‹ Contes forestiersChapitre 13 sur 21 · I. l DÉL1 NQUAN V · texte numérisé non relu

I. l DÉL1 NQUAN V

chait là nuit sur les arbres avec les busards et ne gîtait pas deux jours de suite dans le même tiiage. Tant et si bien qu'après l'avoir pourchassé pendant quinze jours la gendarmerie se décou-

ragea.

M. Fréchingle était désespéré. L'idée que Pitoiset se gaussait de lui troublait son sommeil. Que pcnseraxtYc4dministranon quand elle apprendrait qu'on avait dérangé les gendarmes et exposé des frais en pure perte?... Le patron faisait de la capture du délinquant un point d'honneur. Il y rêvait jour et nuit. En arrivant au bureau je le surprenais accoudé à la fenêtre, regardant vaguement la forêt où les loriots et les merles s'égosillaient, car on était en plein printemps... Mais M. Fréchingle restait sourd aux rossignolades des oiseaux, et les charmes du mois de mai le laissaient indifférent. Il ne songeait qu'à Pitoiset.

Un matin qu'il prenait distraitement son café au lait en famille, une réflexion de sa servante Mariette, tombant au milieu de sa rêverie, le fit soudain sursauter. Cette fille sollicitait de Mme Fréchingle un congé pour le surlendemain

dimanche, afin d'assister à la première communion d'une de ses nièces .

— La cérémonie sera très belle, disait Mariette. Cette fois toutes les enfants seront en blanc... Il n'y avait que la petite à Pitoiset, à qui sa mère ne pouvait acheter une robe blanche, car elle n'en a guère les moyens, la pauvre!... Mais M. le curé de Bay a promis d'habiller la gâchette à ses frais...

M. Fréchingle avala d'un trait son café au lait et gagna son bureau. Une fois seul, il se frotta violemment les mains, puis le front, et murmura entre ses lèvres minces :

— Cette fois, je le tiens, le malabre!

Et comme je venais de rentrer à mon tour, il m'interpella :

■ — Jacques, mon ami, courez jusqu'à la gendarmerie, et priez le brigadier de venir me parler...

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