FEUILLETON DE THEATRE
— «Non! me disais-jc en moi-même avec une imprudente joie, puisque je ne suis plus un juge, puisque j'ai brisé mon glaive inutile, puisque j'ai jeté aux orties ma robe et mon bonnet carré, puisque je ne suis plus condamné à dégager les mythes et les symboles cachés dans les vaudevilles, et à trouver chaque soir une idée dans une botte de foin, il me semble évident que rien ne me forcera à aller voir ce soir aux Variétés la première représentation de La Pharmocienne adulthe ! 11 paraît que cette comédie a été enrichie d'une musique à mourir de rire, que madame Judic sera une épouse étonnante, baissant jusqu'aux genoux ses yeux amoureux avec une pudeur forcenée, et que Baron jouera le pharmacien avec un nez en trompette, qui est en effet une trompette; grand bien leur fasse! Pour moi, entièrement délivré de ces cruels plaisirs, je renonce à toi. Vaudeville, à tes pompes et à tes chefs-d'œuvre, et puisses-tu souffler dans ton agréable turlututu jusqu'à en mourir! »
Ainsi, je prononçais des imprécations en pleine forêt de Fontainebleau, caressé par la brise, foulant sous mes pas les mousses veloutées, et m'enivrant de voir découpée sur le léger ciel la tendre, Tado-
rablement tendre verdure des feuilles de mai, qui foisonne et délicieusement frémit autour des vieilles branches noires.
J'étais venu de Marlotte jusqu'à la tragique et charmante Gorge-aux-Loups avec une colonie d'artistes, et de là les abandonnant à leurs études de paysage, plein d'un intime ravissement, je m'étais enfui sous les feuillécs, sous les frondaisons, à travers les routes inconnues, fier de m'en aller sans savoir où, et de temps en temps voyant les Nymphes des bois passer et disparaître dans un frisson de lumière, tandis que je roulais une cigarette avec le long tabac doré et fauve rapporté de la Tunisie par Paul Ginisty.
Selon ma coutume, je m'étais complètement égaré, je ne savais plus du tout où j'étais; je me confiais au hasard pour me ramener à un moment donné chez l'aubergiste où l'on dîne, et toujours je m'en allais devant moi, heureux prisonnier de la forêt, qui me retenait charmé parmi ses roches, ses broussailles, ses eaux dormantes, ses antres farouches, ses troncs géants et ses claii's rideaux de verdure. J'avais marché pendant de longues heures, si bien qu'enfin j'avais vu le soleil se coucher dans la pourpre rose et violette, et le ciel se teindre de lilas clair et de safran, et la nuit tomber, et se lever la lune, qui par places glaçait d'argent les feuillages et le gazon, et qui, tour à tour cachée et dévoilée par les nuées,inondait alors le ciel de sa rafraîchissante clarté. Grisé de parfums, de liberté, de grand air, je savourais surtout avec une volupté féroce le plaisir de ne pas être aux Variétés dans ma stalle, et tout à coup, au milieu du vague silence et des murmures étouffés de la douce nuit, je m'écriai en laissant échapper de mes lèvres une bouffée de fumée odorante et bleue ;
— « Ce qu'il y a de certain et de réjouissant, c'est que je n'écrirai plus jamais un feuilleton de théâtre!
— Si fait! tu en écriras un, et plus tôt que tu ne penses ! » me dit une petite voix aimable, mutine et légèrement ironique, une voix pareille à celle du clair ruisseau et du feuillage froissé, qui d'ailleurs avait bien raison, puisque je suis précisément en train de faire ce qu'elle avait dit; mais il faut reconnaître que j'y ai été amené par des circonstances tout à fait exceptionnelles et difficiles à prévoir. Qui m'avait parlé? Ce fut, je crois, une petite branche verte que je vis se pencher vers moi dans la nuit alors devenue obscure; mais au moment où le vent la rejeta en arrière, cette branche me fit plutôt l'effet d'être une svelte petite Fée, couronnée de feuillage, qui s'enfuyait dans l'ombre, après m'avoir durement renvoyé à mes moutons. Je marchai encore, pouvant à peine me diriger, tant il faisait noir; mais enfin j'arrivai aune clairière où la lune tout à coup dévoilée à demi brillait entre les branches; et je me trouvai en face d'un vrai théâtre, où je pus lire au-dessus de la scène ces mots écrits en lettres faites avec des lucioles : Théâtre des Fées.
J'allais me retirer discrètement, craignant d'etro importun comme un Parisien qui prétendrait entrera la Comédie-Française pendant une des représentations du mardi, mais un petit Sylphe-huissier, dont le costume se composait uniquement d'un habit noir à la française, et qui portait sur sa poitrine nue une chaîne d'argent, me dit avec une indulgente bonté :
— « Vous pouvez entrer, mon ami ; le spectacle est gratis pour les poètes et pour messieurs les enfants. »
J'entrai donc dans l'enceinte, qui d'ailleurs n'était fermée que par des bosquets d'églantiers en Heur
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assez espaces, et entre lesquels on pouvait entier et sortir facilement; surprise bien douce pour un spectateur encore meurtri par les strapontins et les cruels tabourets de nos théâtres! Avant de regarder la scène, dont les coulisses étaient formées par des arbres et par des rideaux de riches étoffes orientales, je fus surtout occupé du public ; car autour de moi étaient debout, assises^ envolées, couchées sur des fleurs ou des coussins, mille Fées d'un ordre inférieur.
Mais les grandes, les reines, les illustres occupaient les avant-scènes, les loges, les galeries, également construites de branches d'arbres fleuris et d'étoffes de couleur divinement éteintes, jaune soufre, bleu pide, rose de Chine, lilas clair, brodées de soie, d'argent et de pierreries. Mais les loges servaient bien plus à compléter l'architecture de la salle qu'à abriter réellement les Fées, qui plus volontiers se tenaient en l'air, volant avec leurs ailes de papillon, ou légèrement assises, ou simplement appuyées sur un doigt au rebord de la galerie. D'ailleurs elles changeaient continuellement do place, allant de l'une à l'autre, comme de jeunes et gracieux oiseaux, et se mêlant ou se dispersant, au gré de leur voltigeante causerie.
Le Sylphe-huissier ne m'avait pas trompé en me disant que messieurs les enfants étaient admis à ce spectacle. Il y en avait beaucoup, dont les bonnes faces joufflues et roses riaient sous leurs chapeaux à plumes, et qui, en attendant la représentation, croquaient des bonbons et des cerises, en ayant soin de ne pas essuyer leurs mains sur leurs habits blancs.
11 y avait aussi des poètes, d'abord ceux que vous connaissez et qui vivent parmi nous, puis d'autres aussi qui nous ont quittés déjà, mais qui étaient
revenus^ des Avalons et des Florides, exprès pour assister î\ la comédie. C'est ainsi que je reconnus le profil du chantre dos Nuits, et la chevelure ambroisiennedu grand Théo, et cet Apollon en exil, qui, en de si tendres et splendides poèmes d'amour, caressait tour à tour et égratignait labien-aimée, et lui offrait, en y laissant parfois une épine, des roses au cœur pourpré, glorieusement teintes dans le sang de son cœur. Je vis aussi un ancien et divin rimeur, vêtu en empereur romain, qui se penchait amoureusement vers sa guerrière Gassandre, et un grand diable d'écolier tout à fait pendu à une vraie potence, et qui, bien que pendu, n'en chantait pas moins sa Ballade aux Enfants perdus ou celle de la Grosse Marfjot. Et aussi quelques femmes au regard inspiré et profond, dont la plus belle avait le front couronné d'un noir laurier.
(Juant aux critiques, il avait été impossible de les avoir, parce qu'ils étaient retenus à Paris par la représentation de La Pharmacienne adultère. Mais pour remédier à leur absence malencontreuse, les Fées avaient eu l'idée de grimer de petits génies à leur ressemblance, et si exactement que l'illusion aurait été complète, si la gravité du masque n'eût été démentie par la tournure enfantine de ces journalistes par occasion. L'un d'eux s'était dessiné de noirs sourcils et s'était fait une face barbue et socratique trèsréussie. Il était gentiment serré dans sa redingote î\ deux rangs de boutons; mais il avait été impossible d'obtenir de lui qu'il mit des culottes. Quant à ses petits pieds, il les avait chaussés de souliers de satin rose à bouffettes; mais il jouait son rôle à merveille, et ne riait pas du tout en parlant de la scène à faire.
Un autre, tout en chevelure, avait caché sa petite bouche sous une longue moustache de chef gaulois.
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Un autre, pour ressembler littérairement à son modèle, n'avait qu'à laisser tomber de ses lèvres, chaque fois qu'il parlait, des las de rubis, de diamants, de saphirs et d'oscarboucles. Par exemple, on n'avait pu le décider à adopter le costume moderne. Ce fantasque lutin s'était obstiné à prétendre que, bien qu'il eût à représenter un écrivain contemporain, il le rappellerait bien plus fidèlement en étant vêtu comme un prince italien du wi" siècle. Un autre enfin, grimé à l'image de l'infatigable critique qui doit écrire et corriger son article le soir même, assistait à la représentation dans sa voiture tout attelée, prête à l'emporter vers la féroce imprimerie, toujours altérée et saoule comme les tonneaux sans fond des pâles Danaïdes.
Les trois coups furent frappés, ek alors s'éleva une musique d'un sentiment pénétrant, qui tout de suite s'empara des âmes des spectateurs, les rassembla et les mit dans l'état où peut les vouloir le poète. En l'écoutant, je vis bien comme on a eu tort de supprimer l'orchestre dans nos théâtres, où les spectateurs parlent de choses et d'autres, et tout-à-coup, sans transition , doivent écouter les sanglots de Chimène ou les tristes plaintes de Phèdre. Cette musique, d'ailleurs, devait durer pendant tout le spectacle, le mélodrame étant en somme au théâtre la forme la plus parfaite qui ait été encore trouvée. Elle n'était pas exécutée par des virtuoses invisibles, parce que rien n'est inquiétant comme de ne pas du tout voir les gens à qui on a affaire ; mais vaguement estompés dans une claire vapeur, les musiciens paraissaient et disparaissaient tour à tour, et parfois seulement, la lumière, vite accrochée, laissait voir une prunelle, un bout de chevelure, un hautbois, une cymbale, le coin doré d'un luth. Souvent aussi ces artistes laissaient parler à leur place le ruisseau,
la brise, le rossignol, la fauvette à tête noire, ou la grande et mystérieuse Lyre qui frissonne dans les bois.
Le rideau ne se leva pas", mais se dissipa, car c'était un rideau de vraies et pâles nuées, et je pus admirer le décor, qui n'était ni une toile peinte, ni, comme Georges Sand le suppose grossièrement dans Le Château des Désertes, un assemblage incohérent d'objets réels, mais bien au contraire une vague et flottante illusion, qui surtout montrait au spectateur ce qu'il voulait voir, et permettait que ce qui était pour l'un un palais aux nobles architectures fût pour l'autre une clairière déserte ou un jardin de délices.
L'éclairage de la scène était varié, divers et changeant , comme la musique. Tantôt c'étaient des troupes de feux-follets et de lucioles, tantôt des chandelles que mouchait un moucheur, pour honorer les origines de la comédie, tantôt des flambeaux que portaient des Nymphes demi-nues ou des nègres vêtus d'écarlate , tantôt un lustre fait de blanches étoiles incendiées, qui descendait des frises, pour éclairer principalement les paysages et les endroits où il ne peut pas y avoir de lustres. Quant aux comédiens, sans cesse transformés et renouvelés, comme c'étaient des Fées et des Génies, sans quitter la scène, ils passaient d'un rôle à un autre ; mais au lieu de subir ce qu'on appelle au théâtre un changement de costume à vue, et qui consiste à déboutonner des nippes que la main du machiniste entraîne dans un trapillon, tout en eux se transfigurait en effet; non-seulement le costume, mais aussi le corps et le visage, sans pourtant qu'ils devinssent méconnaissables , car, pour nous amuser et nous ravir, une surprise ne doit jamais être complète, et ne doit pas casser brutalement le fil qui nous guide à travers les enchantements du labyrinthe poétique.
Il faut bien que je finisse par parler de ce qu'on jouait, puisque tel est précisément l'objet de ce feuilleton, pour lequel j'ai été spécialement engagé. Mais avant d'entamer cette analyse fidèlement exacte, je dois faire comprendre que les acteurs du Théâtre des Fées ne s'astreignaient pas à s'emprisonner dans une comédie unique, dont il faut, coûte que coûte, subir jusqu'au bout l'affabulation, mais au contraire voulaient que leur spectacle se comportât comme notre pensée elle-même, où une vision en évoque une autre, et qui au bout d'un instant se trouve quelquefois à mille lieues de son point de départ. D'ailleurS;, pour éviter au spectateur tante fatigue, les scènes étaient coupées par des divertissements et des intermèdes qui n'avaient avec elles aucun rapport, ou qui d'autres fois en reproduisaient lidèlement l'esprit. Il y avait un clown qui venait quand il voulait et disait ce qui lui passait par la tête, puis des cortèges de marionnettes, et comme au Ghâtelet dans Michel Strogoff, des défilés de cuirassiers de plomb, et aussi comme au ïrocadéro et comme dans tout les salons parisiens, un petit Ariel cadet à la face longue et joyeuse, à la bouche ouverte en hauteur, qui était nu, vêtu seulement d'un habit noir, et venait. D'abord, il disait des monologues, où il était question de n'importe quoi; mais au bout d'un moment, il prenait le parti de ne plus rien dire du tout. Il continuait à être le Monologue, virtuellement, par la force de son génie, et en se bornant uniquement à avoir lieu. Mais un point rose sur sa lèvre et une étincelle dans ses yeux racontaient de si drôles de choses que toute l'assemblée riait follement de ce qu'il aurait pu dire, et qu'il aurait dit évidemment, s'il l'avait voulu.
Mais la comédie? C'était d'abord l'enfant Chérubin, aux airs de fille, avec l'ardeur, la flamme, la
gentillesse, la délirante folie de ses trkizk ans, (voyez Beaumarchais, préface du Mariage,] qui conte sa peine aux échos, et qui baise la brise errante, le flot des sources et mord l'écorce des jeunes arbres! Le voilà disant, chantant son divin martyre, beau comme un ange, et seul, sans les Rosine, les Suzanne et les Fanchette que son regard enflammé cherche sous les ombres des feuilles : car n'est-il pas à lui seul un poème et une comédie tout entière? Ensuite il y eut la scène des quatre Arlequins muets, qui jouent de la guitare sous le balcon d'Isabelle, avec des gestes et des grimaces si comiques et bouffons qu'en les regardant on ne peut se tenir de rire. Ensuite l'ode dialoguée d'Horace : Tant que fai su te plaire, que récitaient deux acteurs merveilleux. Et comment? En quelle langue? Dans toutes les langues ; car cette histoire éternelle de tous les amants, chacun l'entend comme elle résonne dans son propre cœur, et Lydia n'a pas besoin de parler en latin pour que le beau mot clarior éclate dans sa voix orgueilleuse et charmée, comme un cri de trompette! Puis ce fut un jardin de Watteau, dans lequel, sur la barque pavoisée de fleurs, les martyrs de l'amour s'embarquaient pour la triste et folle Gythère. On y voyait Silvia qui aimait son valet Dorante, devinant bien qu'il était un seigneur déguisé, et cependant comme on marche à côté d'un abîme, éprouvant une agaçante et attirante joie à penser qu'il aurait pu être en effet un vrai valet. Après eux, on voyait un Satan en habit gorge-de-pigeon courtisant Alix et Blancheflor, et mademoiselle de Maupin en habit de garçon, puis Golombine lutinant un noir Scaramouche et un Mezzetin rose.
Puis, la scène changeait, et devenait une forêt où Orlando et Rosalinde faisaient de l'esprit en ayant le cœur brûlé d'amour. Puis elle devint un paysage
douloureux et triste avec un lac gémissant, auprès duquel on entendait, dites par quelqu'un d'invisible, les déchirantes strophes de L'Intermezzo : De mes grands chagrins je fais de petites chansons ; elles agitent leur plumage sono7'e et prennent leur vol vers le cœur de 7na bien-aimée. Oui, par quelqu'un d'invisible, car elles doivent rester une voix et un chant mystérieux ; mais tandis qu'elles étaient dites avec la musique suave qu'elles contiennent en elles, seule en scène, l'ombre plaintive du grand Deburau, blanche comme le lys et comme l'aile de neige des cygnes, en mimait, oh ! avec quelle enivrante, avec quelle subtile délicatesse I les idéales et tendres ironies : Elles en trouvent le chemin^ puis elles reviennent et se plaignent; elles se plaignent et ne veulent pas dire ce qu'elles ont vu dans son cœur. Et tandis que le doux Pierrot mimait cette cruelle chanson, l'Ane que Watteau a mêlé aux comédiens italiens le regardait, pensif, avec une prunelle humaine.
Puis vinrent le duc d'Athènes et la reine des Amazones, Héléna et Hermia et leurs amants, et Flûte, Lecoing. Étriqué, Meurt de Faim, Groin et Bottom, avec sa tête d'âne. Il croyait que, comme autrefois, la reine ïitania allait baiser sa tête ridicule, et môme, dans sa folie, il se croyait devenu académicien, et il disait : « Baise, ô reine chérie, baise ton petit académicien! » Mais ce n'est pas tous les jours fête; bien loin de le pomponner, Titania et toutes les Fées, ainsi que Robin Boncnfant, Phalène, Toile d'Araignée et Grain de Moutarde, avaient envahi la scène pour le houspiller comme il faut avec des branches d'églantier. Puis la scène avait disparu et aussi les spectateurs, et nos chers bien-aimés, chassés par le matin naissant!
Il ne restait plus que les Fées, dont jusqu'au lointain les chastes danses s'enfuyaient, et peu à peu
diminuaient et se vaporisaient dans la tendre clarté bleue. Enfin tout s'évanouit; seul, un bon monsieur Sylphe avait eu l'obligeance de rester, pour me remettre dans mon chemin. A grands pas, je me dirigeai vers l'auberge, où je savais trouver dans une armoire à moi connue une bouteille de beaujolais et un jambon fumé à la chair brune et rose. Je n'avais pas de temps à perdre pour souper de bon appétit et dormir un peu, et je songeais, non sans une certaine inquiétude, que l'ordre des Fées devait être obéi et que j'avais mon feuilleton à faire.
^îiU CONTES FÉERIQUES.
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