‹ Contes français (volume 2)Chapitre 39 sur 43 · LA RÉSURRECTION DE DÉODAT D'HYERES · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION DE DÉODAT D'HYERES

Le très noble et très pieux seigneur Anselin, de la maison de Faux, était marquis d'Hyères, et ne pouvait avoir d'enfants, quoiqu'il fut marié depuis de longues années.

Après avoir épuisé toutes les prières, toutes les neuvaines, toutes les charités, il s'adressa à saint Honorât et fit le pèlerinage de l'île de Lérins. Bientôt sa femme fut grosse et elle mit au monde un enfant qui reçut le nom de Déodat.

La marquise mourut de couches, de sorte

que le seigneur Anselin se trouva veuf, et

bientôt épousa une autre femme qui, à son

tour, eut plusieurs enfants.

Cette femme était une mauvaise nature

qui était jalouse de Déodat, et qui désirait lui dérober les titres qu'il avait à la succession de son père pour les donner à ses propres enfants.

Pendant ce temps, Déodat croissait en âge et en piété, c'était un véritable saint enfant, ayant toutes les vertus et aucun défaut.

Un jour de fête de saint Honorât on devait faire une solennité religieuse à laquelle le seigneur d'Hyëres avait projeté d'assister avec toute sa famille, et comme la marâtre, qui était une coquette, en même tempsqu'une coquine, se trouvait en retard pour sa toilette, le bon Déodat, qui était devenu un charmant adolescent, lui offrit- de l'aider à s'habiller.

Elle accepte ses bons offices et, pendant que le pauvre enfant faisait de son mieux, une idée perverse germe dans l'esprit de cette méchante femme ; elle se met tout à coup à pousser des cris, et lorsque son mari ainsi que tous les domestiques accourent effrayés, elle accuse Déodat d'avoir voulu se porter à des actes indignes sur sa personne.

Le mari, aveuglé par la colère, n'écouta que la voiï de sa jalousie, et sans laisser à

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