‹ Contes françaisChapitre 38 sur 89 · LE DIABLE BATTEUR · texte numérisé non relu

LE DIABLE BATTEUR

(berry)

Le batteur d'un fermier mourut. Le fermier chercha partout quelqu'un pour le rem-* placer, mais tous les batteurs étaient engagés, et aucun d'eux n'était disponible pour le moment.

« Il me faut pourtant un ouvrier, se dit le fermier. Il n'y a que le Diable à qui je puisse avoir recours. »

Au même instant, l'homme entendit du bruit près de lui, et vit un paysan portant un fléau sur son épaule.

a N'auriez-vous point besoin d'un batteur, notre maître?

— Un batteur, mais si; le mien est mort, et depuis quinze jours je cherche partout sans pouvoir mettre la main sur un seul.

— Alors, je tombe bien. A quelles conditions m'engagez-vous?

— J'ai tellement besoin d'un bon ouvrier que je t'accorderai ce que tu me demanderas.

— C'est entendu, notre maître !

— C'est entendu! »

Et le fermier conduisit le batteur à la grange et lui indiqua ce qu'il fallait faire.

Vers midi, on appela l'ouvrier pour le dîner. On lui servit une grande jatte de soupe qu'il avala d'un seul trait. Il en fut de même pour les légumes et pour la viande. Le fermier se demandait quel était ce grand mangeur et commençait à se repentir d'avoir engagé un pareil ouvrier.

Huit jours après, toute la récolte du fermier avait été battue, vannée, mise en sacs et portée au grenier par le mystérieux batteur. Celui-ci s'en vint trouver le fermier.

« Notre maître, le travail pour lequel vous m'avez pris est terminé ; je viens pour que vous me payiez.

— Que veux-tu en paiement?

— Peu de chose, ce qui se trouve en ce moment derrière la porte de la cuisine.

— Prends-le!» dit le maître, qui croyait que le batteur demandait le balai.

Mais c'était Jeannette, la fille du fermier, qui, jouant avec sa sœur Catherine, était en ce moment cachée deirière la porte.

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