CAVALIERS
(lorraine)
Revenant une après-midi de vendre son blé au marché voisin, un paysan entra dans une auberge et se fit servir à boire. Peu après arrivèrent trois cavaliers superbement vêtus qui attachèrent leurs chevaux à la porte de l'auberge et vinrent s'asseoir à la table du paysan. On causa beau temps, récoltes, bétail, fermages et nos trois hommes ne tardèrent pas à entrer dans les bonnes grâces du paysan qui les invita à venir souper chez lui. Les trois cavaliers ayant accepté accompagnèrent le fermier qui les présenta à ses trois filles, Catherine, Marie et Toinette. Le souper fut fort gai et en terminant, les invités demandèrent la main des jeunes paysannes.
a Accepté! accepté! » s'empressa de dire le fermier.
Et l'on convint que Catherine, l'aînée, irait dîner le dimanche suivant au château des trois cavaliers. Puis ces derniers saluèrent le paysan, embrassèrent les filles et remontèrent à cheval pour regagner leur demeure.
Le dimanche suivant, Catherine revêtit ses plus beaux habits, et partit pour le château ainsi qu'il avait été convenu. Elle était à peine sortie du village, qu'elle aperçut sur un pommier bordant la route, un hibou qui se mit à lui dire :
Catherine, Catherine, tu as tort,
Tu marches à grands pas vers la mort !
« Que me veut donc cet oiseau i pensa Catherine. Pourquoi me dit-il que je marche à grands pas vers la mort i »
Et elle continua sa route. Mais le hibou la suivit, voletant de pommier en pommier et toujours lui répétant ces mêmes paroles :
Catherine, Catherine, tu as tort,
Tu marches à grands pas vers la mort !
La jeune fille n'y tint bientôt plus et effrayée reprit le chemin du village. Lorsqu'elle rentra :