‹ Contes françaisChapitre 52 sur 89 · LES TROIS FILLES ET LES TROIS CAVALIERS · texte numérisé non relu

LES TROIS FILLES ET LES TROIS CAVALIERS

a Déjà revenue, Catherine! Tu n'es pas allée au château?

— Non, au sortir du village, j'ai vu un hibou qui m'a suivie en me répétant :

Catherine, Catherine, tu as tort,

Tu marches à grands pas vers la mort !

Et je suis revenue à la maison.

— Tu t'effrayes pour rien, Catherine; je vais partir à ta place et ce ne sera pas le hibou qui me fera revenir. »

Et Marie, la deuxième fille, s'habilla à la hâte et partit pour 1 le château des trois cavaliers.

Elle sortait du village, quand le même hibou se présenta et se mit à la suivre en disant :

Marie, Marie, tu as tort,

Tu marches à grands pas vers la mort !

Comme la jeune paysanne semblait ne pas s'inquiéter des paroles du hibou, celui-ci se mit à faire hou! hou! et deux, puis trois, puis quatre, puis dix hiboux accoururent disant sur tous les tons à la fermière qu'elle avait tort de poursuivre son chemin.

A la fin, Marie eut peur et retourna à la ferme.

« Ah ! ah 1 toi aussi, tu reviens! Tu as vu le hibou sans doute et tu as été effrayée. Voyons à mon tour, dit Toinette ! »

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Et sans se donner la peine de changer de robe, elle quitta ses deux sœurs et s'en alla pour le château.

Les hiboux l'attendaient.

Toinette, Toi nette, tu as tort,

Tu marches à grands pas vers la mort !

Mais les oiseaux eurent beau venir par centaines et tous lui dire la même chose, Toinette ne se détourna pas de sa route et alla au château.

Jamais la jeune fermière n'avait vu une pareille merveille. Le château était couvert de plaques d'or et d'argent qui brillaient au soleil, et tout autour ce n'étaient qu'arbres inconnus et que rieurs extraordinaires.

Toinette ne voyant ni les cavaliers, ni les domestiques, traversa le jardin et la cour, pénétre clans u:i corridor, et entendant un grand bruit elle eut peur, descendit dans une cave et se cacb dans un tonneau défoncé.

Bientôt, elle entendit des pas et put apercev* par le trou de la bonde du tonneau, les tr cavaliers qui descendaient à la cave le cada d'une jeune rîlle.

Toinette épouvantée osait à peine respirer.

« Ouf! c'est fait; dit l'un des cavaliers. Ci rine nous a manqué, mais au moins, cellevenue et nous allons nous régaler de belle fa<

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