit ses présents en toute' allégresse de cœur.
Il advint que l'économe voyant les grands présents que Zocrator avait faits, le prit chez lui pendant deux mois, mangeant et buvant avec lui dans la joie. Le troisième mois, par une providence de Dieu, le fils de Zocrator se leva, il se mit en marche pour savoir ce qui était arrivé à son père; car celui-ci n'était point retourné avec ceux qui s'étaient rendus à la fête. En effet, Zocrator était absent; il parlait de son fils à l'économe et disait : « J'ai un fils qui est possédé par un démon très méchant. Ce démon le fait beaucoup souffrir, si bien que souventes fois on a dit qu'il vaudrait mieux pour lui être mort que vivre au milieu de ces souffrances. Si
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Dieu et le saint Georges le guérissent pour pareil jour en un an, je ramènerai, je viendrai vers toi en ce lieu, afin de donner à l'église du saint des présents encore plus honorables que ceux-ci. » — L'économe lui dit :
« Tu crois que" tout est possible à Dieu; je crois aussi qu'on obtient tout ce que les saints lui demandent et que rien n'est impossible pour nous en leur nom. Il est encore écrit dans l'Evangile selon Jean : « Celui qui croit en moi, les œuvres que je fais, il les fera, et de plus grandes encore, *>
11 advint que pendant qu'ils parlaient ainsi, le fils de Zocrator et une foule de serviteurs arrivèrent montés sur des chevaux.
Ils s'arrêtèrent près de la porte de l'église. Le fils s'informa de son père, il apprit que celui-ci était près de l'économe, il alla le trouver et ils se mirent à parler ensemble.
Pendant qu'ils parlaient l'un avec l'autre, voici que le démon entra dans le jeune garçon avec une terrible frayeur, il le fit souffrir une grande heure et sa bouche écumait.
Il se leva, il s'écria d'une voix forte, disant : « Qu'as-tu à faire avec moi, ô Georges 1 pourquoi me fais-tu souffrir, ô violence!
Moi, oui, moi, je suis un lunatique; per-