‹ Contes fantastiques d'HoffmannChapitre 35 sur 87 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Sans me soumettre précisément a un interrogatoire, mon oncle lit si bien le lendemain qu'il apprit toute mon histoire de la veille. Je fus bien surpris de voir tout à coup le visage riant avec lequel il me parlait, prendre une expression grave, et de l'entendre me dire : a Je t'en prie , neveu, résiste à la folie qui s'est si puissamment emparée de toi. Tu ne sais pas que ces galanteries, si innocentes qu'elles soient, peuvent avoir les suites les plus affreuses. Tu marches , dans ton aveugle folie, sur une légère couche de glace, qui se brisera sous tes pieds avant que tu puisses t'en apercevoir. Au diable ta musique, si tu ne peux mieux l'employer qu'à 1 troubler dans leur repos les femmes impressionnables !

— Mais, lui dis-je, croyez-vous que je songe à nouer une intrigue d'amour avec la baronne ?

— Fou que tu es, dit mon oucle, si je le pensais, je te jetterais par cette fenêtre, »

Le baron interrompit ce pénible entretien, et les affaires m'arrachèrent aux rêveries, où je ne voyais que Sérapbine. Dons le salon , la baronne m'adressait de temps à nutre quelque mot amical , et pas une soirée ne se passait sans qu'il m'arrivat un message secret de mademoiselle Adélaïde, qui m'appelait auprès de Séraphine. Quelquefois nous interrompions, par divers entretiens, nos chants et notre musique, et lorsque Séraphine et moi nous commencions à nous jeter dans des idées vagues et sentimentales , mademoiselle Adélaïde y mettait fin par toutes sortes de

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