LES AMOURS D'ARTHUR ET DE CLÉMENTINE
Le château de Méouilles appartenait jadis à un noble seigneur qui avait pour unique héritière la douce Cle'mentine. Cette charmante jeune fille, était aimée par un jeune écuyer du nom d'Arthur d'Allons.
C'était alors le temps des croisades; Arthur d'Allons, qui, quoique né de parents nobles, était sans fortune, résolut de partir pour la Terre-Sainte, dans l'espérance d'y acquérir renom et fortune, dont il avait besoin pour aspirer à la main de Clémentine.
Les adieux des amants furent touchants, et, quand le jeune croisé fut partit, Clémentine priait chaque jour avec ardeur pour le
succès de son bien-aimé Arthur d'Allons.
Mais, des événements terribles se passèrent bientôt au château de Méouilles.
De puissants voisins, jaloux de la fortune du sire de Méouilles, se liguèrent contre lui, l'attaquèrent, et le château pris d'assaut fut livré aux fïammes.
Le sire de Méouilles mourut sur le champ de bataille ; sa malheureuse veuve et Clémentine réussirent à s'échapper. Mais, désormais, plongées dans le plus affreux dénuement, elles étaient menacées de mourir de faim, quand un de leurs plus pauvres vassaux leur offrit l'hospitalité.
Ce vassal, du nom de Guillaume, exploitait une pauvre métairie ; de sorte que le besoin était proche de son foyer. Aussi, Clémentine qui voulut se rendre utile, se mit elle, pour gagner son pain et celui de sa mère, à garder le maigre troupeau de Guillaume.
Elle songeait toujours à Arthur dont on n'eut pas de nouvelles pendant de longues années.
Un soir, pendant qu'elle ramenait tristement, comme de coutume, le troupeau à la bergerie, elle voit venir un brillant che-
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valier suivi d'un page. Ce chevalier était monté sur un palefroi d'éclatante blancheur tandis que son armure révélait une grande richesse.
Le chevalier s'arrêta en face des ruines du château de Méouilles, et il les contemplait avec tristesse, quand il aperçut l'humble bergère.
Bientôt leurs regards se rencontrent les deux amants s'étaient reconnus! Car il faut savoir que le chevalier était Arthur * d'Allons qui revenait de Terre-Sainte. Il était devenu riche, puissant, et il était resté constant dans son amour.
Grâce à Arthur d'Allons, le château fut rebâti. Clémentine et sa mère retrouvèrent leur antique richesse ; et bientôt un mariage unit les deux amants, dignes du bonheur dont ils jouirent pendant tout le restant de leurs jours.
Arthur fit élever une belle croix à l'endroit même où il avait rencontré Clémentine ; il enrichit le fidèle Guillaume qui avait été si charitable envers les châtelaines aux jours de leurs malheurs.
Ajoutons qu'un troubadour fit, à l'occasion de ces événements touchants, la ro-
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mance d'Arthur ei
chantée pendant plusieurs siècles dans t(
la H au te- Provence.