LE VŒU. 44 V
ttl'asz Ixvvia naiH ii'iimlii inikza pi zanzii 'wkracwbyla, etc. Cette exécution faite, elle allait retourner dans sa chambre lorsqu'elle entendit quelqu'un qui marchait d'un pas sonore derrière elle. Elle se retourne , aperçoit un officier, vêtu de, l'uniforme des gardes françaises et portant le bras en éeharpe. Kilo s'élance vers lui en s'écriant : « Stanislas ! mon Stanislas! mon Stanislas I » et elle tombe évanouie dans ses bras. L'officier, frappé de surprise, eut beaucoup de peine à retenir avec le seul bras dont il pouvait faire usage Hermenegild qui était grande et forte. 11 la pressa contre son sein , et en sentant battre le cœur de la jeune lille, il dut s'avouer que c'était là une des plus charmantes aventures qu'il eut jamais eues. Les minutes s'écoulaient rapidement; l'officier, enflammé par un sentiment subit d'amour, couvrait de baisers les douces lèvres d' Hermenegild . Le comte Népomueène le trouva en entrant dans cette situation, et s'écria aussi avec joie : « Le comte Stanislas ! »
hans ce moment Hermenegild revint à elle, et serrant . t'oflieier sur sa poitrine, répéta avec enthousiasme : « Stanislas! mou bien-aimé! mon époux ! «
L'étranger, hors de lui-même et le visage enflammé, s'evria en s'arrachait t à l'étreinte de la jeune fille: «Voici sans doute le plus beau moment de ma vie ; mais je ne puis m- abandonner à une félicité produite par une erreur. Je ne suis pas Stanislas; hélas I je ne le suis pas. » Hermenegild recula en arrière avec effroi , et lorsque, après avoir contemplé l'inconnu, elle vit qu'elle avait été le jouet «l'une vaine ressemblance, elle s'enfuit en gémissant. Le «ointe Népomueène pouvait à peine croire que l'officier qui s'annonçait sous le nom du comte Xavier R...., cousin de Stanislas, eût grandi en si peu de temps. La vie militaire lui avait donné prématurément une m aie expression. Xavier avait quitté la Pologne en même temps que son cousin, et avait, comme lui, servi dans l'armée française en Halie. A l'Age de dix-huit ans il s'était tellement distingue
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par son courage, que le général l'avait choisi pour aidede-camp, et deux ans après il était parvenu nu prude de colonel. Ses blessures l'avaient forcé à prendre quelque repos; il était revenu dans sa patrie, et se présentait dans le château de Népomucène, chargé d'une commission de son cousin pour Hermenegild. Le comte et le médecin essayèrent de décider la jeune fille a quitter sa chambre. Subjuguée par la honte et. la douleur, elle déclara qu'elle ne sortirait, de sa retraite que lorsque l'étranger aurait quitté la maison.
Xavier lui écrivit qu'elle lui faisait cruellement expier la ressemblance dont iln'était pas coupable; que cette rigueur ne l'atteignait pas seul, qu'elle atteignait aussi Stanislas, dont il apportait une lettre qui ne devait être remise qu'à Hermenegild elle-même.
La femme de chambre de la jeune comtesse, que Xavier avait mise dans ses intérêts, promit de donner à sa maitresse, dans un moment opportun, la missive de l'officier, et Hermenegild se décida à le recevoir.
Klle le reçut dans sa chambre , en silence, et les yeux baissés. Xavier s'approcha d'elle d'un pas chancelant, prit ■ place devant le canapé où elle était assise, s'agenouilla plutôt qu'il ne s'assit en face d'elle, et, comme s'il eut commis un crime impardonnable, la conjura, dans les termes les plus touchants, de ne point faire peser sur lui une erreur qui lui apprenait à connaître la félicité de son ami. Ce n'était pas lui, disait-il, c'était Stanislas même qui avait reçu ses baisers, dans l'ivresse du revoir. En disant ces mots, il lui remit la lettre qui lui avait été confiée, et lui parla du courage de Stanislas, de la fidélité qu'il conservait à. son pays et à sa bien-aimée,
Xavier mettait dans son récit une ardeur entraînante. Il toucha le£cœur de la jeune comtesse, qui , surmontant sa confusion, arrêta sur lui son regard céleste, de telle sorte que, comme le Calaf de Go/.zi frappé du regard de Ttirandot, le jeune officier, tout ému, eul gnmd'peine à con-
limier sa narration. Sans le savoir lui-même, agité par la lutte intérieure d'une passion soudaine, il se perdit dans des descriptions dé marches militaires et de batailles. Il parla des attaques de cavalerie, des légions enfoncées, des batteries enlevées.
Hermciiegild l'interrompit avec impatience, et lui dit : « Cesser, cessez de me représenter ces scènes sanglantes, dites-moi plutôt qu'il m'aime, que Stanislas m'aime'. »
Xavier saisit la main d' Hermenegild, et, la serrant sur son eœur, lui dit : « Écoute-le donc lui-même ton Stanislas, ton Stanislas ! » Et il lui adressa les protestations les plus ardentes de l'amour.
Il était tombé aux pieds de la jeune Jille; il l'enlaçait dans ses bras; mais taudis qu'il allait la serrer sur son eœur, il se sentit violemment repoussé. Hermenegild le regardait fixement, et lui dit d'une voix sourde : « Vaine poupée, quand même je te donnerais la chaleur de mon sein, tu n'es pas Stanislas, et tu ne le seras jamais I u A ces mots, elle quitta la chambre.
Xavier reconnut trop tard son inconséquence. II sentit qu'il était follement épris d' Hermenegild, et que chaque tentative qu'il ferait pour satisfaire sa passion serait une trahison à l'amitié. Partir à la hâte sans revoir Hermenegild, ce fut là son héroïque résolution, et il l'exécuta à l'instant même, en faisant atteler ses chevaux à sa voiture.
Le comte Népomucène fut très-surpris de ce que Xavier vint prendre congé de lui. Il essaya de le retenir ; mais Xavier persista dans sa décision avec une sorte d'ardeur convulsive, qui lui donnait plus de fermeté. Le sabre au coté, le bonnet de campagne à la main, il était au milieu du salon, et son domestique Tattendait. dans l'antichambre avec son manteau. Au dehors, on entendait piétiner les chevaux impatients,
Soudain la porte s'ouvre, Hermenegild s'avance vers le comte avec une grâce inexprimable, et lui dit en souriant :
■MK COMTES FANTASTIQUES. <
« Vous voulez partir, cher Xavier , et il me semblait que vous aviez encore tant de choses à me raconter de mon Stanislas. Savez-vous que vos récits ont été pour moi une merveilleuse consolation-? »
Xavier baissa les yeux en rougissant. On s'assit; le eomte Népomucènc affirma à diverses reprises que depuis plusieurs mois-il n'avait pas vu Hermenegild dans une aussi bonne disposition d'esprit. 11 fit un signe, et on apporta le souper dans le salon. Le meilleur vin de Hongrie brillait dans les verres, et Hermenegild porta une coupe à ses lèvres en mémoire de son liien-aimé, de la patrie et de la liberté. « Cette nuit, je partirai, i> se disait Xavier; et lorsqu'on se leva de table,. il demanda ù son domestique si sa voiture était prête. Celui-ci répondit qu'il l'avait dételée et replacée sous la remise, par l'ordre du comte ÎScpuniueène, que les chevaux, étaient à l'écurie, et que le cocher roulluit sur Ja paille. Xavier se résigna.
L'apparition inattendue d'Hermenegild l'avait convaincu qu'il serait doux et convenable de rester, et cette persuasion en amena une autre. 11 pensa qu'il ne s'agissait pointai que de savoir se dominer, c'est-à-dire de résister à une passion qui ne ternit qu'enilammer davantage l'àme maladive de la jeune comtesse, et lui serait, h lui, très-funeste: que si Hermenegild devait préférer un bonheur présent a un vague avenir, ce serait l'effet de la destinée, et il n'était plus question de violer les lois de l'amitié.
Le lendemain, Xavier, en se retrouvant avec Hermenegild, parvint à réprimer l'élan de sa pensée ardente. 11 sut se maintenir dans les limites des convenances les plus strictes, et conserver même un froid cérémonial. 11 ne donna à son entretien que le caractère de ces galanteries doucereuses qui sont pour les femmes un poison fatal. Tout jeune encore et inexpérimenté dans les relations d'amour, il agit avec son innocence comme aurait pu le faire un Niaitre très-habile. 11 ne parlait que de Stanislas et de son